Letire précitée de Bassano, Reims, 17 mars
4. Protocule de la séance du 17 mars. — Les ministres alliés ne devaient point se buruer à cette déclaration perfide et mensongère. Ils allaient publier, sous le titre de Déclaration des puissances coalisées, un manifeste qui était un appel à la révolte : « La France ne peut s'en prendre qu'à son gouvernement des maux qu'elle souffre. Par où les souverains pourront-ils juger que la France ▼eut la paix aussi long-temps qu'ils verront que la même ambition (li a
RETOUR OFFENSIF DE NAPOLÉON SUR l'aUBE. 287
Le sa dignité de réfuter ces allégations, la séance îut suspendue jusqu'à neuf heures du soir pour la signature du protocole, puis ajournée au lendemain 19, à une heure de l'après-midi. Le duc de Yiccnce lut sa réponse, une assez longue discussion s'engagea sur le protocole, et on se sépara définitivement. La comédie était jouée, le congrès de Châtillon avait pris fin'.
La dernière lettre du duc de Vicence à l'empereur lui faisait pressentir l'événement'. Napoléon reçut cet avis sans s'émouvoir*; de môme, la veille, il avait appris avec calme la nouvelle de la proclamation de Louis XVIII à Bordeaux*. Pour l'empereur, tout perdait de son importance devant la belle manœuvre dont il attendait de si grands résultats*. Qu'étaient les conspiratix)ns des royalistes et les ultimatums des diplomates, quand il allait enfoncer son épée dans le ilanc de la grande armée? Des abandons, des perfidies, des
répandu tantde maax sur rRtiropaest encore le seul mobile do gouvernement? Sou3 de lois rapports, oa serait la garantie de l'aeenir si un nysteue aussi destructeur ne trouvait pas ttn termt ditns la oolont» gMérale de la nation ? » Chàtillon, 18 mara. Arch. des art", étrangères, fonds France, 668.
1. Canlaincourt à Napoléon et à ilauterive, 18 mara. Protocole de la «éanc« des 18 et 19 mars. Arch. des atf. étrangères, 668 et 670.
2. Caulainconrt k .Napoléon, 15 mars ou 17 mars. Voir la note 2 de la page 284 du présent chapitre.
3. Fam. 185186.— Remarquons d'ailleurs que Napoléon devait croire alors que la dépêche confiée k Frochot était au moment d arriver à Chàtillou et qu'elle empêcherait sans doute la rupture du congrès. On a dit aussi que Bassano écrivit ou voulut écrire le lendemain 19 mars une nouvelle lettre au dnc de Vicance, renouvelant les instruction» du 17 mars. Mais il n'existe aux Archives des affaires étrangères aucune minute ou copie ou projet de cette îeure.ni aucune pièce qui y fasse allusion. On ne trouve à la date du 19 mars que la copie de la fameuse lettre apocryphe de Bassano qui fut produite au Parlement d Angleterre comme preuve de la duplicité de Napoléon {Parlia-
tary debates. XXX. 978). Cette depAcbe porte: % Quaud même l'empereur
-rait la cession des places de guerre, son mte. lion n'est cependant pai
■'i livrer. • Bassano a toujours nié énergiiiuement avoir écrit cette lettre
{Moniteur.n et 24 mai 1815} qui d'ailleurs se réfute d'elle-même. Elle coniiem
des expressions étrangères; le protocole final y manque; enlin elle est datA*
de Paris, 19 mars, et le 19 mars le duc de Bassaao était à Fère-Champenoi*».