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X. Schels, I, 353-355 ; Bogdaaowitscb, II

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dais font un mouvement en arrière, aussitôt réprimé. Alors Napoléon, moins sans doute pour chercher la mort, comme on l'a dit, que pour donner une leçon à SCS g-rognards, pousse son cheval droit sur l'obus et ]o maintient immobile à un pas du projecùle fumant. L'obus éclate, le cheval évenlré s'abat en entraînant son cavalier, l'empereur disparaît dans la poussière et la fumée. Il se relève sans une blessure et montant sur un nouveau cheval, il va marquer leurs positions aux autres bataillons'.

Pendant que la lutte continuait, ardente et meurtrière, devant Torcy où les assauts des Austro-Bavarois se succédaient sans relâche, et devant Arcis où tourbillonnaient les escadrons de Frimont et de Kaizarow, tantôt refoulés par les lanciers de Colbert et les dragons d'Exelmans, tantôt ramenant les cavaliers français et venant se briser sur les carrés de la vieille garde, comme les vagues sur des digues de granit, .^es IIP, IV et VI' corps alliés s'acheminaient vers Méry et Plancy. Prescrit la veille par Schwarzenberg dans l'hypothèse d'une concentration de l'armée impériale' entre l'Aube et la Seine, ce mouvement n'avait plus d'objet puisque Napoléon s'était porté à Arcis. Si au lieu de marcher vers Méry, les corps de Gyulai, de Rajewsky et de Wurtemberg s'étaient rabattus sur Arcis par les deux rives de la Barbuisse, les treize mille soldats de Napoléon, engagés déjà contre le corps de Wrède que soutenaient les puissantes réserves de Barclay de Tolly, eussent

1. Fain, 191; Mémoires de Conttant, VI, 21; Mémoires de Vitrolles, I, 159 Schels, I, 355. — Les ordres de NapoJéoQ, dans la nuit du 20 au 21 latin, et «es dispositions dans la matinée du 21 téinoij^ent que, le 20 mars, au plus fort de la bataille, il croyait k une attaque d'un seul corps ennemi, destiné À le tromper sur la retraite du gros de rarmée alliée. Ai.isi l'empereur ne jugeait pas alors sa situation désespérée et n'avait point à chercher la mort. Le 20 mars, il semble que Napoléon avait encore foi dans son étoile.

i. Ordre général de Schwarzenberg pour 1« 20 mars, Pougy, 19 mars, * heures du soir, cité par ScheU, ï, 332-333.

été écrasés dans Arcis. Mais bien qu'il fût manifeste pour Schwarzenberg qu'il devaitfaire converger toutes SCS forces sur la position occupée par l'empereur, il n'eut pas la décision de rappeler à lui les troupes en mouvement au delà de la Barbuisse, et bien que le prince royal de Wurtemberg, chargé ce jour-là du commandement supérieur des trois corps d'armée, entendît à sa droite le bruit du combat, il n'eut pas l'idée de marcher au canon.

Son avant-garde arrivait à la hauteur de Premier- Fait, lorsque les éclaireurs aperçurent une colonne de cavalerie française qui défilait au pas sur la grande route. C'était la troisième division de la garde à cheval (chasseurs et grenadiers). Celte troupe qui occupait Méry depuis la veille, avec la brigade Curély, ne s'était mise en chemin que fort avant dans la journée pour rejoindre le gros de l'armée à Arcis. Les généraux Nostitz, Pahlen et Bismarck, qui commandaient la cavalerie alliée, lancèrent leurs nombreux escadrons contre les Français. Trois régiments russes (hussards cl Cosaques réguliers) les chargèrent en tôle tandis qu'une division de cuirassiers autrichiens et deux régiments de dragons v^^urlembergeois, appuyés par deux batleries légères, les débordèrent sur leurs flancs. Les chasseurs et les grenadiers de la garde étaient seize cents contre près de quatre mi Ile*, et, pour comble, ils menaient avec eux l'équipage de ponls pris la veille. Mais ces braves ne s'arrêtaient pas à compter le nombre des ennemis. Ils opposèrent les charges

1. Hnssards Olviopol et Grodno (9 escadrons); 1005 hommes; uhians Tschupnjew ^8 escadrons), 1072; 2* divisioa des cuirassiers de Nostitz (16 escadrons, en iTioyenue k 100 hommes), 1 600 hommes : dragons et chasseurs ■wur'embergeois (8 escadrons) : 800 hommes; total : 4 477 hommes. Corapogitioa de la grande armée alliée, en 1814. Arch. top. de Saint-Pétersbourg, n° Cl 854. — II n'y a à défalquer de ce total qu'un sixième pour les pênes de i-c;: corps, dont la plupart n'avaient pas même été eagagé.4 : soit, «s chiifres ronds, 3700 hommes.

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aux charges, et donnèrent le temps à Curély d'acurir de Méry à leur secours, avec sa brigade de cavalerie légère et sa batterie à cheval. Malgré '*e renfort, la partie n'était point égale, d'autant que des masses d'infanterie s'avançaient à trois portées de canon. La -"-rde rétrograda vers Méry, oii ejle passa la Seine; irély couvrit la retraite. Quelques escadrons russes suivirent jusqu'à Méry et tentèrent même de l'y .ii^uiéler, mais ils se laissèrent imposer par cinquante chasseurs descendus de cheval et postés en tirailleurs rrière des fossés. L'ennemi crut Méry occupé par .0 l'infanterie et se replia vers Premier-Fait*.

Cependant, au bord de l'Aube, la nuit n'arrêtait pas le combat. A Arcis, la cavalerie de Frimont et de Kaizarow, contenue par les batteries de réserve qui ient arrivées peu de temps après la division Priant ri que l'empereur avait établies face aux positions ennemies, laissait quelque relâche à la garde à cheval et à la vieille garde, et la mêlée tournait au duel d'artillerie*. Mais à Torcy-le-Grand, les Austro-Bavarois redoublaient leurs attaques; deux fois encore ils s'emparaient des premières maisons et deux fois aussi ils en étaient délogés. Trois mille tués ou blessés formaient autour du village en flammes une ceinture sanglante. Le général bavarois Habermann était au nombre des morts; le divisionnaire de ISey, le générai Jansscns, très grièvement blessé, avait été porté aux ambulances'. A huit heures du soir, Schwarzen-

1. Schels, I, 357-359. Bogdanowitsch. M, 40; if émoireM de Curély, 397-398. Cf. ire de Oerihier à Letort ei Berckheim, Piancy, 21 mars, midi; et lettre da i.-eiiéral Letori à Berthier, 21 mars. Arch. de la guerre. — l) après les historiens allemands, les perles se seraient élevées à 3oo hommes et à 3 pontons pour les Français. Les rapports français disent 120 hommes.

?. Schels, 1. atS3. Cf. 361. Bogdanowitsch, II. i\.

3. Le général Janssens fut aussitôt remplacé par le général de division Lefol, qui suivait sans emploi l'état-major impérial. — Les historiens portent le gênerai Janssens comité tué. Mais un rapport de police du 24 mars mestionne son arrivée à Paris k cette date. Arch. nat., P. 7, 3737.

berg voulant par un dernier efFort s'assurer la possession de Torcy, fit avancer une partie des réserves russes. La première division de grenadiers (4400 hommes), la 6* brigade de cuirassieiû (oOO hommes) et deux bat'eries de position entrèrent en ligne et joignirent leurs baïonnettes, leurs sabres et leurs boulets à ceux des Allemands. Décimés et épuisés par six heures de lutte acharnée, mais toujours serrant les rangs sous la mitraille, les intrépides soldats de Ney repoussèrent ces nouveaux assauts. Ils se maintinrent inébranlablement dans Torcy, oîi jusque passé minuit on se fusilla et l'on s'égorgea à la lueur de l'incendie allumé par les obus*.

Devant Arcis, qui brûlait de même, le combat se termina comme il avait commencé, par un furieux engagement de cavalerie. Entre sept et huit he/ires, le général Lefebvre-Desnoëttes, laissant en arrière son infanterie fatiguée, était arrivé avec ses escadrons de marche. On laissa souffler les chevaux, puis vers dix heures Sébastiani, irrité de son échec du matin et jaloux de le venger, réunit à ses deux divisions les quinze cents sabres de Lefebvre-Desnoëttes et s'élança à leur tête contre la cavalerie ennemie qui s'était postée entre Barbuisse et la route de Troyes, formant l'aile gauche des corps de Wrède et de Barclay de Tolly. Les Français culbutèrent les Cosaques et les hussards placés à l'extrême gauche, et se rabattirent par un quart de conversion sur le gros des régiments de Frimont. Pris de flanc, ceux-ci plièrent sous le choc et s'enfuirent en désordre. La situation devenait des plus périlleuses pour rinfanterie alliée dont la gauche était découverte, lorsque les feux bien dirigés d'un régiment

1. Journal des opérations de Barclay de Tolly. Arch. top. de Saint-Péter<»bourg, n» 29188. Danilewski, II, 7o-.'l. Schels, I, 362-364. Plotho, III, 328. Pougiat, le Départemtnt de iAube en 1814, 402.

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(le grenadiers russes et la mitraille d'une batterie bavaroise arrêtèrent un instant les cavaliers de Sébastian!. Les cuirassiers russes, la garde à cheval prussienne, bientôt suivie par toute la cavalerie austro-bavaroise, rapidement ralliée, chargèrent alors les Français qui se replièrent derrière Nozay. Les deux cavaleries passèrent la nuit à portée de carabine, séparées par ce village. De crainte d'une nouvelle alerte, les hommes sommeillaient debout, le bras passé dans la bride'.

A l'étonnement et à l'admiration de l'histoire, cette journée qui devait voir la destruction totale de la petite armée impériale, suprême espoir et dernière ressource de Napoléon, s'était terminée grâce à la sublime ténacité de linfauterie française sans aucun avantage pour les Alliés. Ils avaient tué ou blessé dix-huit cents hommes, mais ils avaientperduplus de deux mille cinq cents des leurs^. Huit heures durant, les Français avaient combattu sous le feu d'une artillerie formidable, dans une position dominée et ayant un fleuve à dos: d'abord 7 oOO contre 44 000, ensuite 13 000 contre 120 000, enfin 16000 contra 25 500'; et ils n'a-

1. Schels. I, 364; Bogdanovitscb, II, 41, 42. Plotho, m, 329. Cf. Mémoires dt Mtrolle», I, 160.

2. L'état des pertes de la divisioa L«fol (ancienna division Janssena, comprenant, outre les troupes amenées par Jaassens. la brigade Rousseau ei le régiment de la Vistule) porte à 1 086 hommes le nombre des tués et blessés pour la journée du 20 mars. Arch. de la guerre (situations). Ne sont natur llemeut pas comprises là les pertes de la cavalerie de la garde, de la vieille

.rde qui défendit Arcis et des trois bataillons qui furent détaches à Torcy.

n les peut évaluer à environ 700 ou 800 hommes.

Les Austro-Bavarois perdirent 2224 hommes, d'après Plotho, III, 329, et .on ne connaît point, dit Bogdanowitsch (II, 42) les pertes des Russes qui durent dépasaer ^00 hommes.

3. Français en L^e pendant la première période de Faction : corps Ncy (Jauisens. Rousseau, régiment de la Vistule) : 5150 hommes. !'• et 2* divisions de cavalerie de la garde, 2600 hommes. Total. 7 750 hommes. Renforts arrivés successivement : division Priant et réserve d'artillerie : 6800 hommes • cavalerie de Lefebvre-Desnoëues : 1500 hommes. Total général : 16 050 hommes. La brigade Defrance et la brigade Mouriez, occupées sur U rive droite de l'Aube à surveiller lea abords d'Arcis et à escarmoucbar

vaient pas cédé un pouce de terrain. Ce furent, au contraire, les Alliés qui prirent leurs positions de nuit en arrière du champ de bataille*.

avec les escadrons de cavalerie de la garde russe ayant passé la rivière à Ramerupt ne prirent pas part à la bataille proprement dite.

Allies en lijrne pendant la première période de l'action : cavalerie de Kaizarow et de Frimont : 6000 hommes ; infanterie de Wrède (divisions Hardegg et Spleng) ; 8000 hommes. Total : 14000. Renforts successifs : brigades Charles de Bavière et Habermann : ô .soo hommes; g enadiers russes : 4 400 hommes; 0" 5* brigade de cuirassiers russes : 1000 hommes; 4 escadrons ae la garda achevai prussienne : 500 hommes. Total général : 25400 hommes,

1. L'infanterie do Wrède se retira à Chaudrey avec ses avaut-po»tes entre Petit-Torcy et Vanpoisson ; les gardes et réserves bivouaquèrent sur les hauteurs do Ménil, la cavalerie derrière Nozay et vers Ktieune-sous-BarbuiiJS* Scoels, l, 367 ; Bogdauo-witscb, II, 44

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