‹ 1814Chapitre 93 sur 178 · LA DEUXIÈME JOUR-NÉE D ARCIS-SUR-AUBE · texte numérisé non relu

LA DEUXIÈME JOUR-NÉE D ARCIS-SUR-AUBE

les canonniers à cheval ouvrirent le feu auquel répondit bientôt l'écrasante artillerie des Austro-Russes, et les escadrons de droite chargèrent résolument la cavalerie du comte Pahlen qui était sortie de son créneau et qui y fut rejetée'. Pendant cet engagement, NeyetSébastiani conférèrent sur la situation. Jugeant que l'ennemi était en forces pour les contenir sur son front et pourles déborder par leur gauche, ils résolurent de ne point s'engager à fond jusqu'à ua nouvel ordre de l'empereur. Informé que toule la grande armée était en présence, Napoléon ne s'obslina point à livrer une bataille qui ne pouvait aboutir qu'à un désastre. Malgré qu'il en eût, il se résigna à battre en retraite. Le mouvement commença aussitôt. L'artillerie de réserve et la vieille garde défilèrent par le pont d'Arcis tandis que le général Léry faisait au plus vite jeter un pont volant en aval de la ville. A une heure et demie, les pontonniers ayant achevé leur travail et le pont d'Arcis étant devenu libre, l'empereur envoya au prince de la Moskowa et aux généraux Saint-Germain et Milhaud l'ordre de rétrograder vers l'Aube et de passer sur la rive droite. Il fut prescrit à Sébastiani de se maintenir sur le plateau, avec la cavalerie de la garde, « jusqu'à la nuit close » afin de cachera l'ennemi les mouvements de retraite de l'armée française *.

Si Sébastian! ne conserva pas sa position « jusqu'à la nuit close », il réussit néanmoins, par les feintes démonstrations d'attaque de ses escadrons, qu'il faisait sans cesse évoluer hors de portée de l'artillerie, à imposer aux Alliés plus longtemps qu'on ne pouvait

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