Schels, I, 378; Bogdanovitsch, n
2. Rej^istre de Berthier (ordres à Drouoi, Ney, Sébastiani, Ssint-GermAin, MThaud, Arcis. 21 uiars, I heure trois quarts de l'après-midi}. C^ Journat de la division L«y»L Arch. de la gaerr«.
raisonnablement Tespérer. Bien que l'arrêt subit de la marche des Français dût éclairer Schwarzenberg et l'engager à porter ses troupes en avant, les Austro- Russes restaient sur la défensive. Comme toujours, l'indécision régnaitàl'état-riajor allié et une excessive prudence présidait à ses conseils. Des rapports signalaient l'approche d'une colonne française vers Sainte- Thuise et l'occupation de Méry par le corps entier de Macdonald. De l'avis général, il était périlleux d'engager la bataille dans de pareilles conditions, la grande armée risquant d'être débordée sur ses deux ailes. Selon un écrivain militaire russe, le manque d'initiative était tel chez les Coalisés, que Napoléon aurait pu se maintenir dans ses positions jusqu'à la fin du jour, sans essuyer aucune attaque. Sa retraite se serait opérée de nuit, en toute sécurité \
Ce fut seulement quand on aperçut des hauteurs de Ménil les têtes de colonnes de la garde débouchant sur la rive droite de l'Aube, dans la direction de Vitry, que l'on commença à croire à la retraite des Française II ne fallait que marcher en masse sur Arcis pour y écraser l'armée impériale en flagrant délit de passage de rivière. Mais au lieu de donner sans retard l'ordre d'attaquer, Schwarzenberg manda à Ménil les commandants de corps d'armée, afin d'avoir avec eux « une courte conversation » sur les dispositions à prendre. Cette courte conversation, « kurze Besprechimg » , dura si longtemps que quand les Austro- Russes s'ébranlèrent, déjà les deux tiers de l'armée française avaient atteint la rive droite de l'Aube*. A l'approche des nuées de cavaliers qui précédaient
1 Bogdanowitsch, H, 46. Cf. Plotho, III, 332. Schels, I, 378.
2. Relation de Diebitsch, Arch. de la guerre, à la date du 24 mars.
a. Schels, Opéra::, der verbûnd. Ueere gegen Paris, I. J78. Cf. la première vei-siun daus la Œster. milit. Zeitachrift, V, 173; et le Journal de la divisioa Levai, Arcb. de la guerre.
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les IIP, IV" et VP corps, Sébastiani, resté sur le plateau avec le? divisions Colbert, Exelmans et Lefebvre- Desnoëttes se mit en retraite en échiquier, retardant par des charges partielles et le feu de son artillerie légère la marche de l'ennemi. Grâce à sa belle contenance, la cavalerie de la garde réussit à regagner Arcis sans subir de grandes pertes ; une seule brigade fut entamée et laissa quelques prisonniers entre les mains des hussards Olviopol '.
Pendant que les escadrons de Sébastiani repassent la rivière, sous la protection de la division Levai, seule infanterie laissée sur la rive gauche pour couvrir la retraite, l'armée ennemie s'avance. De tous les points, ses profondes colonnes convergent sur Arcis: par Torcy le corps de Wrède, par la route de Troyes les corps de Gyulai et de Wurtemberg, par la route de Méry le corps de Rajewsky. Le pont de chevalets menacé, est détruit par les sapeurs du génie; les cavaliers de Sébastiani refluent vers le pont d'Arcis, le seul débouché qui leur reste. Bientôt obus et boulets éclatent et ricochent dans les rues, puir^ Russes, Autrichiens, Bavarois, Wurtembergeois se ruent h l'assaut. Mais toutes les maisons sont crénelées, toutes les issues sont barricadées et armées de canons, et derrière ces murailles et ces barricades, il y a six mille vieux soldats d'Espagne. Les plus furieuses attaques échouent. Des deux côtés on combat avec un égal acharnement. Sans cesse repoussées, sans cesse les colonnes ennemies reviennent à la charge. L'ardeur des assaillants augmente à proporlion de Taccroissemenl do leur nombre. lis fourmillent autour d'Arcis; ils sont cinquante mille! Levai, voyant presque toute son artillerie hors de service, ses fantassins saus car-
l. Cf. Tordte de Schvarwnberg, Méail, 21 mars, cité par Plotho, m» 103, et ScbeU, [. 385
touche, le sixième de son monde couché par terre ', donne l'ordre de la retraite. Profitant du mouvement rétrograde des Français, trois colonnes russes, autrichiennes et wurtember^ebises forcent les barricades surtrois points différents; elles débouchentsurlaplace du marché, acculent au pont, encombré par Tartillerie de Levai et l'arrière-garde de Sébastiaui, une partie de l'infanterie française et coupent au reste sa ligne de retraite. C'est une terrible confusion, on se bat corps à corps. Levai est blessé; le général Maulmont a son cheval tué sous lui. Cernés et fusillés de tous côtés, voyant l'ennemi partout, les soldats s'affolent et courent dans les rues sans ordre et sans but. Alors le général Chassé prend la caisse d'un tambour tué et bat la charge. Il rallie uns centaine de vieux soldats du 28« de ligne et du 16* léger, qui fondent ^ la baïonnette sur les masses ennemies, les traversent et nettoient les abords du pont. Les Français se reforment, contiennent les assaillants, puis les repoussent. Le passage de la rivière s'opère en bon ordre. Vers sept heures du soir, les sapeurs commencèrent à détruire le grand pont d'Arcis, protégés par les tirailleurs de la deuxième division d'Oudinot (général Rothembourg) qui venait de prendre position sur la rive droite de l'Aube^.
1. Les trois brigades de Levai et la l" brigade de Rothembourg, laquelle fut àpeine engagée, perdirent 1 276 hommes. État des pertes du 7* corps, le 21 mars. Arch. delà guerre. Il faut ajoutera ce chiffre 300 hommes environ, tués, blessés ou prisonniers pour la cavalerie de Sébastiani; total : 1576 hommes. — Selon les historiens étrangers (Plotho, III, 335; Sporschill, II, 85; Schels, 11,390, etc.), qui portent les pertes des Français à 2 500 et même à 3 000 hommes, celles des Alliés ne se seraient élevées qu'à 500 ou 600 hommes. Si l'on réfléchit qu'à, la vérité les Alliés avaient la supériorité de l'artillerie, mais que d'autre part ils donnèrent l'assaut à une ville barricadée et bien défendue, il semble certain qu'ils durent laisser sur le carreau au moins autant de combattants qu'en perdirent les F"rançais.
2. Journal de la division Levai, Arch. de la guerre. Cf. Registre de Berthier (ordres du 21 mars, Arcis, I heure trois quarts après midi). Koch, II, 79-80; Schels, I, 388-389; Danileswky, II, 74-75; Bernbardi, IV, 2* part., 283-
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Trente mille hommes étaient restés une journée entière en contact avec cent mille, et ils avaient imposé à l'ennemi au point que seule leur retraite avait déterminé son attaque. Le 20 mars, le prince de Schwarzenber^ n'avait pas su écraser l'armée française; le 21, il l'avait laissée franchir la rivière devant ses soldats immobiles et à portée de ses canons muets. Deux fois en trente heures, par ses plans vicieux et son irrésolution, le général en chef avait manqué à remporter une victoire décisive. Avec un tel adversaire, si grandes que fussent ses forces, la partie serait-elle jamais perdue sans espoir pour Napoléon?
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OPÉRATIONS DE BLnCIIEK ET DE MARMONT ENTRÉE DE L'ARMÉE DU SUD A LYON
Pendant que Napoléon manœuvrait contre Schwarzcnberg-, Bliicher sortait enfin de son inaction. Le 47 mars, l'empereur avait quitté Reims; ce jour-là même, le fol d- maréchal, quoique toujours malade, leva ses cantonnements de Laon. 11 suffisait que Napoléon ne fût plus en présence pour que l'ennemi reprît aussitôt l'oirensive. Les Coalisés ne craignaient ni Marmont, ni Augereau, ni Macdonald, ni Oudinot, aucun des lieutenants de l'empereur, ils ne craignaient même pas ses héroïques soldats; ils redoutaient Napoléon. « Pourquoi, écrivait Belliard, pourquoi l'empereur ne peut-il pas être partout'! »
Le corps de Biilow se porta sur Soissons, les cinq autres corps de l'armée de Silésie se concentrèrent à Corbény. Dans la matinée du 18 mars, les Alliés marchèrent vers l'Aisne en trois colonnes. Czernischevi' avec un fort parti de cavalerie et quelques bataillons passa la rivière au-dessus deBerry-au-Bac,à Neufchâlel ; Kleislet York commencèrent à établir un pont en aval, à Ponlavaire; le gros de l'armée se dirigea droit sur Berry-au-Bac. On pensait que Marmont, qui occupait ce point, ne tarderait pas à l'abau-