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Belliard à Bertbier, 19 mars. Arcb. de la guerr

OPÉRATIONS DE BLUCHEB. 325

donner sous la menace d'y être tourné. La chose arriva, mais non point précisément comme l'espérait Bliicher. Le pont était miné, le duc de Raguse fit rentrer ses avant-postes et quand les têtes de colonnes russes s'avancèrent vers le pont, il donna l'ordre de faire jouer la mine. « Ce fut, dit-il, un magnifique spectacle. » De Berry-au-Bac, Marmont se replia sur Pontavaire ; puis, serré de près par la cavalerie ennemie, il gagna Fismes, où il prit position derrière la Vesle. Dans la soirée, il écrivit au maréchal Mortier, qui occupait Reims, de le venir rejoindre incontinent *. Toujours docile aux volontés de son collègue, le duc de Trévise évacua Reims dès le lendemain matin ; mais soit que Marmont se fût ravisé de lui-même, soit que Mortier, qui précéda à Fismes sa tête de colonne, eût convaincu le duo de Raguse des dangers de l'abandon de Reims, ordre fut envoyé à la division Roussel, formant arrière-garde, de réoccuper cette ville. Déjà un fort détachement de Cosaques en tenait les abords. Les dragons chassèrent l'ennemi et rentrèrent dans Reims qu'entouraient cinq à six mille Russes. Le général Roussel fit mettre pied à terre à deux escadrons qui se portèrent aux portes et aux murailles, et il se maintint dans la ville jusqu'à sept heures du soir, malgré les sommations et les attaques de l'ennemi. Un nouvel ordre do retraite survint. Les dragons se replièrent sur Fismes sans être inquiétés,

1. Marmont à Berthier, Cormicy, 17 «t 18 mars, et à Mortier, Fismes, 18 mars. Arch. de la guerre. 01. Mémoire* de Marmont. VI. 222 224; C. de W. (Mùtiahig). Kriegignch. de* Jahre* 1814, II 122; Plolho, £rieg. in Frankreich. 111,362; Droysen, York'* Lehen. III, 374-375.

Toujours la véracité des Mémoire* du due de /{açiui?. Racontant sa retraita sur Fismes, Marmont dit dans sua livre : « La mouvement exécuté par ma c.ivaler le fui remarquable par sa lenteur et son ordre. Je vommandai aux chiisseurs de faire des feux par escadrons avec leurs carabines. Cette nouveauté (7) imposa à l'ennemi, et tout le mouvement s'exécuta au pas jusqu'à la tin. « Or, dans sa lettre à Mortier. U écrivait 1« 18 ipar* «a soir : • M4 c&valerie a été culbutés. •

suivis seulement à deux portées de canop par quelques sotnias de Cosaques'.

L'empereur a blâmé Marmont d'avoir pr-s Fismes au lieu de Reims pour ligne de retraite^ C'était en effet une faute qui allait amener un désastre. Cette faute, Marmom est néanmoins assez excusable de l'avoir commise. Le 18 mars, il avait reçu l'ordre de couvrir la route de Paris, et pour couvrir Paris, c'était bien sur Fismes et non sur Reims qu'il devait se replier. Mais Marmont avait également l'ordre « de disputer le terrain à l'ennemi^ ». Or, pour lui disputer le terrain, il fallait pénétrer ses desseins de façon à connaître sa vraie direction. Si le duc de Raguse n'avait pas cette clairvoyance, au moins devait-il attendre, pour faire évacuer Reims, que les Alliés eussent plus visiblement dessiné leur mouvement \ Corrigé du goût des aventures et parles défaites qu'il avait subies au milieu de février et par les périls auxquels, quinze jours plus tard, l'avait fait échapper la capitulation de Soissons, Blûcher cherchait à opérer sa jonction avec Schwar-

1. Journal de Ij: division Roussel; Registre de Belliard (ordre à Roussel, 19 mars au matin). Rapport de Belliard à Mortier, 19 mars au soir). Arch. de la guerre. — Marmont ne parle naturellement pas, dans ses Mémoires, de ce beau fait d'armes, à la suite duquel Belliard demanda pour le général Roussel d'Hurbal le grade de commandant dans la Légion d'honneur.

2. Correspondance de Napoléon, 21 524. Registre de Berthier (à Marmont, Plancy, 20 mars). Arch. de la guerre.

3. Correspondance de Napoléon, 21 512. Registre de Berthier (à Marmont, Épernay, 17 mars). Arch. de la guerre.

4. Marmont semble le reconnaître, non pas dans ses Mémoires, naturellement, mais dans cette lettre à Berthier (Château-Thierry, 21 mars. Arch. de la guerre). • Je regrette de n'avoir pas manœuvré sur Reims, Épernay et Chàlons puisque ces mouvements concordaient avec ceux de l'empereur. Mais je n'ai pu me retirer d'abord sur Reims par suite de la nature des événements. (Voilà qui est faux. Marmont, le 18 mars, pouvait également se retirer sur Reims et sur Fismes, puisque la route de Reims resta libre jusque dans la nuit du 19 au 20 mars. Voirie Journal de la division Roussel.) Du reste j'avais l'intention 4e me rapprocher de Reims, mais j'y ai renoncé au moment où l'ennemi » débouché sur la route de Fisraes. (Marmont avait pris le temps de la réflexion, car l'ennemi ne déboucha sur la route de Fisraes que le 20 dans la matinée.) D'ailleurs mes instructions portaient textuellement que je devais couvrir la route de Paris, etc., etc. » Cette dernière raison est la seule bonne, Karmont eût été bien avisé de a'en point iavoc^u«r d'autre^.

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