ORDRE
La levée en niasse des habitants des départements composant la 18e division militaire est ordonnée dans toutes les communes. Que tout citoyen prenne les armes, tout citoyen armé est reconnu soldat, tout chef de troupe est reconnu officier.
Il s'agit de détruire les débris d'une armée vaincue ; toutes armes sont bonnes : armes à feu, faulx, fourches, crocs de rivière, etc. Que chacun combatte à outrance les barbares qui ravagent nos campagnes; que partout ils trouvent dans les forêts, dans les défilés, sur les rivières et près des ravins,
(1) Allix, Souvenirs. Cf. arch. guerre ; Allix à Clarkç, 5 mars.
des embuscades qui leur ferment tout passage; que partout on enlève les détachements et les reconnaissances de Tcnnemi. Que Ton sonne le tocsin de toutes parts ; qu'il soit le signal du raliement (s/c) et de la prise d'armes !
Le général commandant la 18*^ division mUitaire,
Allix (1).
Il n'y avait plus qu*à mettre ces terribles prescriptions en pratique, mais Tencre du général n'était pas encore sèche qu'un autre ordre venait le rappeler brusquement à la réalité. Le jour même, à 1 heure du soir, Sébastiani lui enjoignait de battre en retraite
sur Moret, à marches forcées L'ennemi était à
Sens et menaçait Paris (2).
(1) Arch. guerre. — Suit une longue instrucUon sur la guerre de partisans, le refus A opposer aux demandes de renseignements et aux réquisitions de l'ennemi, enfin les mesures coërcitives à employer contre Icstièdes, les timides ou ceux qui pactisent avec l'ennemi. M. Houssaye nous semble attacher une valeur objective excessive aux fanfaronnades d'Allix et à ses rapports sur la valeur guerrière des paysans de l'Yonne. Il avoue, il est vrai, que Napoléon n'avait pas la naïveté de croire à une telle ressource militaire et qu'il se proposait uniquement de faire pcjur par ses fameux décrets de Fismes. Cf. Houssaye, 1814, p. 269, n- 3. — Pris à la lettre, et cfans l'état de supériorité numérique des alliés, les décrets n'auraient eu pour effet que d'augmenter les ruines de l'invasion, sans prolonger TEinplre. Le 22 mars, le préfet de l'Yonne écrit que, les populations du Tonnerrois s'étant portées sur les traînards et les convois de Tennemi, « celuici a, dans sa fuite, exercé des vengeances par le feu et l'assassinat, ce qui jette partout la consternation. » Préfet de l'Yonne à Savar>', 22 mars. Arch. nat., AF lY, 1669.
(2) Allix à Clarke, Château renard, 7 mars. Logros à Clarke, 7 mars. Arch. guerre».