‹ 1815-1915, du Congrès de Vienne à la guerre de 1914Chapitre 4 sur 14 · LES PREMIÈRES LÉZARDES DU SYSTÈME. H · texte numérisé non relu

LES PREMIÈRES LÉZARDES DU SYSTÈME. H

politique ou nalionnlenepouvailserecrulcrquedansle peuple des ca[)iLalesel la bourgeoisie iiislruile, celle que MeLlernich appelait « les classes agitées..., les salariés de l'Etat, les hommes de lellres, les avocats, les individus préposés à réducalion publiipie »; groupes bien petits et désarmés contre les puissants moyens d'aclion dis gouvernements. La police sulTisnit à les rendre inotlensiCs; on y réussissait très bien en Au I riche.

Le système clair et dur de Motternich l'emporta sur le rêve généreux et confus d'Alexandre. Les souverains signèrent la Sainte-Alliance pour ne pas contrarier le tsar, mais ce qu'ils praticpièrent, ce fut Vinterv>inU<m. lis mirent d'abori en surveillance la France, « le pays le moins disposé à respecter la tranquillité générale ». Leurs ministres à Paris surveillaient la monarchie conslituiionnelle et donnaient des conseils au roi; ils suivaient atlentivement les élections annuelles à la (diamhre; quand ils les trouvèrent mauvaises, ils (lient des représentations et demantlèrenl le changement du régime électoral. Quand les ai'mées, à Naples, puis à Madrid, imposèrent aux princes une constitution, ils intervinrent par la force : ils envoyèrent une armée autrichienne conire Naples (en 1820), une armée française contre l'Espagne (en 182");, pour rétablir la monarchie absolue. L'opinion publi |ue mal informée ne distingua môme pas entre les deux systèmes opposés : ce fut la Sainte-Alliance, ralliancc libérale d'Alexandre, qui reçut les imfu'écations destinées au système de Metternicli, l'alliance des princes contre les peuples.

Alexanlre lui-même, circonvenu par les absolulistes, se rallia au système de son rival, et ce fut pour IMolternich un lri()ui()h(î {)ublic lor-qu'cn 182(1 le mini-ti-e russe, a|)rès la révolution de Naphîs, formula olTicicllement. au nom de son A maître, la doctrine absolutiste de l'interNcntion.

Les premières lézardes du système. — Les souverains n'appliquèrent pas longicmps le système de Metternich Le

12 L'OEUVRE DU CONGRÈS DE VIENNE. j

concert européen se rompit bientôt, sur les deux terrains I

qu'on avait écartés du règlement de 1815. Dans l'Empire i ottoman, les Grecs chrétiens se soulevèrent en 1820 contre i le sultan musulman, resté en dehors de « la famille euro- j péenne » ; leur révolte, suscitée par le sentiment national, fut • soutenue par l'opinion publique européenne, qui entraîna les I gouvernements à prendre parti pour les insurgés. Le nouveau . tsar Nicolas I*^"", absolutiste mais orthodoxe, secourut les sujets chrétiens contre le souverain « infidèle » ; pour accomplir « la mission de la Russie » en Orient, il fit marcher son armée sur Constantinople et força le sultan à reconnaître le petit royaume de Grèce détaché de son empire.

Puis vint la Révolution de 1850 en France, conflit constitutionnel, dont le peuple de Paris fit une révolution nationale en reprenant le drapeau tricolore et en chassant la dynastie légitime, à qui l'on ne pardonnait pas de s'être laissé ramener par l'étranger. — Elle entraîna, par son exemple, la révolution nationale du Brabant contre le roi hollandais, d'où sortit le royaume de Belgique ; puis la révolution nationale des Polonais contre le tsar russe, qui aboutit à la destruction du royaume de Pologne. -4 Le dernier lambeau d'État polonais, la petite république aristocratique de Cracovie, disparut en 1846, absorbé par l'Autriche.

L'opposition de régime intérieur entre les monarchies légitimes, restées absolutistes, et les monarchies d'Angleterre et de France, devenues parlementaires, rompit le concert des grandes puissances; l'Europe se partagea entre deux ligues hostiles : à l'Ouest, les deux Etats constitutionnels, à l'Est, les trois monarchies absolues.

L'arrangement territorial de 1815, du moins, restait presque intact. Il parut s'elVondrer dans toute l'Europe centrale pendant la Révolution de 1848 : en Italie, guerres nationales contre l'Autriche, révolutions républicaines contre le pape et le grand-duc de Toscane; en Allemagne, guerre civile à Berlin et à Vienne, guerre nationale dans les Duchés contre le Danemark, soulèvements républicains en Saxe et en Bade;

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