‹ 1815-1915, du Congrès de Vienne à la guerre de 1914Chapitre 6 sur 14 · L'UNITE ITALIENNE · texte numérisé non relu

L'UNITE ITALIENNE

pour empocher une coalition conlre sa djnaslie. Ce n'élail pas assez pour valoir une rupture avec l'Angleterre. Napoléon, malgré les égards dont les souverains l'enlouraicnt désormais, n'avait oblcnu aucun concours pour sa politique d'action.

L'unité italienne. — Alors, il se décida à agir seul : il envoya chercher Cavour (juillet 18r)8) et s'entendit en secret avec lui à Plombières sur les moyens de l'aire la guerre à lAulriche. Encore eut-il soin d'attendre que l'Autriche, par des maladresses diplomatiques, se lut isolée en Europe en se donnant l'apparence dèlre l'agresseur. La France se posa aussitôt en défenseur du Piémont menacé, et .Napoléon, rassuré conlre le danger d'une coalition, commença la guerre d'Italie (de I8"i9). Le but convenu entre la France et le Piémont était d'arracher à l'Autriche toutes ses possessions italiennes. Mais après la conquête de la Lombardie, avant d'avoir entamé la Venétie, Napoléon apprit que la Prusse armait; il n'essaya pas de braver une coalition dfs deux puissances allemandes et rentra en France, laissant ses alliés piémontais déçus et irrités.

Une légende fort accréditée représente Napoléon III comme le champion du principe des nalionalités, un don Quichotte courant les champs de bataille pour la défense des nations opprimées. Quelques-uns Ten ont loué, la plupart l'ont blâmé d'avoir sacrifié les intérêls de la France au salut des peuples étrangers: il s'est créé ainsi dans l'opinion française un préjugé contre la pùliti(|ue fondée sur le respect des nationalités qu'on a rendue responsable des désastres de la France. La légende contient une part de vérité. 11 est vrai que Napoléon s'est intéressé à quelques nalions opprimées, mais il n'a pas lait la guerre pour elles. Il s'est intéressé aux Roumains; quand les puissances s'obstinaient à maintenir séparées la Moldavie et la Valachie, rendues autonomes par le Congrès de Paris, Napoléon a donné, pour favoriser leur uniun, des ordres personnels, au grand étonnement de l'am-.

bassadeur Thouvenel qui, ayant fait sa carrière en Orient, ne voyait dans tous les peuples de la Turquie que du « fumier ». ,

— Il a fait des offres aux réfugiés hongrois en 1859, mais pour ; les employer à la guerre contre l'Autriche; Bismarck en a fait ; autant en 1866. — Pour les Polonais, Napoléon n'a pu faire i que des démarches diplomatiques en 18(55, demandées par ; l'opinion publique française. — Pour les Danois du Schleswig, ] il n'a pas risqué la guerre en 1864 et n'a obtenu en 1866 > qu'une tardive concession verbale dans le traité de Prague. !

— Des cinq guerres qu'il a faites, aucune, excepté celle '< d'Italie, n'intéressait une nationalité. Ces constatations ne : sont pas inutiles pour comprendre la conduite de Napoléon en Italie après 1859. 11 a eu pour les Italiens une sympathie sincère; mais de la nationalité italienne il ne s'est occupé " que pour délivrer l'Italie des barbares; il ne voulait pas i Vunité italienne. Ce qu'il voulait établir en Italie, c'est une ; confédération des princes souverains, analogue à cette Confédération germanique que les Allemands rejetaient comme contraire à l'unité. Ce plan, consacré officiellement par le | traité de Zurich, avorta par le refus des princes. Ce furent . les Italiens eux-mêmes qui, sous la direction de Cavour, expulsèrent les princes légitimes par des révoltes, expri- , mèrent par des plébiscites leur volonté, et, par une série I d'annexions, créèrent le royaume d'Italie.

Napoléon n'essaya pas d'empêcher par la force l'unité italienne, mais en profita pour se faire céder (1860) la Savoie et Nice. — Cette acquisition, contraire à ses promesses publiques de 1859, mit tous les souverains en défiance '■ contre lui; il essaya désormais en vain de renouer avec eux î des relations cordiales. Il se sentit isolé et impuissant.

Formation de l'empire d'Allemagne. — Le conflit entre I l'Autriche et la Prusse pour la prépondérance en Allemagne I lui rendit confiance : il comptait sur une guerre longue qui les épuiserait toutes deux, il interviendrait en arbitre et ferait ses conditions. C'est pourquoi il aida Bismarck à conclure ,

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