Napoléon, Mém., 97. Gourgaud
4. Le lor corps aurait dû remonter droit au nord, en passant à 2 kilomètres à l'ouest de Wagnelée, pendant l'espace de 3,500 mètres, et tourner ensuite à l'est pour se rabattre sur Brye. Ce trajet de 6 kilomètres à travers champs demandait près d'une heure et demie; il fallait en outre une demi:heure pour que l'ordre d'opérer le mouvement parvînt de Fleurus au point où se trouvait le comte d'Erlon.— Clausewitz, plus judicieux et plus juste, que Charras, reconnaît qu'il était alors trop tard pour ordonner une marche tournante sur Brye. {Der Krieg von f8f5t 84.)
semblablcment par l'aide de camp que le 1er corps s'éloignait1. Ney, en péril, lavait-il rappelé, ou d'Erlon, ayant reconnu qu'il avait pris une fausse direction, se portait-il à l'ouest de Wagnelée pour manœuvrer, selon l'ordre porté par Forbin- Janson, en arrière des lignes prussiennes?
L'empereur prit vite son parti. Si par suite d'ordres mal compris ou mal exécutés, il lui semblait bien ne devoir plus compter sur la coopération d'une fraction de son aile gauche, du moins il était délivré de l'Inquiétude où l'avait mis la présence sur son flanc de la colonne prétendue ennemie. Il redevenait libre d'agir. La victoire décisive qu'il rêvait depuis l'après-midi lui échappait, mais il pouvait tout de même gagner la bataille et rejeter Blùcher loin de Wellington. Il donna ses ordres pour le dernier assaut2.
Les batteries de réserve ouvrent le feu contre les coteaux qui dominent Ligny, la vieille garde se ploie en colonnes par division, les escadrons de service, la 2e division de cavalerie de la garde et les cuirassiers de Milhaud se forment pour l'attaque, le corps de Lobau débouche de Fleurus. La canonnade s'arrête, la charge bat, toute cette masse s'ébranle sous la chaude pluie d'orage aux cris de Vive l'Empereur ! La première colonne de la garde (2e, 3e et 4e grenadiers) pénètre à l'ouest de Ligny ; la deuxième (1er chasseurs et 1er grenadiers) aborde ce village à l'est. Entraînés par Gérard, les soldats de Pécheux et de Vichery franchissent le ruisseau de
1. Napoléon n'en a rien dit (ilalaissé à dessein dans le mystère tout ce qui concerne le mouvement de d'Erlon) ; mais c'est très vraisemblable, car, ainsi qu'on le verra plus loin (214), Delcambre, envoyé par Ney, et l'aide de camp de l'empereur arrivèrent presque en même temps près du comte d'Erlon.