Napoléon, Corresp
Nous savons par la lettre de Flahaut au duc d'Elchingen (Docmn. inédits, 63) qu'il partit de Charleroi à 9 heures au plus tard, et par la lettre de Reille à Ney (16 juin, 10 heures et quart, Arch. Guerre) qu'il arriva à Gosselies vers 10 heures. Or, Gosselies étant, à 300 mètres près, à mi-chemin de Charleroi (maison Puissant) à Frasnes, Flahaut dut arriver à Frasnes vers 11 heures, comme le dit d'ailleurs Heymès (12). — Remarquons en passant que Flahaut ne se pressait guère; il faisait tranquillement sur un cheval frais ses deux petites lieues à l'heure !
2. Ordre de Ney, Frasnes, 16 juin (entre 11 heures et 11 heures et demie. Arch. Guerre, Armée du Nord). — Dans cet ordre, Ney dispose de la 7e division (Girard), car il ignore encore que l'empereur va s'en servir à l'aile droite. Il fait confusion entre la lre division de cavalerie et laïe. C'est la 2e (Pire, du corps de Reille) qui évidemment doit éclairer Reille, et la lrc (Jacquinot, du corps de d'Erlon) qui doit marcher avec d'Erlon. D'ailleurs, c'est ainsi que les choses se passèrent.
3. La conclusion qui ressort de la lecture de cet ordre est confirmée par le témoignage précité du colonel Répécaud. Répécaud dit plus loin : « Le maréchal supposait que la position était faiblement occupée. »
de l'empereur1. Gomme Napoléon, il s'imagine que la route de Bruxelles est libre. Mais lui est sur le terrain!
Pour comble, Ney, qui sert mal l'empereur, est mal servi par Reille. Il a enjoint à ce général d'exécuter sur-le-champ les ordres qu'il pourrait recevoir de Napoléon2. Or, quand Flahaut passe à dix heures à Gosselies et communique à Reille les instructions dont il est porteur, celui-ci, troublé par un rapport du général Girard, croit devoir attendre pour mettre ses troupes en marche un ordre positif de Ney. « Le général Flahaut, écrit-il au maréchal, m'a fait part des ordres qu'il vous portait. J'aurais commencé mon mouvement sur Frasncs aussitôt que mes divisions auraient été sous les armes, mais d'après un rapport du général Girard, qui signale deux masses ennemies, de six bataillons chacune, venant par la route de Namur et dont la tête est à Saint-Amand, je tiendrai mes troupes prêtes à marcher en attendant vos ordres. Gomme ils pourront me parvenir très vite, il n'y aura que très peu de temps de perdu3. »
1. « ... Une division à 2 lieues en avant des Quatre-Chemins, s'il n'y a pas d'inconvénient; 6 divisions autour des Quatre-Chemins; 1 division à Marbais. » Napoléon, Corresp., 22058. Cf. la lettre de Soult, à peu près identique (Registre du major-général) et que Ney dut recevoir quelques instants après celle de l'empereur.