‹ 1815 (volume 2)Chapitre 118 sur 271 · Van Lôben · texte numérisé non relu

Van Lôben

ATTAQUE DES IJUATRE-BRAS 19f

Vers une heure et demie, Reille, qui marchait avec la tête de colonne de la division Bachelu, rejoignit Ney. « — Il n'y a presque personne dans le bois de Bossu, dit le maréchal, il faut enlever ça tout de suite. » Reille était ce jour-là d'humeur peu entreprenante ; il répondit : « — Ce pourrait bien être une bataille d'Espagne, où les Anglais se montreront seulement quand il sera temps. Il est prudent d'attendre pour attaquer que toutes nos troupes soient massées ici. » Ney impatienté répliqua : « — Allons donc ! Il suffira des seules compagnies de voltigeurs ! » Néanmoins la remarque de Reille l'avait fait réfléchir; il différa l'attaque jusqu'à l'arrivée de la seconde brigade de Bachelu et de la division Foy1.

A deux heures, ces troupes débouchant de Frasnes se formèrent en colonnes par bataillon, Bachelu à la droite de la route, Foy sur la route et à la gauche de la route ; les chasseurs de Pire flanquaient la droite de la division Bachelu, les lanciers se tenaient en arrière de l'intervalle des deux divisions. En seconde ligne, étaient la cavalerie de la garde, en colonne sur la chaussée, et la lro brigade des cuirassiers de Kellermann, déployée à la gauche. La division Jérôme Bonaparte cheminait encore entre Gosselies et Frasnes, et les trois

1. Notes journalières de Foy, Frasnes, 17 juin (comm. par le comte Foy). Cf. Relat. de Reille (Arch. Guerre) et les paroles de Ney au colonel Répécaud, citées précédemment.

Reille faisait allusion à la tactique ordinaire des Anglais dans les guerres d'Espagne, où Wellington ne démasquait ses forces qu'au moment de l'attaque décisive de l'ennemi.

autres brigades de Kellermann avaient pris position à Libercliies selon les ordres de Ney*.

Le maréchal ne voulut pas retarder davantage son attaque; mais, troublé parles paroles de Reille, il jugea que les troupes qu'il avait sous la main seraient insuffisantes pour aborder la position de front. Il résolut de porter son effort contre la gauche ennemie2. (Il pouvait espérer que les défenseurs de Pierrepont et du bois de Bossu se replieraient dès qu'ils se verraient débordés, mais le prince Bernard, ayant une ligne de retraite sur Houtainle-Val, n'avait pas à craindre d'être coupé des Quatre-Bras.) Après une courte canonnade, le maréchal lança dans la direction de Piraumont la division Bachelu, la cavalerie de Pire et la brigade Jamin de la division Foy. La seconde brigade de Foy (général Gauthier) resta provisoirement en réserve. La division Bachelu et la cavalerie de Pire s'avancèrent entre le bois de la Hutte et la chaussée vers Piraumont. Les Néerlandais postés en première ligne n'étaient pas en nombre pour soutenir cette attaque. Bachelu refoula sans peine le 27e chasseurs jusqu'à Piraumont. Parvenu à la hauteur de Ja ferme Lairalle, la brigade Jamin, conduite par Foy, fit tête de colonne à gauche, refoula le 2e bataillon de Nassau, et débusqua de Gémioncourt le 5e bataillon de milice dont les débris se reformèrent à l'ouest de la route et se mirent en retraite vers le bois de

1. Relation de Reille. (Arch. Guerre.) Rapport de Foy, Frasnes, 17 juin. (Registre de corresp. de Foy.) Cf. Siborne, I, 100 : « V^ ^e^es Ney nrit ses dispositions d'attaque. » Voir aussi l'ordre précité de Ney et la Relation de Kellermann (Arch. Guerre), lequel confond d'ailleurs Frasnes

eVLLeUCre1de Foy à Guilleminot, 20 octobre 1815. (Registre de corresp. de Foy, communiqué par le comte Foy.>

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