‹ 1815 (volume 2)Chapitre 119 sur 271 · ATTAQUE DES QUATRE-BRAS · texte numérisé non relu

ATTAQUE DES QUATRE-BRAS

Bossu. Ney les fit alors charger par les lanciers de Pire qui les culbutèrent. Le prince d'Orange, serré de près, ne dut son salut qu'à la vitesse de son cheval ; un de ses aides de camp fut blessé et fait prisonnier. Sauf à la droite, où les quatre bataillons du prince Bernard de Saxe-Weimar n'avaient pas encore été inquiétés, on était maître des positions avancées de l'ennemi*.

Il était environ trois heures. Wellington, revenu du moulin de Bussy2, jugea la situation critique, presque désespérée3. Quelques instants encore, on allait être forcé aux Quatre-Bras par Foy, déjà en marche pour attaquer ce hameau au sud, et par Bachelu, bientôt en situation de l'attaquer à l'est. Des renforts arrivèrent : la brigade van Merlen (hussards hollandais et dragons belges) par la route de Nivelles ; la division Picton (huit bataillons anglais et quatre hanovriens) par la route de Bruxelles4. Wellington était surtout inquiet pour la gauche de sa ligne, à peu près dégarnie et que menaçait Bachelu, maître de la ferme de Piraumont

1. Relation de Reille. Rapport de Foy. (Registre de correspondance.) Van Lôben, 190-196. Siborne, I, 101-102.

Ney aurait pu mieux répartir ses forces. La division Bachelu et la cavalerie de Pire eussent parfaitement suffi à attaquer Gémioncourt et Piraumont, laissant disponibles la première brigade de Foy pour marcher vers le bois, et la seconde pour former réserve.

2. Une note du Supplément à laCorresp. de Wellington (X, 525) fixe le retour du duc à 3 heures. Mûffling (C. de W., 11) dit également : « Vers les 3 heures. » Van Lôben, Damitz, Siborne, Chesney s'accordent sur ce point.

3. Mûffling, Ans meinem Leben, 205. Cf. Wellington à lady Webster, Waterloo, 18 juin, 3 heures du matin. (Suppl. Dispatches, X, 501.)

4. Le rapport de Wellington (Dispatches, XII, 478) dit que la division Picton déboucha à 2 heures et demie. C'est inexact, car nous savons que Wellington ne revint pas de Brye avant 3 heures, et, d'après le témoignage de Mûffling, Ans meinem Leben,20b (cf. Cde W., 11), on ne peut douter que le retour du duc n'ait précédé l'arrivée de Picton. Siborne (I, 104) dit de son côté : «Wellington revint un peu avant l'arrivée de Picton. » Quant à la brigade van Merlen, van Lôben, qui a écrit d'après les Archives hollandaises, dit (19G-197) qu'elle atteignit les Quatre-Bras en même temps que la division Picton.

et de ses dépendances. La division Picton, par un prompt mouvement « vers la gauche, en avant en bataille », se porta sur la route de Namur; les brigades Kempt et Pack, en première ligne, à genou dans les blés, la brigade hanovrienne en seconde ligne, abritée par le talus de la route1.

Pendant le déploiement des Anglais, le prince d'Orange lança successivement ses hussards et ses dragons contre la colonne de Foy dont les tirailleurs approchaient des Quatre-Bras. Avant d'avoir pu aborder cette infanterie, les escadrons ennemis furent rompus tour à tour par les lanciers de Pire qui les ramenèrent à vive allure au-delà du carrefour. Wellington fut bousculé et entraîné dans la déroute jusque sur la chaussée de Bruxelles. En se rabattant par leur droite vers Gémioncourt, les lanciers de Pire culbutèrent encore un bataillon de milice et prirent huit canons2.

L'action s'engageait aussi au sud du bois de Bossu. A trois heures, la division du prince Jérôme avait débouché de Frasnes, et Ney l'avait aussitôt portée contre la ferme de Pierrepont, tandis que la brigade Gauthier rejoignait le général Foy. Délogé de Pierrepont, l'ennemi se replia dans le bois où les tirailleurs pénétrèrent à sa suite. Ils y avancèrent très lentement; outre que ce bois était bien défendu, le taillis en était si dru qu'il fallait dans certains fourrés se frayer passage à coups de sabre3.

A ce moment du combat, un peu avant quatre

1. Lettres d'officiers des brigades Kempt et Pack. (Waterloo Letters, 353, 358, 373, 377.) Siborne, I, 102.

2. Siborne, 1, 104-105. Damitz, I, 197. Cf. Van Lôben, 197-198, qui dit que ces pièces furent reprises plus tard.

3. Relation de Reille. Rapport de Foy. Mém. du roi Jérôme, VII, 67. Lettre du prince de Saxe-Veimar, Waterloo, 19 juin. Van Lôben, 204.

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