‹ 1815 (volume 2)Chapitre 128 sur 271 · OFFENSIVE DE WELLINGTON · texte numérisé non relu

OFFENSIVE DE WELLINGTON

tirailleurs de Brunswick, et mitraillés de la route de Bruxelles par les batteries du major Kulmann. Le comte de Valmy culbute sous son cbeval tué4. C'est le signal de la débandade. En vain il se relève et veut reformer ses escadrons, les cuirassiers n'écoutent plus ses commandements. Ils tournent bride, enfoncent leurs éperons dans le ventre des chevaux, et, par petits groupes, en désordre, mais toujours la pointe menaçante, ils retraversent sous une grêle de balles les deux lignes ennemies, rapportant comme trophée le drapeau du 69e anglais2.

Ces cavaliers, affolés et lancés aune allure vertigineuse, bousculent et entraînent dans leur fuite plusieurs bataillons de la division Foy et de la brigade Bauduin. Bachelu, qui s'avance de Piraumont, voit de loin la déroute et arrête aussi son mouvement. Seule, la cavalerie de Pire pousse encore à l'ennemi. En un temps de galop, elle est sur les bataillons de Kempt. Les carrés anglais lui opposent leurs baïonnettes et leurs feux flanquants. C'est sans effet que lanciers et chasseurs multiplient les charges3.

A ce moment, le commandant Baudus, envoyé par l'empereur, rejoignit le maréchal Ney, qui, ayant eu deux chevaux tués, se tenait à pied « au point le plus exposé ». Baudus lui transmit les pa-

1. Le général Guiton et le colonel Garavaque furent également démontés. — Quand ils avaient affaire à la cavalerie cuirassée, les Anglais tiraient de préférence aux chevaux. Lettre du sergent Mac Eveen, du 42e higlanders. {Waterloo Letters, 378.)

2. Rapport de Kellermann, 16 juin. Kellermann à Grouchy, 17 juin. Relation de Kellermann. Relation de Reille. (Arch. Guerre.) Woodberry, Journal, 310. Siborne, 1, 144. Lettres d'of liciers des brigades Kempt et Pack. (Waterloo Letters, 359, 378. 38R.)

3. Mém. du roi Jérôme, VII, 78-79. Siborne, I, 148-150. Lettres d'officiers de la brigade Kempt. 'Waterloo Letters, 344, 354, 359.)

rôles de Napoléon : « Il faut absolument que Tordre donné au comte d'Erlon soit exécuté, quelle que soit la situation où se trouve le maréchal Ney. Je n'attache pas grande importance à ce qui se passera aujourd'hui de son côté. L'affaire est toute où je suis, car je veux en finir avec l'armée prussienne. Quant au prince de la Moskowa, il doit, s'il ne peut faire mieux, se borner à contenir l'armée anglaise '. » Ney, fou de colère, la face pourpre, brandissait son épée comme un fou2. Il écouta à peine les paroles de Baudus, et s'écria qu'il venait d'envoyer à d'Erlon l'ordre de regagner Frasnes. Baudus s'efforça en vain de le faire revenir sur cette détermination. Le maréchal le quitta brusquement pour se jeter au milieu de son infanterie en déroute. Il la rallia vite et la mena contre la brigade Pack, qui s'avançait offensivement3.

De six à sept heures, Wellington a reçu de nouveaux renforts: l'artillerie de Brunswick, les brigades de gardes anglaises Maitland et Byng, les Nassaviens de Kruse4. A son tour d'attaquer, — d'attaquer à coup sûr, comme il l'aime faire. Maitland et Byng s'engagent dans le bois de Bossu; Halkett et Pack, soutenus par les corps de Brunswick et

1. Notes manuscrites du colonel Baudus (comm. par M. de Montenon). — Ces notes, qui, comme nous l'avons dit, n'ont été reproduites que partiellement dans les Etudes sur Napoléon du colonel Baudus, sont tellement circonstanciées, tellement précises que, bien qu'elles soient en contradiction sur quelques points avec d'autres récits qui, d'ailleurs, sur les détails et sur les noms, sont loin de concorder entre eux, on ne peut douter de leur véracité. C'est ajuste titre que Baudus a pu écrire: «Personne ne connaît mieux que moi les circonstances qui firent que le 1er corps d'armée ne fut utile dans la journée du 15 ni au maréchal Ney ni à l'empereur. »

2. Notes de Baudus. Lettre du général F... (comm. par M. X...).

Notes de Baudus. Cf. lettre du major du 92e higlanders. (Waterloo Lelters, 387.) Siborne, I, 148-149.

4. Lettres d'officiers des brigades Maitland et Byng. (Waterloo Letters, 241, 252, 258.) Lettre de Hervey, aide de camp de Wellington. (Nineteenth Century, mars 1893). Rapport d'Alten au duc de Cambridge, Bruxelles, 20 juin. (Papiers du général G.) Siborne, I, 152.

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