LES FRANÇAIS REPOUSSÉS
que pour me rappeler malgré la volonté de Napoléon, le maréchal devait être dans un extrême péril 4 . » Mais d'Erlon ne réfléchit point que, se trouvant à trois kilomètres de Fleurus et à trois lieues des Quatre Bras, il était à môme d'aider très efficacement l'empereur, tandis qu'il ne pourrait arriver à temps pour secourir Ney. En effet, quand il atteignit Frasnes, à la nuit tombante, avec ses troupes << irritées et honteuses de n'avoir rien fait dans cette journée2 », le maréchal n'avait plus besoin d'elles.
Le comte d'Erlon ne ramenait que trois divisions. L'idée lui étant venue au début de la contre-marche qu'il fallait combler le vide entre l'aile droite et l'aile gauche, il avait laissé Durutte en vue de Wagnelée avec la 4e division d'infanterie et la cavalerie de Jacquinot. Durutte n'ayant pu obtenir d'ordres précis de d'Erlon, sauf la recommandation « d'être prudent », se porta lentement entre Villers- Perwin et Wagnelée. Au nord-ouest de ce dernier point, Jacquinot escarmoucha vers huit heures avec la cavalerie du général de Marwitz, qui couvrait la droite de Blùcher. Un peu plus tard, Durutte se rabattit sur Wagnelée qu'il occupa après en avoir débusqué une faible arrière-garde. Ces pointes contre le flanc des Prussiens ne furent poussées ni assez à temps ni assez à fond pour contrarier en quoi que ce fût la retraite de l'armée vaincue3. A Wagnelée, cependant, Durutte avait très bien vu les Prussiens se replier du Hameau et de la Haye
1. Lettre de d'Erlon au duc d'Elchingen. (Documents inédits, 64.)