Von Ollech
qui, sachant déjà la bataille perdue, avait arrêté son corps d'armée sur la Voie romaine, la tête à Baudeset. En arrivant à Mellery, Gneisenau y retrouva Blùcher. Il était couché sur de la paille dans une chaumière écarlée, prenant de temps à autre quelques gorgées de lait ^ .
Le 17, au point du jour, toute l'armée décampa. Les corps de Zieten et de Pirch, que venaient de rallier les trois bataillons de grand'garde à Brye, gagnèrent Wavre par Gentinnes, Villeroux et Mont- Saint-Guibert ; le colonel de Sohr fut laissé provisoirement derrière Tilly avec deux régiments de cavalerie. Arrivé devant Wavre entre onze heures et midi, Zieten fit passer ses troupes sur la rive gauche de la Dyle et les établit à Bierges et alentour. Pirch arrêta les siennes sur la rive droite ; elles bivouaquèrent entre Aisemont et Sainte-Anne2.
De Sombreffe, Thielmann se porta d'abord à Gembloux ; jugeant ses troupes très fatiguées, il prit position un peu au-delà de ce village et, fort imprudemment, resta immobile depuis sept heures du matin jusqu'à deux heures après midi. IL reprit enfin sa marche, passa par Corbais, traversa seulement à huit heures le pont de Wavre et vint camper à la Bavette (une demi-lieue au nord de Wavre). La cavalerie de Lottum et la division Borke, qui formaient l'arrière-garde de ce corps, n'arrivèrent même en vue de Wavre que longtemps après minuit ; elles durent bivouaquer sur la rive droite de la Dyle 3.
1. Rapport de Gneisenau, Wavre, 17 juin, 2 heures (précité). Wagner, IV, 47. Damitz, I, 142, 145-147, II, 206-209. Von Ollech, 157.
2. Rapport de Gneisenau, Wavre, 17 juin, 2 heures. Wagner, IV, 46,54, 55. Damitz, II, 207, 226. Von Ollech, 166-167.
3. Wagner, IV, 46, 55. Damitz, II, 207-209.Von Ollech, 167.— Damitz blâme justement Thielmann pour sa trop longue halte à Gembloux, tout en disant
Bùlow, dont les troupes étaient en colonne sur la Voie romaine, avait ordre de s'établir à Dion-le- Mont (une lieue au sud-est de Wavre). Il marcha assez lentement. A dix heures du soir, son mouvement n'était pas encore achevé ].
La retraite de la grand'garde prussienne établie à Brye, et par conséquent des corps de Pirch et de Zieten, échappa absolument à l'attention des vedettes en position devant le moulin de Bussy. De toute la matinée, les petits-postes de cavalerie ne firent aucun mouvement, pas une reconnaissance, pas même une patrouille2. A la droite française, vers Tongrinne, les hussards de Pajol se montrèrent plus vigilants. Dès deux heures et demie du matin, ils avertirent leur général que l'ennemi quittait ses positions. Pajol lit aussitôt monter à cheval les deux régiments qu'il avait conservés
que ce général savait que Bùlow, eu marche à une lieue de lui, de Baudeset sur Dion-le-Mont, le soutiendrait s'il était attaqué. Mais il ne s'agissait pas pour Thielmann ni pour Bùlow, de risquer à Gembloux une action où ils pourraient avoir à combattre toute l'armée française; il s'agissait de se concentrer au plus vite à Wavre en dissimulant aux Français leur direction de retraite.
1. Rapport de Bùlow à Blùcher, Dion-le-Mont, 17 juin, 10 heures du soir. (Cité par von Ollech, 167-168.) Damitz, II, 209-210. —D'après les renseignements recueillis par Grouchy et consignés par lui (Arch. Guerre, Armée du Nord, 18 juin), Bùlow prit par Walhain et Corroy. C'est d'ailleurs le chemin le plus direct de Baudeset à Dion-le-Mont, et en outre, si Bùlow eût passé à Corbais, il eût entravé la marche de Thielmann, qui, lui, devait forcément traverser ce village. Selon les rapports des habitants (Grouchy à Napoléon; Gembloux, 17 juin, et Walhain, 18 juin, Arch. Guerre), les corps de Thielmann et de Bùlow marchèrent en plusieurs colonnes, car il passa des Prussiens à peu près dans tous les villages, sur une largeur de 10 à 12 kilomètres.
2. Rapport de von Grôben à Gneisenau, Tilly, 17 juin, vers midi. (Cité par von Ollech, 169-379.)