‹ 1815 (volume 2)Chapitre 140 sur 271 · MOUVEMENTS DE PAJOL ET D EXELMAN · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS DE PAJOL ET D EXELMAN

sous son commandement immédiat K et s'élança à la poursuite des Prussiens sur la route de Namur. C'était malheureusement une fausse direction. Il croyait être sur les traces du corps de Thielmann; il suivait des traînards, un convoi de parc, une batterie égarée2. Au-delà du Mazy, vers cinq ou six heures du matin, il atteignit cette colonne, sabra un escadron du 7e uhlans qui s'y était joint, prit les canons et les voitures. Il ne poussa guère plus loin que les Isnes sur la route de Namur, n'y voyant plus rien. Fort incertain de ce qu'il devait faire, il envoya des reconnaissances dans diverses directions et s'arrêta de sa personne à la croisée de la grande route et du chemin de Saint-Denis. A midi seulement, informé par de faux rapports que l'ennemi battait en retraite non sur Namur, mais sur Saint-Denis et Leuze, c'est-à-dire sur Louvain, il se dirigea de ce côté. Grâce à l'arrivée du 1er hussards, qui avait rejoint vers neuf heures, et de la division Teste, que venait de lui envoyer l'empereur, ses forces s'élevaient alors à trois régiments de cavalerie, quatre régiments d'infanterie et deux batteries 3.

La brigade de dragons de Berton, du corps d'Exelmans, s'était mise en mouvement peu après que l'arrière-garde de Thielmann avait évacué Sombreffe. Mais au lieu d'entrer dans ce village et de prendre

1. Le 1er hussards (division Soult) n'avait pas encore rallié, et la division Subervie avait été détachée à la gauche.

2. La veille, vers la fin de la bataille, la batterie à cheval n° 14 (corps de Pirch) ayant épuisé ses munitions, s'était repliée à l'est de Sombreffe, près d'une colonne du grand parc qui, venue de Namur, s'était arrêtée là. Avant le lever du soleil, batterie et colonne, vraisemblablement dans la crainte de ne pouvoir gagner Sombreffe, avaient pris la direction de Namur ; en route ils avaient été rejoints par un escadron isolé du 7e uhlans. Damitz, II, 215-216. Cf. Wagner, IV, 55, et von Ollech, 172.

3. Pajol à Grouchy, en avant du Mazy, 17 juin, midi. (Arch. Guerre.) Cf. Pajol, le Général Comte Pajol, III, 212-213, 218, et Damitz, II, 216.

la route de Gembloux, Berton s'engagea à la suite de Pajol, sur la route de Namur. D'ailleurs, il ne dépassa pas le ruisseau de l'Orneau, des paysans lui ayant dit que l'armée prussienne battait en retraite par Gembloux et qu'il y avait encore là beaucoup de troupes. Berton s'empressa de transmettre cet avis au général Exelmans et attendit de nouvelles instructions. Il aurait dû le communiquer aussi à Pajol, qui se trouvait à 1,500 mètres en avant de lui. L'ordre de se porter sur Gembloux parvint assez vite à Berton. Il reprit sa marche et arriva devant le village à neuf heures. Des vedettes prussiennes se tenaient sur la rive gauche de l'Orneau; au-delà de Gembloux, on apercevait des masses ennemies au repos*.

Bientôt Exelmans, amenant ses trois autres brigades de cavalerie, rejoignit Berton. Il estima assez judicieusement à 20,000 hommes les Prussiens bivouaques derrière Gembloux. Il avait plus de 3,000 dragons et deux batteries à cheval ; et Pajol se trouvait à six kilomètres sur la droite avec 1,400 hussards, 3,000 fantassins et deux batteries. Exelmans ne pensa point à l'avertir que les Prussiens occupaient Gembloux, avis qui eût épargné à son camarade une marche excentrique de vingt kilomètres (aller et retour) dans la direction de

t. Berton, Précis, 47. — Berton insinue que s'il suivit Pajol sur la route de Namur, ce fut d'après les ordres d'Exelmans ou du général de division Strols, et non suivant sa propre inspiration. Il prétend aussi que les paysans lui dirent que les Prussiens se repliaient par Gembloux sur Wavre, et qu'il avertit Exelmans de cette direction de retraite. C'est là une addition plus ou moins involontaire. Si Exelmans avait su, à 8 heures du matin, que la direction de retraite était Wavre, peut-on admettre qu'il n'en eût pas prévenu Grouchy dans la première lettre qu'il lui envoya à cette heure-là, ni dans la seconde écrite l'après-midi, ni enfin au cours de la conversation avec Bella, aide de camp du maréchal. (Lettre d'Exelmans à Grouchy, 17 juin, Arch. Guerre, et Grouchy, Relat. suce, App. III, 22.)

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