‹ 1815 (volume 2)Chapitre 141 sur 271 · MOUVEMENTS DE PAJOL ET D'EXELMANS · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS DE PAJOL ET D'EXELMANS

Leuze'. Il ne fit aucune démonstration pour contraindre les Prussiens à démasquer leurs projets. Il ne tira pas un coup de canon sur ces masses, pas même un coup de fusil contre les vedettes. Il se borna à observer l'ennemi2 — très distraitement, comme on verra plus loin. Enfin, négligence en vérité impardonnable, il omit de prévenir tout de suite Groucby, ou l'empereur, qu'il était en présence d'un des corps de Blùcher3.

Malgré ces fautes, les choses n'étaient point gravement compromises. A midi, au moment où l'empereur réitérait par écrit à Grouchy l'ordre de poursuivre les Prussiens, leur armée se trouvait divisée. Les corps de Zieten et de Pirch étaient concentrés à Wavre, le corps de Bulow, en marche de Baudeset, n'avait pas encore dépassé Walhain4, le corps de Thielmann faisait halte près de Gembloux, à portée du canon d'Exelmans. L'inattention des vedettes

1. Si Pajol avait reçu cet avis, vraisemblablement il se serait porté à la droite d'Exelmans, sur la rive droite de l'Orueau, menaçant le flanc de Thielmann.

2. Exelmans à Grouchy, 17 juin. (Devant Gembloux, de midi à 2 heures.) Journal du général Bonnemains. (Arch. Guerre, Armée du Nord.) Berlon, Précis, 48.

3. Selon la lettre précitée d'Exelmans, laquelle ne porte point d'indication horaire, il avertit Grouchy, vers 8 heures, qu'il se portait à Gembloux pour y suivre l'ennemi. Mais après avoir donné cet avis il n'envoya plus aucune nouvelle, sinon dans cette lettre même qui fut écrite entre midi et 2 heures, et que Grouchy dit avoir reçue seulement vers 4 heures. (Belat. suce, Appendice III, 22.)

Or les renseignements de 8 heures étaient insuffisants pour déterminer l'empereur, car ils le laissaient dans le doute si l'ennemi serait encore à Gembloux quand Exelmans y arriverait. Si, au contraire, à 9 heures et demie, Exelmans eût envoyé une seconde dépèche portant, qu'il avait devant lui, à Gembloux, un corps prussien de 20,000 hommes au bivouac, cet avis eût très vraisemblablement engagé Napoléon à prendre des dispositions une heure plus tôt.

4. Les renseignements recueillis par Grouchy à Walhain (Arch. Guerre, Armée du Nord, 18 juin) portent que le passage à Walhain du corps Bùlow a fini le 17, à 3 heures après-midi. Ces renseignements concordent avec les documents allemands, d'après lesquels la tète de colonne de Bùlow n'atteignit pas Dion-le-Mont avant 8 heures du soir.

françaises, l'insouciance des officiers commandant les grand 'gardes, le temps perdu dans la matinée, les fausses indications sur la ligne de retraite des Prussiens, tout pouvait être réparé si Exelmans était vigilant et actif et si Grouchy hâtait sa marche et comprenait hien sa mission.

En quittant l'empereur, vers onze heures et demie1, près du moulin de Bussy, Grouchy envoya par le colonel de Blocqueville l'ordre au général Vandamme, à Saint-Amand, de porter promptement le 3e corps au Point-dn-Jour, intersection des routes de Namur et de Gembloux. En même temps, il dépêcha à Exelmans vers Gembloux un autre aide de camp, le capitaine Bella, pour avoir des nouvelles 2. Il se rendit ensuite à Ligny, voulant donner lui-même ses instructions à Gérard. Chemin faisant, il croisa le maréchal Soult qui allait rejoindre l'état-major impérial. Il eut avec lui un court entretien qui porta seulement sur les divisions de cavalerie que, d'après le premier ordre de Bertrand, qu'il venait de recevoir, il devait détacher de son armée et diriger sur Marbais3. Quand il se fut éloigné, Soult dit à l'un de ses aides de camp : « — C'est une faute de distraire une force aussi considérable de l'armée qui va marcher contre les Anglais. Dans l'état où leur défaite a mis les Prussiens, un faible corps d'infanterie, avec

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