‹ 1815 (volume 2)Chapitre 16 sur 271 · LE BUDGET DE LA GUERRE · texte numérisé non relu

LE BUDGET DE LA GUERRE

suite de l'armée du Nord portaient huit jours de vivres de réserve4.

Pour mener à bien cet immense armement, il eût fallu plus de temps et plus d'argent. Le budget royal de la Guerre pour 1815, qui devait être présenté aux Chambres dans la session d'avril, s'élevait à 298 millions, dont 25 pour la maison militaire, les régiments suisses et les pensions des émigrés et des vendéens2. L'empereur vit tout de suite que, malgré l'économie à réaliser sur ces chapitres, le budget militaire devait être augmenté de 100 millions 3. Encore l'évaluation était-elle modeste. Si la guerre avait duré, les dépenses auraient de beaucoup excédé ces prévisions. Napoléon n'aimait pas les emprunts, parce que, selon son mot, « il ne voulait pas manger l'avenir », et aussi parce qu'il ne croyait guère au crédit7'. En 1815, il ne voulait pas non plus augmenter les impôts de peur de se dépopulariser. Loin de chercher des ressources dans de nouvelles taxes, il supprima le droit de circulation sur les boissons, l'exercice à domicile et, dans les communes de moins de 4,000 habitants, les droits d'entrée sur les liquides5. Cette réforme, que l'histoire n'a pas enregistrée, au milieu de si grands événements, eut cependant de l'action sur l'opinion. Les Bourbons qui avaient solennellement

1. Etat des places au 15 juin. (Arch. Guerre.) Napoléon, Mém. pour servir à V histoire en 1815, 3G-38. Rapports de l'intendant général Daure, 4 et 12 juin. (Arch. Guerre et Arch. nat. AF. IV, 1938.)

2. Davout à Napoléon, 28 mars. (Arch. nat. AF. IV, 1941.) Cf. Carnot. Exposé de la situation de V Empire. [Moniteur, 15 juin.) — Ce budget, d'abord fixé à 200 millions (Loi du 23 sept. 1814), avait été jugé insuffisant par Soult, et une augmentation de 98,052,000 francs devait être demandée aux Chambres de Louis XVIII.

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