DISCUSSION ENTRE GÉRARD ET GROUCHY
bilité. Plutôt que suivre les conseils hasardeux de ses généraux, ne valait-il pas mieux s'en tenir aveuglément à la lettre des instructions de l'empereur, qui le couvriraient quoi qu'il advînt? Il dit :
« — L'empereur m'a annoncé hier que son intention était d'attaquer l'armée anglaise, si Wellington acceptait la bataille. Donc je ne suis nullement surpris de l'engagement qui a lieu en ce moment. Si l'empereur avait voulu que j'y prisse part, il ne m'aurait pas éloigné de lui au moment même où il se portait contre les Anglais. D'ailleurs, en prenant de mauvais chemins de traverse, détrempés par la pluie d'hier et de ce matin, je n'arriverais pas en temps utile sur le lieu du combat1. »
Le général Battus conclut comme Grouchy :
« — Les chemins seraient bien difficiles. L'artillerie ne s'en retirerait pas 2. »
« — Avec mes trois compagnies de sapeurs, riposta le général Valazé, je me charge d'aplanir bien des difficultés 3. »
« — J'arriverai toujours avec les coffrets ! » s'écria Gérard 4.
Valazé, ayant de nouveau consulté son guide, qui attesta que la marche serait peu de chose, reprit :
« — Les sapeurs peuvent faire beaucoup de passages 5. »
Gérard s'animait ùd plus en plus :
1. Grouchy, Relat. suce., 33, et Déclaration du colonel de Blocqueville. (Id., App. V, 5.) Lettre précitée de Valazé. Cf. Grouchy à Napoléon, Rosieren, 19 juin.
2. Lettres de Valazé et de Déniée. Grouchy, Relat. suce., 33. — Thouvenin, qui bien que se trouvant dans le jardin n'entendit pas la discussion rapporte que Baltus lui redit ces paroles quand on quitta Walhain.