‹ 1815 (volume 2)Chapitre 166 sur 271 · Lettre de Valazé. Grouchy, Relat. suce · texte numérisé non relu

Lettre de Valazé. Grouchy, Relat. suce

« — Monsieur le maréchal, dit-il, il est de votre devoir de marcher au canon1. »

Offensé que Gérard se permit de lui faire la leçon, et cela à haute voix en présence d'une vingtaine d'officiers, Grouchy répliqua d'un ton sévère, de façon à clore la discussion2 :

« — Mon devoir est d'exécuter les ordres de l'empereur, qui me prescrivent de suivre les Prussiens; ce serait enfreindre ses instructions que d'obtempérer à vos avis3. »

A ce moment survint un aide de camp d'Exelmans, le commandant d'Estourmel. Il annonça qu'une forte arrière-garde prussienne était en position devant Wavre. Cet officier était chargé de dire aussi que, d'après tous les indices, l'armée ennemie avait passé le pont de Wavre dans la nuit et la matinée pour se rapprocher de l'armée anglaise et que, en conséquence, le général Exelmans pensait à se porter par Ottignies sur la rive gauche de la Dyle. Ces nouveaux renseignements et l'avis exprimé par Exelmans étaient autant de raisons à l'appui du conseil de Gérard. Mais pour Grouchy, toujours persuadé que les Prussiens avaient gagné Wavre en vue d'une retraite vers la Chyse, la présence de leur arrière-garde dans cette ville confirmait ces présomptions. Il se félicitait d'avoir résisté à Gérard puisque les ordres de l'empereur étaient de suivre l'armée prussienne, et qu'il allait enfin pouvoir atteindre cette insaisissable armée. Il dit à d'Estourmel qu'il donnerait lui-même

1. Grouchy, Jtelat. suce, 33. Cf. Questionnaire à Bella. (Relat. suce, App. IV, 45.)

2. Rapport de Grouchy à Napoléon, Rosieren, 19 juin. (Arch. Guerre.) Questionnaire à Bella. {Relat. suce, App. IV, 34.)

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