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LA DERNIERE REVUE

battant la botte rigide ; les chevau-légers-lanciers, verts comme les chasseurs et ayant comme eux la cliabraque en peau de mouton, mais se distinguant par le casque à chenille, la coupe et la couleur du plastron; les cuirassiers qui portent le court habit bleu impérial à collet, retroussis et garnitures d'entournures rouges ou jaunes, selon les régiments, la culotte blanche, la haute botte, la cuirasse et le casque d'acier à cimier de cuivre et à crinière flottante ; les carabiniers, géants de six pieds, vêtus de blanc, cuirassés d'or, coiffés, comme des héros antiques, de grands casques à chenille rouge. La garde à cheval se déploie en troisième ligne : dragons avec l'habit vert à revers blancs et le casque à plumet rouge ; grenadiers avec l'habit bleu à parements écarlates, la culotte de peau, les contre-épaulettes et les aiguillettes jaune orangé, le grand bonnet d'ours à plumet et à fourragère ; les lanciers qui ont la kurka rouge à plastron bleu, les épaulettes et les aiguillettes jonquille, le pantalon rouge à bande bleue, le shapska rouge qu'orne une plaque de cuivre à l'N couronné et que surmonte un plumet tout blanc, haut d'un demi-mètre; enfin, les chasseurs aux dolmans verts garnis de tresses orange, aux pelisses rouges bordées de fourrure, aux kolbachs à flamme écarlate et à grand plumet vert et rouge. Sur les épaulettes, les tresses, les galons, les brandebourgs des officiers, ruissellent l'or et l'argent.

Par la route de Bruxelles débouchent d'autres troupes. Il arrive des hommes et des chevaux et des canons d'aussi loin que porte la vue : les nombreux bataillons de Lobau, les chasseurs de Domon, les lanciers de Subervie, l'artillerie à pied dans son

sévère uniforme bleu foncé relevé de rouge, l'artillerie à cheval, le devant du dolman couvert de brandebourgs écarlates; la jeune garde, tirailleurs à épauleltcs rouges, voltigeurs à épaulettes vertes; les canonnicrs à pied de la garde, coiffés du bonnet d'oursin et marchant près de ces redoutables pièces de 12 que l'empereur nomme « ses plus belles filles ». Tout à fait en arrière s'avancent les colonnes sombres de la vieille garde. Chasseurs et grenadiers ont la tenue de campagne : pantalon bleu, longue capote bleue à un rang de boutons, bonnet à poil sans le plumet ni le cordon. Leur uniforme de parade pour l'entrée triomphale à Bruxelles est dans leur havresac, ce qui leur fait, avec leur équipement, leurs armes et leur cinquante cartouches, une charge de soixante-cinq livres. On ne distingue les grenadiers des chasseurs que par leur taille plus élevée, la plaque de cuivre de leur oursin et leurs épaulettes qui sont toutes rouges, tandis que celles de leurs camarades ont le corps vert et les franges rouges. Les uns et les autres portent la queue et la poudre et ont aux oreilles des anneaux d'or massif du diamètre d'un petit écu. Les tambours battent, les trompettes sonnent, les musiques jouent: Veillons au salut de l'Empire. En passant devant Napoléon, les porte-aigles inclinent les drapeaux, — les drapeaux du Champ de Mai, les drapeaux neufs, mais déjà baptisés à Ligny par le feu et par le sang, — les cavaliers brandissent leurs sabres, les fantassins agitent leurs shakos au bout des baïonnettes. Les acclamations dominent et étouffent les tambours et les cuivres. Les Vive l'empereur ! se suivent avec une telle véhémence et une telle rapidité qu'ils

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