‹ 1815 (volume 2)Chapitre 179 sur 271 · ORDRE DE BATAILLE DE L ARMÉE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

ORDRE DE BATAILLE DE L ARMÉE FRANÇAISE

empêchent d'entendre les commandements. « Jamais, dit un officier du 1er corps, on ne cria : Vive l'empereur! avec plus d'enthousiasme; c'était comme un délire. Et ce qui rendait cette scène plus solennelle et plus émouvante, c'est qu'en face de nous, à mille pas peut-être, on voyait distinctement la ligne rouge sombre de l'armée anglaise ]. » L'infanterie de d'Erlon et l'infanterie de Reille se déployèrent en première ligne, à la hauteur de la Belle-Alliance : les quatre divisions de d'Erlon, sur double profondeur, la droite face à Papelotte, la gauche appuyée à la route de Bruxelles ; les trois divisions de Reille dans la même formation, la droite à cette route, la gauche non loin de la route de Nivelles. La cavalerie légère de Jacquinot et la cavalerie légère de Pire, en bataille sur triple profondeur, flanquèrent la droite de d'Erlon et la gauche de Reille. En seconde ligne, l'infanterie de Lobau s'établit en colonne double par division le long et à la gauche de la route de Bruxelles, et la cavalerie de Domon et de Subervie se plaça en colonnes serrées par escadron le long et à la droite de cette chaussée. Prolongeant la seconde ligne, les cuirassiers de Milhaud et de Kellermann étaient en bataille sur double profondeur, ceux-là à la droite, ceux-ci à la gauche. La garde impériale resta en réserve près de Rossomme : l'infanterie (jeune garde, moyenne garde et vieille garde) sur six lignes, chacune de quatre bataillons déployés, des deux côtés de la route de Bruxelles ; la cavalerie

l.Gourgaud, 91. Napoléon, Mém., 132-133. Petiet, 213. Mauduit, II, 248, 271. Pontécoulant, 261. Souvenirs d'un ex-officier, 284. (Ce témoignage est d'autant plus intéressant que cet officier, appartenant au 4ôe de ligne, était né Suisse. Il s'appelait Martin et mourut pasteur à Genève.) Les Anglais, Siborne (I, 282) et Cotton (51), parlent aussi d'immenses acclamations.

légère de Lefebvre-Desnoëttes (lanciers et chasseurs) sur deux lignes, à cent toises derrière les cuirassiers de Milhaud ; la cavalerie de réserve de Guyot (dragons et grenadiers), également sur deux lignes, à cent toises derrière les cuirassiers de

Kellermann. * .

L'artillerie de d'Erlon était dans les intervalles des brigades, l'artillerie de Reille en avant du front, l'artillerie de Lobau sur le flanc gauche. Chaque division de cavalerie avait près d'elle sa batterie à cheval. Les batteries de la garde se trouvaient tout à fait en arrière entre Rossomme et la Maison-du- Roi La route de Bruxelles et les chemins qui la traversent, laisses libres à dessein, permettaient de porter rapidement sur tous les points les renforts

d'artillerie1.

11 y avait là environ 74,000 hommes2 et 246 bouches à feu3. De l'autre côté du vallon à d,300 mètres à vol d'oiseau, étaient masses 67,000 Anglo-Alliés. Jamais dans les guerres de la Révo-

1 Napoléon, «*»., 128-132. Cf. Gourgaud, 87-88 et les relations précitées de Reille, de Foy, du général Petit, de Stuers, etc.

9 Corns d'Erlon : 20,531 hommes. .

Corps Reille (moins les débris de la division Girard, laisses a Ligny pour assurer les lignes de communication): 16,774 hommes.

Corps Lobau (moins ladivision Teste détachée sous les ordres de Pajol) :

7,861 hommes.

Garde impériale : 20,000 hommes.

3. et 4- corps de cavalerie (cuirassiers de Milhaud et de Kellermann):

6'5D?v!sZmde cavalerie Domon (détachée du corps Vandamme) :

''ZSoÏÏe' cavalerie Subervie (détachée du corps Pajol) : l£»fa«™*

Total : 73,935 hommes (défalcation faite des pertes des 15, 16 et 17 juin).

Cf. l'effectif à l'entrée en campagne et les tableaux des pertes, l»i£>, u,

103\ *f l'entrée en campagne, l'armée avait 50 batteries à 8 pièces ; pour Ijg batteries à pied, à 6 pièces pour les batteries à cheval. (Voir 1815, il, iu*) De cêà 50 batteries, donnant un total de 370 bouches \ feu, je retranche les 8 pièces de la batterie de la division Girard et les ii6 pièces des corps et divisions placés sous le commandement de Grouchy.

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