ATTAQUE DE HOUGOUMONT
y donne assaut. Tandis que le colonel de Cubières est renversé, grièvement blessé, à bas de son cheval, un géant, surnommé Yenfonceur, le lieutenant Legros, du 1er léger,, prend la hache d'un sapeur et brise un vantail de la porte. Une poignée de soldats se précipitent avec lui dans la cour. La masse des Anglais les entoure, les fusille, les extermine ; pas un n'échappe. A ce moment, quatre compagnies de Coldstreams, seul renfort que Wellington, qui voit de loin le combat, mais qui ne s'abuse pas sur l'importance de l'attaque de Hougoumont, a jugé nécessaire "envoyer, assaillent la colonne française. Pris entre deux feux, les bataillons décimés de Jérôme se replient, partie dans le bois, partie vers la route de Nivelles *.
Pendant ce combat, l'empereur préparait sa grande attaque. Il fit renforcer par les batteries de 8 du 1er corps et trois batteries de la garde les vingtquatre pièces de 12, jugées d'abord suffisantes pour canonner le centre de la position ennemie. On forma ainsi, en avant et à la droite de la Belle- Alliance, une formidable batterie de quatre-vingts bouches à feu2. Il était près d'une heure. Ney dépêcha un de ses aides de camp à Rossomme
1. Kennedy, 105-106. Lettres du général Woodford, du capitaine Bull, de l'enseigne Standen, etc. (Waterloo Letters, 258, 261, 264, 265, 268. Cf. 188, 192.) Lettre de Ilervey, aide de camp de Wellington. (Nineteenth Century, mars 1893.) Rapport de Pozzo di Borgo à Wolkonsky, 19 juin. (Papiers du général G.). Mêm. âe Jérôme, VII, 94-95. Mauduit, II, 321, note. Cotton. 57-58. Siborne, I, 395-396.
2. Gourgaud, 92. Pontécoulant, 263. Heymès, 19. Kennedy, 107. Maréchal W. Gomm, Letters, 351.
pour avertir l'empereur que tout était prêt et qu'il attendait l'ordre d'attaquer. Avant que la fumée de tous ces canons eût élevé un rideau entre les deux collines, Napoléon voulut jeter un dernier regard sur Fétendue du champ de bataille f.
A environ deux lieues au nord-est, il aperçut comme un nuage sombre qui semblait sortir des bois de Chapelle-Saint- Lambert. Bien que son œil exercé ne lui permît pas le doute, il hésita d'abord à reconnaître des troupes. Il consulta son entourage. Toutes les lorgnettes de l'état-major se fixèrent sur ce point. Comme il arrive en pareille occurrence, les avis différaient. Des officiers soutenaient qu'il n'y avait pas là de troupes, que c'était un taillis ou l'ombre d'un nuage ; d'autres voyaient une colonne en marche, signalaient des uniformes français, des uniformes prussiens. Soult dit qu'il distinguait parfaitement un corps nombreux ayant formé les faisceaux2.