‹ 1815 (volume 2)Chapitre 190 sur 271 · Voir note 1 de la page précédente · texte numérisé non relu

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2. Soult à Grouchy, 18 juin, une heure. (Citée par Grouchy, Relat. suce, App. I, 21.)

Nous croyons apercevoir ce corps sur les hauteurs de Saint-Lambert. Ainsi ne perdez pas un instant pour vous rapprocher de nous et nous joindre, et pour écraser Biïlow que vous prendrez en flagrant délits »

L'empereur ne fut donc pas autrement déconcerté2. Tout en jugeant que sa situation s'était gravement modifiée, il ne la regardait pas comme compromise. Le renfort survenu à Wellington ne consistait après tout qu'eu un seul corps prussien, car le prisonnier n'avait point dit que toute l'armée suivît Bûlow. Cette armée devait être encore à Wavre. Ou Grouchy allait l'y joindre, l'y attaquer et conséquemment la retenir loin de Bûlow; ou, renonçant à poursuivre Blùcher, il marchait déjà sur Plancenoit par Mousty, comme le supposait le hussard3, et il amenait au gros de l'armée française un renfort de 33,000 baïonnettes. L'empereur, qui se faisait facilement des illusions, et qui voulait surtout en donner aux autres, dit à Soult : « — Nous avions ce matin quatre-vingt-dix chances pour nous. Nous en avons encore soixante contre quarante. Et si Grouchy répare l'horrible faute qu'il a commise en s'amusant à Gembloux et marche avec rapidité, la

1. Soult à Grouchy, 18 juin, une heure. (Citée par Grouchy, Relation succincte, Appendice I, 21.) Cf. Gourgaud, Campagne de 1815, 89, et Napoléon, Mémoires pour servir à l'Histoire, 139.

Il est certain, comme je l'ai dit, que le corps de cette lettre, datée de une heure, fut écrit avant l'apparition des Prussiens, et que le post-scriptum fut écrit après l'interrogatoire du hussard prisonnier. L'intervalle dut être d'un quart d'heure à une demi-heure.

2. Selon Gourgaud (118-119), l'empereur, tout en restant inébranlable dans sa décision de livrer bataille, balança un instant s'il ne porterait pas sa ligne d'opérations sur la route de Nivelles pour déborder la droite anglaise. Par ce moyen, il eût éloigné des Prussiens sa ligne de retraite. Il y renonça dans la crainte de hâter la jonction de Blùcher avec les Anglais et parce qu'il jugea, ce qui était vrai, la droite des Anglais plus forte que leur centre gauche.

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