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Damitz, II, 274. Gourgaud, 94. Relation de Durutte

2. Relation du général Petit (collection Morrisson). Relation de Duuring (comra. par M. de Stuers). Gourgaud, 95. Lettre du général Vivian. (Waterloo Letters, 161.) Damitz, II, 275. Cf. Rapport du prince Bernard de Saxe (cité par Gourgaud, 227). Gourgaud, 95.

La cavalerie de Jacquinot, réduite à 900 sabres et lances, car le 1er hussards de Marbot était détaché à la droite de Domon, dut rester provisoirement dans sa première position, formant l'extrême droite de la ligne de bataille primitive.

3. A l'entrée en campagne, le corps de Bùlow comprenait 30,328 hommes, et il n'avait pas encore été engagé. Le corps de Lobau, déduction faite de la division Teste détachée avec Grouchy, comptait 7,8(i0 fusils; les divisions Domon et Subervie environ 2,200 sabres, en défalquant les pertes subies les 16 et 17 juin.

4. Voir 1815, I, 244, 254, 256 et 416-417. — Le colonel Roussille, qui n'avait point voulu quitter son régiment révolté contre lui à l'entrée de l'empereur à Grenoble, fut tué devant Plancenoit.

parallèle, manœuvra pour déborder la droite du 6e corps. La cavalerie du prince Guillaume de Prusse et l'infanterie de Miller, soutenues par la division Ryssel, se portèrent vers Plancenoit. Lobau craignit d'être tourné; il recula jusqu'à la hauteur du village, qu'il lit occuper par une brigade. Assaillie sur trois points, cette brigade ne put tenir. L'ennemi la refoula hors de Plancenoit où il s'établit et se retrancha. Sur son front, Biïlow canonnait les trois autres brigades de Lobau avec huit batteries, dont les boulets allaient parfois tomber sur la route de Bruxelles, au milieu des bataillons de la garde et de l'état-major môme de l'empereur {.

Au moment où son infanterie abordait Plancenoit, Blûchcr avait reçu un aide de camp de Thielmann. Le commandant du IIIe corps annonçait qu'il était attaque à Wavre par des forces supérieures (c'étaient les 33,000 hommes de Grouchy), et qu'il doutait de pouvoir résister : « — Que le général Thielmann se défende comme il pourra, dit Gneisenau. Il n'importe qu'il soit écrasé à Wavre si nous avons la victoire ici2. »

L'ennemi maître de Plancenoit, Napoléon était débordé et sa ligne de retraite menacée. Il ordonna à Duhesme, commandant la division de la jeune garde, de reprendre ce village. Les huit bataillons, quatre de voltigeurs, quatre de tirailleurs, s'élancèrent au pas de charge. Les Prussiens furent

1. Damitz, II, 274-275, 280-281. Wagner, IV, 76. Gourgaud, 95. Mauduit, II, 390-391. v

L'attaque de Plancenoit eut lieu à 6 heures. (Damitz, II, 281.) Les divisions Ryssel et Hacke avaient débouché du bois de Paris à 5 heures et demie. (Damitz, IV, 279.)

2. Une heure ou deux auparavant, Gneisenau avait déjà envoyé la même réponse à une première dépêche de Thielmann. Relation du lieutenant Wùssow (citée par von Ollech, 195). Wagner, IV, 77. Damitz, II, 281.

délogés des maisons et du cimetière dont ils avaient fait un réduit * .

Les Anglais tenaient toujours. Quand la grosse cavalerie de Kellermann et de Guyot avait débouché dans le vallon, entre cinq heures et cinq heures et demie, les cuirassiers de Milhaud, repoussés de nouveau par les dragons anglais, dévalaient au bas des rampes2. Vite reformés, ils suivirent à la charge ces trois divisions fraîches. Cuirassiers de Lhérilier, de Delort, de Wathier, de Roussel d'Hurbal, chasseurs et lanciers de Lefebvre-Desnoèttes, dragons et grenadiers à cheval de Guyot, plus de soixante escadrons gravissent le plateau. Dans l'état-major ennemi, on s'étonne que l'on engage huit ou neuf mille cavaliers, sur un front où mille tout au plus pourraient se déployer. Ils couvrent tout l'espace entre Hougoumont et la Haye-Sainte. Leurs files se resserrent tellement dans la course que des chevaux sont soulevés par la pression3. Cette masse de cuirasses, de casques et de sabres ondule sur le terrain houleux. Les Anglais croient voir monter une mer d'acier.

L'ennemi renouvelle la manœuvre qui deux fois déjà lui a réussi. Après avoir mitraillé la cavalerie, les canonniers abandonnent leurs pièces et se réfugient dans les carrés. Ceux-ci ouvrent à trente pas des feux de file qui abattent des rangs entiers

1. Wagner, IV, 77. Damitz, II, 280-281. Gourgaud, 95, 96. Cf. Napoléon, Mém., 159. Mauduit, II, 385, 393-394.

2. Lettres du colonel Lautour et du major d'artillerie Bull. (Waterloo Letters, 99, 189.) Kennedy, 116. Mercer, I, 309. Siborne, II, 73.

3. Kennedy, 118. Relation du capitaine de Stuers, des lanciers rouges. (Comm. par M. de Stuers.) Waterloo Letters, 130, 235. Siborne, II, 79.

« comme d'un coup de faux », et ils reçoivent les débris des escadrons sur la triple rangée de leurs baïonnettes. Les charges se succèdent sans interruption. Des carrés subissent cinq, sept, dix, jusqu'à treize assauts. Plusieurs sont bousculés, entamés partiellement, sinon enfoncés et rompus. Un fourrier du 9e cuirassiers prend un drapeau anglais. Le capitaine Klein de Kleinenberg, des chasseurs de la garde, a son cheval tué en enlevant le drapeau d'un bataillon de la Légion Germanique 4. Mais la plupart des carrés restent inforçables. D'instant en instant, ils semblent submergés par les flots de la cavalerie, puis ils reparaissent à travers la fumée, hérissés de baïonnettes étincelantes, tandis que les escadrons s'éparpillent alentour comme des vagues qui se brisent sur une digue.

Les cuirassiers de Lhéritier foncent à travers un labyrinthe de feux sur les carrés de la seconde ligne, les dépassent et sont foudroyés par les batteries de réserve. Tout un régiment converse à gauche, enfile au triple galop la route de Nivelles, sabre les tirailleurs de Mitchel le long du chemin de Braine-L'Alleud, tourne Hougoumont et vient

1. Lettres d'officiers de l'artillerie et des brigades Maitland, Adam et Halkett. (Waterloo Letters, 216, 242, 283, 289-290, 304-305, 311-316, 320, 336, 339, 342). Lettre du colonel Harris, du 73e (citée par Cotton, 112). Rapport d'Alten à Wellington, Bruxelles, 19 juin. Rapport du prince d'Orange au roi des Pays-Bas, Bruxelles, 22 juin. (Wellington, Suppl. Bispatches, 534, 555. Siborne, II, 81, 86, 114. Van Lôben, 291. Relation du général Delort, Dossier de Klein de Kleinenberg. (Arch. Guerre.) Delort cite, en outre, cette attestation : « Reçu un drapeau anglais pris à la bataille de Waterloo par le 9e régiment de cuirassiers, le 26 juin 1815. Pour M. le maréchal (Grouchy), l'aide de camp : De Lafontaine. » — D'après Y Historique du, 10e cuirassiers, un drapeau anglais aurait été pris aussi par le maréchal des logis Gautier.

Les Anglais nient qu'aucun carré ait été même bousculé. Mais le général Delort dit expressément que plusieurs carrés furent entamés, et Jomini reconnaît aussi que trois carrés furent rompus. (Précis de la Camp, de /<?/5, 210-211.) D'ailleurs, si des carrés n'avaient été au moins entamés, comment des drapeaux auraient-ils été pris pendant les charges?

se reformer sur le plateau de la Belle-Alliance. Les dragons de la garde s'engagent contre la brigade de cavalerie légère de Grant, qui, occupée tout l'après-midi à observer les lanciers de Pire en avant de Monplaisir et reconnaissant enfin dans les mouvements de ceux-ci de simples démonstrations, s'est rabattue de l'aile droite sur le centre *. La batterie de Mercer, la seule dont les canonniers soient restés à leurs pièces nonobstant l'ordre de Wellington, se trouve un peu en arrière, le front abrité par un remblai du chemin, les flancs protégés par deux carrés de Brunswick. Les grenadiers à cheval, géants montés sur d'énormes chevaux et grandis encore par les hauts bonnets à poil, s'avancent au trot, en ligne. On dirait un mur qui marche. Sous la mitraille de Mercer, que croisent les feux de file des deux carrés brunswickois, ce mur s'écroule, couvrant le terrain de ses débris ensanglantés. A la seconde charge, c'est une nouvelle boucherie. Le général Jamin, colonel des grenadiers, tombe frappé à mort sur l'affût d'un canon. Devant la batterie s'élève un rempart de cadavres et de chevaux éventrés. « — Vous en avez un bon tas ! » dit en riant, à Mercer, le colonel Wood. Les derniers pelotons de grenadiers franchissent le hideux obstacle, traversent les intervalles des pièces en sabrant quelques canonniers, et vont mêler leurs charges à celles des cuirassiers2.

1. Notes journalières de Foy (précitées). Lettres d'officiers des brigades Grant et Mitchel. {Waterloo Letters, 126, 137, 142, 144, 313-314, 316.) C de W. (Mùffling), 30.

2. Mercer, Journal of the Campaign, I, 311-324. Lettres d'officiers des brigades Grant et du Royal Artillery. {Waterloo Letters, 144, 186, 214-219.) Note de Valéry de Siriaque, aide de camp de Jamin. (Arch. Guerre, dossier de Jamin.)

Trop nombreux pour l'étendue du terrain, tous ces escadrons se gênent mutuellement, se choquent, s'entre-croisent, brisent leurs charges, confondent leurs rangs. Les charges, toujours aussi ardentes, deviennent de moins en moins rapides, de moins en moins vigoureuses, de moins en moins efficaces, par suite de ce désordre et de l'essoufflement des chevaux qui, à chaque foulée, enfoncent dans la terre grasse et détrempée. L'atmosphère est embrasée ; on a peine à respirer, « on se croirait à la gueule d'un four». Le général Donop est blessé, le général Dclort est blessé, le général Lhérilier est blessé, le général Guyot est blessé, le général Roussel d'Hurbal est blessé. Edouard de Golbert charge le bras en écharpe. Blessés aussi les généraux Blancard, Dubois, Farine, Guiton, Picquet, Travers, Wathier. Le maréchal Ney, son troisième cheval tué sous lui, est debout, seul, près d'une batterie abandonnée, cravachant rageusement du plat de son épée la gueule de bronze d'un canon anglais. Tout le champ de bataille est encombré de non-combattants, cuirassiers démontés marchant lourdement sous leur armure dans la direction du vallon, blessés se traînant hors des charniers, chevaux sans cavaliers galopant éperdus sous le fouet des balles qui leur sifflent aux oreilles. Wellington sort du carré du 73% où il s'est réfugié au plus fort de l'action, court à sa cavalerie, la précipite sur ces escadrons épuisés, désunis et rompus par leurs charges mêmes. Pour la troisième fois, les Français

abandonnent le plateau *.

1. Relation de Kellermann. (Arch. Guerre.) Kennedy, 118. Mercer, I, 310. Lettres d'officiers des brigades Grant, Adam, Halkett. (Waterloo Leiters, 142, 144, 302, 305, 328, 339.) Colonel Laborde, Napoléon et sa garde à l'île d'Elbe, 117, note. Siborne, II, 82. Cotton, 94.

Pour la quatrième fois, ils y remontent en criant : Vive l'empereur ! Ney mène la charge à la tête des carabiniers. Il a aperçu au loin leurs cuirasses d'or, il a volé à eux et, malgré les observations du général Blancard qui oppose l'ordre formel de Kellermann, il les entraine avec lui dans la chevauchée de la mort1.

L'acharnement de Ney et de ses héroïques cavaliers, comme lui ivres de rage, touchait à la folie. Cette dernière charge avec des escadrons réduits de moitié, des hommes exténués, des chevaux à demi fourbus, ne pouvait aboutir qu'à un nouvel échec. L'action de la cavalerie sur l'infanterie consiste uniquement dans l'effet moral. Quel effet moral espérer produire sur des fantassins qui venaient d'apprendre en repoussant, par le feu et les baïonnettes, des charges multipliées, que la tempête de chevaux n'est qu'un épouvantail, et qui, dans ces deux rudes heures, longues comme des jours, avaient pris l'assurance de leur invincibilité? C'étaient, au contraire, les cavaliers qui étaient démoralisés par l'insuccès de leurs attaques, la vanité de leurs efforts. Ils chargèrent avec la même intrépidité, non plus avec la même confiance. Ils traversèrent encore la ligne des batteries ; mais, après avoir poussé vainement leurs chevaux harassés sur les carrés, ou à mieux dire sur les remparts de soldats tués et de betes abattues qui en protégeaient chaque face, ils se replièrent d'eux-mêmes, découragés, désespérés, dans le fond du vallon, suivis à distance plutôt que précisément

1. Relation de Kellermann. Kennedy, 119. Notes de Stuers. Siborne, II, 95. Lettres du capitaine Rogers, du Royal Artillery, et d'officiers de la brigade Halkett. {Waterloo Leiters, 235, 318-342.) Fraser, Letters, 559.

refoulés par la cavalerie anglaise, elle-même à bout de forces4.

Ces grandes charges auraient pu réussir, mais à la condition d'être, dans l'instant même, soutenues par de l'infanterie. Tandis que les batteries ennemies, dépassées par les cuirassiers, restaient muettes, les fantassins auraient gravi les pentes sans risque ni pertes, pris position au bord du plateau et abordé les carrés. Les Anglais auraient été contraints ou de soutenir dans une formation vicieuse le feu et les assauts de l'infanterie, ou de se déployer, ce qui les eût mis à la merci des cavaliers. La division Bachelu et la brigade Jannin (division Foy) étaient depuis plusieurs heures à 1,300 mètres de la position alliée, assistant l'arme au bras à ce furieux combat. Elles n'attendaient qu'un ordre pour aller seconder la cavalerie. Ney les oublia. Ce fut seulement après l'échec de la quatrième charge qu'il s'avisa d'utiliser ces six mille baïonnettes. Les six régiments marchèrent par échelons en colonnes de division à demi-distance. Il était trop tard. Les batteries les foudroyèrent, et l'infanterie angloalliée, qui avait étendu en arc de cercle son front vers Hougoumont, les cribla de feux convergents. « C'était une grêle de morts, » dit Foy.

1. Relation de Kellermann. Note du colonel Planzeaux. (Arch. Guerre.) Notes de Stuers. Kennedy, 119. Journal du lieutenant Woodberry, 321. Lettres d'officiers du Royal Artillery et des brigades Dôrnberg et Halkett. {Waterloo Letters, 100, 235, 328, 339, 342. Siborne, II, 82, 90-97.) Rapport d'Alten à Wellington, Bruxelles, 19 juin. Rapport de Somerset, 24 juin. {Dispatches of Wellington, Suppl., X, 534, 578.)

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