DISPOSITIONS POUR L ATTAQUE FINALE
corps de Biilow que Lobau, Duhesme et deux bataillons de la vieille garde suffisent désormais à contenir. L'empereur braque sa lunette du côté des Anglais. Les points d'où partent les feux d'artillerie et de mousqueterie et la direction de ces feux lui servent de repères. A l'extrême droite, la division Durutte, maîtresse de Papelotte et de La Haye, gravit le plateau*. A la gauche, la lutte continue autour d'Hougoumont en flammes; une brigade de Jérôme déborde la position, les tirailleurs français, soutenus par les lanciers de Pire, dépassent la route de Nivelles. Au centre, au-dessus de la Haye- Sainte, d'où l'ennemi est enfin débusqué, les soldats de Donzelot, d'Allix et de Marcognet couronnent les crêtes et pressent vivement les Anglais le long du chemin d'Ohain. Dans le vallon, se rallient six régiments de Bachelu et de Foy ainsi que les débris de la cavalerie 2. La ligne ennemie paraît ébranlée. L'empereur présume que Wellington a engagé toutes ses troupes. Lui a encore sa vieille garde, ses invincibles. C'est l'heure où la victoire indécise se donne au plus acharné. 11 commande à Drouot de faire avancer dans la formation en carrés qu'ils ont prise précédemment neuf bataillons de la garde (des cinq autres, deux doivent rester à Plancenoit, et trois sur le plateau, comme dernière réserve). Il se met à la tête du premier
1. Sauf van Lôben, qui parle par ouï-dire et exprime des doutes, tous les témoignages s'accordent sur ce point, que Durutte, vers 7 heures un quart, s'était emparé de La Haye et de Papelotte. Mùffling, Ausmeinem Leben, 215. Lettre du général Vivian. (Waterloo Letters, 161.) Damitz, II, 287. Von Ollech, 244.
2. Lettres d'officiers des brigades Grant, Kempt et Lambert. {Waterloo Letters, 128, 354, 365, 391.) Rapports de Kempt et de Lambert. Genappo, 19 juin. {Dispatches of Wellington, Suppl., X, 534, 537.) Kennedy, 124, 127. Cotton, 118-121. Siborne, II, 113-116, 121, 146, 152-153. Notes journalières de Foy. Gourgaud, 99. Napoléon, Mém., 152, 153.
carré et descend vers la Haye-Sainte, au fond de la fournaise1.
Au témoignage de l'ennemi2, cette attaque aurait pu être décisive une demi-heure auparavant, quand Ney demandait du renfort. Le moment est passé. Tandis que Morand a repris Plancenoit, pendant même le temps si court où la garde s'est formée et mise en mouvement, Wellington a rassis sa position. Pour renforcer son centre chancelant et près de se rompre, il a rappelé de sa gauche la brigade Wincke, de sa droite quatre bataillons de Brunswick dont il a lui-même pris le commandement. Secondées par ces troupes fraîches, les brigades Kempt, Lambert, Pack et Best, à l'est de la route de Bruxelles, et les brigades Kruse et Halkett, à l'ouest de cette route, ont fait une vigoureuse contreattaque et refoulé les fantassins de Donzelot, d'Allix et de Marcognet. Pendant que ces soldats se replient au bas des rampes en tiraillant, les Anglo- Allemands réoccupent les bords du plateau, et leurs batteries, délivrées de la fusillade à courte distance, éteignent le feu des pièces établies à la Haye-Sainte3. En même temps, la division hollandobelge de Chassé arrive de Braine-L'Alleud, et les six régiments de cavalerie de Vandeleur et de Vivian, qui, prévenus de l'arrivée imminente du corps prussien de Zieten, ont quitté leur poste de
1. Gourgaud, 99. Napoléon, Mém., 159-160. Rogniat, Réponse aux notes de Napoléon, 277-278. Relation du général Petit (collection Morrisson, de Londres).
Dans la Relation de V Ambigu, de Londres, tome LU, 43'*, il est dit que dans l'armée on commençait à murmurer contre l'inaction de la garde à pied.
2. Kennedy, llùgel, Freemantle, Mûffling, Cotton, Siborne. Voir notre note de la page 382.
3. Kennedy, 127-128. Lettres d'officiers des brigades Adam, Halkett et Lambert. {Waterloo Letters, 300, 328, 342, 391.) Cotton. 119. Siborne, II, 116. Gourgaud, 100.