‹ 1815 (volume 2)Chapitre 222 sur 271 · L ASSAUT DE MONT-SAINT-JEAN · texte numérisé non relu

L ASSAUT DE MONT-SAINT-JEAN

du 52e anglais. Conduit au major de ce régiment qui causait avec le colonel Fraser, commandant l'artillerie légère, il s'écria : « — Vive le roi ! Préparez-vous ! ce b... de Napoléon sera sur vous avec la garde avant une demi-heure l. » Le colonel Fraser rejoignit Wellington pour lui transmettre l'avis. Le duc parcourut la ligne de bataille, depuis la route de Bruxelles jusqu'à la route de Nivelles, donnant ses derniers ordres. La brigade Adam et la brigade des gardes de Maitland, qui avaient rétrogradé dans un pli de terrain pour se mettre à l'abri des boulets, reprirent leurs positions. La brigade hanovrienne William Halkett et la brigade allemande de Duplat prolongèrent la droite d'Adam, vers Hougoumont. La division hollando-belge de Chassé vint s'établir : la brigade d'Aubremé derrière les gardes de Maitland, ayant derrière elle la cavalerie de Vivian ; la brigade Ditmer au dos des trois bataillons de Brunswick postés à la gauche de la brigade anglaise Colin Halkett. La cavalerie de Vandeleur se déploya à l'ouest de la route de Bruxelles, au soutien des bataillons décimés d'Ompteda et de Kruse et d'un autre bataillon de Brunswick. Les trois batteries laissées jusqu'alors en réserve s'avancèrent sur le front. Il fut prescrit aux canonniers de ne plus répondre à l'artillerie française et de concentrer leur feu sur les colonnes d'assaut. On devait tirer jusqu'aux dernières gargousses2.

1. Frazer, Letters, 552. Lettres du général Adam, du major Blair et du colonel Colborne. {Waterloo Letters, 276, 280, 283.)

Le plus singulier, c'est que cet officier avait vaillamment chargé deux fois les Anglais. Revenu, de longues années après, visiter le champ de bataille, il y rencontra l'ex-scrgent du 23e dragons, Cotton, devenu guide à Waterloo. Il lui expliqua qu'il n'avait pas déserté plus tôt, parce qu'il espérait entraîner avec lui plusieurs de ses camarades. (Cotton, A voice of Waterloo, 126.)

2. Lettres d'officiers des brigades Vandeleur, Vivian, Maitland, Adam et

Il semble que Ney donna une mauvaise ordonnance et une mauvaise direction à la garde. Au lieu de former une seule colonne, assez puissante pour percer la ligne ennemie, le maréchal laissa les bataillons divisés. Au lieu de monter des fonds de la Haye-Sainte droit au plateau par la route de Bruxelles, où la colonne aurait eu à peine quatre cents mètres à parcourir et où les remblais l'auraient protégée contre les feux en écharpe de l'artillerie, il y marcha de biais, par les pentes découvertes qu'avaient gravies les cuirassiers dans leur première charge *.

Les cinq bataillons de la moyenne garde, formés en autant de carrés, s'avancèrent par échelons, la droite en tête. Entre chaque échelon, les canonniers à cheval de la garde menaient deux pièces de 8, au total une batterie complète sous les ordres du colonel Duchand. Dans cette marche oblique, à peu près analogue au mouvement « Vers la gauche, en avant en bataille », tous les échelons ne conservèrent pas leur intervalle. Le quatrième se rapprocha du troisième. Bientôt les cinq échelons n'en formèrent plus que quatre: à droite, le 1er bataillon du 3e grenadiers; au centre, l'unique bataillon du 4e grenadiers ; plus à gauche, les 1er et 2° bataillons du 3e chasseurs; à l'extrême gauche, le 4 e chasseurs réduit à un seul bataillon2.

rlu Roval Artillery. (Waterloo Letters, 104, 179, 187, 194, 228, 237, 244, 27G, 277, 280, 291.) Cf. Kennedy, 126-127; van Lôben, 285, 298, 301 ; le plan et la notice de Craan et les lettres de Chassé à lord Hill, et de lord Hill à Chassé, 5 et 11 juillet (citées dans la Relotion belge de la bataille de Waterloo, 10-12).

1. Cette remarque est du colonel Kennedy, aide de camp d'Alleu, Notes on Battle of Waterloo, 130.

2. Je suis la relation très précise et très détaillée du général Petit (collection Morrisson, de Londres), lequel assista à la formation de ces carrés, les vit s'ébranler et peut-être gravir le coteau de Mont-Saint-Jean, et recueillit ensuite des renseignements complémentaires de la bouche même des officiers survivants. Il paraît donc certain que les bataillons mar-

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