‹ 1815 (volume 2)Chapitre 224 sur 271 · LASSAUT DE MONT- SAINT- JE AN · texte numérisé non relu

LASSAUT DE MONT- SAINT- JE AN

des batteries Gleeves et Lloyd, qu'abandonnent les canonniers ; et, par une légère conversion, il se dirige vers la gauche de la brigade Halkett. Les 30e et 73e anglais reculent en désordre. Friant, blessé d'un coup de feu, quitte le champ de bataille er> croyant à la victoire. Mais le général belge Chassé, un des héros d'Arcis-sur-Aube (il servait alors dans les rangs français !), fait avancer à la droite des 30e et 73e la batterie van dcr Smissen, dont le feu écharpe les assaillants. Puis il porte délibérément à la gauche des deux régiments anglais la brigade Ditmer, forte de 3,000 hommes, la lance à la baïonnette contre le faible carré, le rompt, le disloque, l'écrase sous la masse et en rejette les débris au bas des rampes *.

1 . Sur le repousseraient des Brunswickois et la prise de la batterie : — Lettres du colonel Taylor et du capitaine Mac-Ready. (Waterloo Letters. 172, 330, 332.) Relation du général Petit. Van Lôben, 296-297. Damitz, II, 288.

Sur l'attaque contre la gauche de Halkett et la confusion des 30e et 73e: — la note des Waterloo Letters, 319, les lettres du major Luard, du colonel Gawler, du colonel Kelly et du capitaine Mac-Ready. (Waterloo Letters. 121, 291, 330-331, 341.) Après avoir parlé du fléchissement des 30e et 73e, Mac-Ready dit : « Je vous prie de tenir cela secret. » Mac-Ready ajoute : « Les morts et les blessés qui restèrent devant nous appartenaient à la moyenne garde. » (Dans la Relation précitée de X United Service Gazette, il est dit aussi que tous les morts couchés devant le front de la brigade Hatkett étaient des grenadiers de la garde.) Le major Luard dit : « Je crus un instant l'infanterie repoussée. La colline me sembla au moment d'être emportée par l'ennemi. »

Sur l'action de la batterie van den Smissen et la charge de la brigade Ditmer : — Lettre de Chassé à lord Ilill et réponse de lord Hill, 5 et 11 juillet 1815 (citées dans la Relation belge de la bataille de Waterloo, 9, H), la Relation précitée de Y United Service Gazette, et les lettres du colonel Taylor, du lieutenant Anderson et du capitaine Mac-Ready. (Waterloo Letters, 172, 330, 338.) Anderson dit qu'il y avait un corps étranger derrière la gauche de Halkett, et Mac-Ready que la garde impériale qui attaquait l'infanterie de Halkett disparut subitement. Le corps étranger était la brigade belge Ditmer, et si la garde disparut soudain, c'est qu'elle fut refoulée par ce corps étranger.

Les historiens anglais, qui voudraient faire croire que l'armée anglaise a gagné la bataille à elle seule, ne font aucune mention de la charge des Belges. Ils s'efforcent même d'établir une confusion entre la 2e brigade de Chassé (d'Aubremé), laquelle, bien que placée en seconde ligne, fut au moment de lâcher pied ( Waterloo Letters, 104, 108, 118), et sa 1" brigade (Ditmer), qui repoussa les grenadiers.

Le bataillon du 4e grenadiers (second échelon) s'est engagé pendant ce temps contre la droite de la brigade Halkett. Sous la mitraille des deux pièces de Duchand et la fusillade des grenadiers, les débris des 33e et 69e régiments fléchissent. Le général Halkett saisit le drapeau du 33e, s'arrête en l'agitant et, par son exemple, retient ses hommes. « Voyez le général ! crie-t-on, il est entre deux feux ! il ne peut échapper ! » En effet il tombe grièvement blessé. Mais les Anglais sont ralliés, ils font ferme. Un vieux soldat dit en mordant sa cartouche : « — C'est à qui tuera le plus longtemps1. »

Les 1er et 2e bataillons du 3e chasseurs (troisième échelon) atteignent presque la crête sans rencontrer aucune infanterie. Ils marchent vers le chemin d'Ohain, éloigné d'eux à peine d'une portée de pistolet. Soudain, à vingt pas, se dresse un mur rouge. Ce sont les 2,000 gardes de Maitland, rangés sur quadruple profondeur. Us attendaient, couchés dans les blés. Au commandement de Wellington lui-même : « — Debout, gardes, et soyez prêts! » ils se sont relevés comme mus par un ressort. Ils mettent en joue, ils tirent. Leur première décharge fauche 300 hommes, près de la moitié des deux bataillons déjà décimés par l'artillerie. Le général Michel tombe frappé à mort. Les Français s'arrêtent, leurs rangs rompus, leur marche obstruée par les cadavres. Au lieu de les lancer instantanément à la baïonnette sans s'inquiéter du désordre où ils se trouvent, les officiers s'efforcent

1. The 5lh Brigade of Waterloo. (United Service Gazette, octobre 1845.) Lettres du lieutenant Gawler et du colonel Kelly. (Waterloo Letters, 291, 340.) Cotton, 123, 134, 136. Cf. la lettre, pleine de réticences, du lieutenant Anderson. (Waterloo Letters, 338.)

Page 1