‹ 1815 (volume 2)Chapitre 27 sur 271 · II, 12 et notes 2 et · texte numérisé non relu

II, 12 et notes 2 et

4. Napoléon, Mém. pour sewir à Vhistoire en 1815, 28. — Si, d'ailleurs, Napoléon ne se trompait que de peu en évaluant à 800,000 hommes l'armée française au 1er octobre, il s'est trompé radicalement dans le détail qu'il en a donné. Son tableau (Annexe B) est de tous points inexact. Il y compte l'armée extraordinaire (gardes nationales, etc.) pour 224,000 hommes seulement et l'armée de ligne pour 584,000 hommes, alors que la ligne et la garde auraient pu s'élever tout au plus à 420,000 hommes.

G. Circulaire de Davout, 28 mars. (Arch. Guerre.)

En outre, une commission composée des généraux Arrighi, Girard, Berthezène, Sébastiani, Lallemand, du colonel Bernard, etc., fut instituée le 2 avril pour reviser les promotions aux grades d'officiers supérieurs et d'officiers généraux, dont les officiers de l'ex-armée impériale avaient été

Mais, comme beaucoup de ces officiers étaient pourvus d'emplois surtout dans la maison militaire et les états-majors, cette destitution en masse ne produisit que peu de vacances dans les corps. Les officiers à la suite suffirent à en compléter les cadres. Les officiers à la demi-solde furent placés dans les bataillons, escadrons et batteries de nouvelle formation, dans la jeune garde et dans les tirailleurs fédérés. Au milieu de mai, 2,500 officiers de cette catégorie, auxquels l'empereur avait d'ailleurs rendu leur solde entière en attendant un emploi, se trouvaient encore disponibles; ils furent dirigés sur les places frontières pour commander les gardes nationales mobilisées *.

Certain du dévouement des officiers qui vivaient en contact immédiat avec la troupe, Napoléon avait des défiances légitimes contre plusieurs colonels et contre beaucoup de généraux. Parmi les porteurs de grosses épaulettes, il y avait eu en 1814 des faiblesses et des trahisons, en 1815 des hésitations et des résistances. De nombreux changements s'impo-

l'objet sous Louis XVIII. (Moniteur, 2 avril. Davout, Corresp., 1617.) Les procès-verbaux de cette commission n'existent pas aux Archives de la Guerre (du moins nous n'avons pu les y découvrir), et les rétrogradations prononcées par elle ne figurent naturellement pas sur les états de service des intéressés, pas plus d'ailleurs que ne sont portées sur d'autres les promotions faites pendant les Cent Jours. Dans une lettre annexée au dossier de Berthezène, ce général dit que le travail de la commission ne fut pas terminé et n'eut aucune suite. Cette assertion concorde avec un rapport adressé de Paris à Wellington, le 22 avril (Dispatches, Supplementary, X, 163), où il est dit : « L'empereur a confirmé presque toutes les nominations dans l'armée et la Légion d'honneur. » — Nous savons cependant, par des rapports de Davout, que la commission, sur 66 officiers supérieurs promus par le roi dans la cavalerie de la ligne, proposa la confirmation de 36 et l'annulation de 30; elle conclut aussi à la rétrogradation comme brigadiers de plusieurs divisionnaires, entre autres de Préval. (Davout à Napoléon, 6 et 28 avril, 28 mai, 7 et 14 juin. Aich. nat. AF. IV, 1940 et 1939.)

1. Circulaires de Lobau et de Davout, 17 et 22 avril (Arch. Guerre). Rapport de Davout, 13 mai. (Arch. nat. AF. IV, 1939.) Cf. Napoléon, Corresp., 21737, et Napoléon à Davout, 20 mars. (Arch. Guerre, carton des lettres de Napoléon.)

saient dans le haut personnel militaire. Mais ce furent bien plutôt les intérêts de l'armée que des rancunes ou des sympathies personnelles qui dictèrent à l'empereur ses exclusions et ses choix. Sans pitié pour les officiers qui s'étaient montrés pendant la campagne de France incapables comme Augereau et Oudinot, ou criminels comme Marmont et Souham, il sut oublier la conduite de ceux qui du 1er au 20 mars avaient tenté de changer son retour triomphal en une misérable aventure. Le colonel Gunéo d'Ornano, qui avait emprisonné vingt-cinq grenadiers dans la citadelle d'Antibes, fut promu général1. Le général Miollis, qui avait mené la garnison de Marseille à la poursuite de la petite colonne impériale, eut le commandement de la place de Metz. Le colonel Roussille, le tenace défenseur de la porte de Grenoble, resta à la tête du 5e de ligne. Le colonel Dubaï en, du 64e, qui avait publiquement donné sa démission à Ney sur la place d'armes de Lons-le- Saunier, fut rappelé à son régiment2. Le général Marchand aurait pu aussi rentrer en grâce, mais il refusa, dit-il, « de figurer sur la liste des traîtres3 ». Resté républicain sous l'empire et converti sous Louis XVIII à la royauté constitutionnelle, Foy ne s'était mis, le 24 mars, à la tête du mouvement bonapartiste de Nantes qu'après avoir tout fait pour l'arrêter. Il n'en fut pas moins pourvu d'une belle division à l'armée du Nord.

1. Notice sur Cunéo d'Ornano, Journal de l'Institut historique, 1er juin 1863. — Cette nomination, non reconnue au retour du roi, comme d'ailleurs toutes celles faites pendant les Cent Jours, ne figure pas sur les états de service de Cunéo d'Ornano.

2. Sur la conduite, au retour de l'empereur, des cinquante ou soixante officiers que je cite ici, voir 1815, I, 207 à 426.

3. Relation de Marchand. (Dossier de Marchand, Arch. Guerre.)

Plusieurs officiers du 10e de ligne, promus par le duc d'Angoulême pendant la campagne du Midi, furent confirmés dans leur nouveau gradée Harispe et Heudelet, très compromis par leurs manifestations bourbonistes, eurent néanmoins un commandement. L'empereur employa Rapp, Belliard, Ruty, Haxo, Kellermann fils, Gourgaud, tout comme s'ils n'avaient point servi dans l'armée rassemblée à Villejuif sous les ordres du duc de Berry. « — Auriez-vous osé tirer sur moi ? » dit Napoléon à Rapp. « — Sans doute, Sire : c'était mon devoir. » Et Napoléon lui donna l'armée du Rhin2.

L'empereur, cependant, destitua ou mit en retrait d'emploi une centaine d'officiers de tout grade3 : Dupont dont la faveur sous Louis XVIII n'avait pas effacé la tache de Raylen ; Dessolles qui avait si bien secondé Talleyrand en avril 1814 ; Reurnonville, Donnadieu et Bordessoulle, émigrés en Belgique ; Maison, également émigré, et qui, sollicité par le Gouvernement impérial de rentrer en France, répondit qu'il n'y reviendrait qu'avec 500,000 baïonnettes4; Gurto dont les furieuses paroles contre

1. Procès-verbaux des Conseils des ministres, 7 juin. (Arch. nat. AF, IV, 990b.)

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