Général Rapp, Mém
3. Napoléon à Davout, 26 mars, 10 avril, 6, 15, 22 mai. (Arch. Guerre, lettres de Napoléon.) Napoléon à Davout, 26, 29 mars, 10, 18 avril, 2, 28 mai. (Arch. nat. AF. IV, 907.) Napoléon, Corresp., 2170ti, 21788, 21820 21964. Davout, Corresp., 1619, 1620, 1654, 1657, 1724, Davout à Napoléon, 26 mars, 16 avril. (Arch. nat. AF. IV, 1939.)
Je dis une centaine d'officiers, mais cette évaluation est certainement audessus de la vérité, car les documents ne mentionnaient en tout que
43 restitutions ou mises en retrait d'emploi, dont celle d'un sous-lieutenant. Il va sans dire, d'ailleurs, qu'il ne faut comprendre dans ce total ni les officiers introduits dans l'armée sous Louis XVIII, et qui la quittèrent en vertu des décrets de Lyon, ni les officiers déserteurs condamnes par les conseils de guerre, ni les officiers proposés par la commission pour une rétrogradation, ni enfin les officiers qui passèrent avec leur grade d'un régiment dans un autre.
4. Napoléon à Davout, 18 avril. (Arch. nat. AF. IV, 907.) — Maison fut destitué par décret spécial. Beurnonville, Donnadieu, Bordessoulle et aussi
Napoléon avaient provoqué la sédition dans la garnison de Thionville; les généraux d'Aultanne, Monnier, Ernouf, Loverdo, Briche et les colonels du 10e de ligne et du 14e chasseurs qui avaient mené la guerre dans le Midi sous le duc d'Angouleme huit jours après que le gouvernement impérial était reconnu par les deux tiers de la France. Sans remords de sa complicité avec Marmont dans la défection d'Essonnes, Souham espérait bien conserver son commandement de Périgueux. Destitué, il se présenta aux Tuileries à une audience publique pour tenter de fléchir Napoléon. « — Que voulezvous encore de moi ? dit l'empereur en se détournant. Vous voyez bien que je ne vous connais plus^ ! »
Sur la demande de Davout et des commandants de corps d'armée, plusieurs colonels, majors, capitaines et lieutenants furent radiés, à cause de leur hostilité persistante. La disgrâce des colonels Moncey, Oudinotet Zoppfell paraît moins explicable. Moncey n'avait fait que chercher à maintenir le 3e hussards dans l'obéissance au roi, et cela jusqu'au 13 mars seulement; or Napoléon s'était montré indulgent à bien des actes analogues2. On ne pouvait reprocher à Oudinot que de porter le nom de son
Clavke perdirent leur grade par le fait même de leur émigration, en vertu du décret du 9 mai 1815 qui remettait en vigueur les lois de l'Assemblée législative contre les émigrés.
1. Davout à Napoléon, 16 avril. (Arch. nat. AF. IV, 1939.) Napoléon, Vile d'Elbe et les Cent Jours. (Corresp., XXXI, 103.) — Ces mots : « Que voulez-vous encore de moi ? » semblent confirmer l'assertion de Fain (Manuscrit de 1814, 242) que Souham, la veille de sa défection, était venu à Fontainebleau demander à l'empereur 6,000 francs que celui-ci lui avait donnés.
Par un hasard, où il entrait de la justice, Souham fut remplacé à Périgueux par Lucotte, le seul des généraux du 6e corps resté fidèle au devoir dans l'inexpiable nuit du 4 avril 1814.
2. Davout pria inutilement l'empereur de conserver son commandement à Moncey (à Napoléon, 26 mars, Arch. nat. AF. IV, 1939).
père, à Zoppfell que d'être un protégé du duc de Feltre. Dénoncé comme royaliste, Bugeaud fut mis en retrait d'emploi par Davout dans le courant d'avril, mais Suchet, Grouchy, Gérard et Bertrand s'empressèrent de réclamer en faveur du « meilleur colonel de l'armée ». Replacé à la tête du 14e de ligne, Bugeaud reçut comme compensation de sa disgrâce momentanée le grade de commandant dans la Légion d'honneur1.
Le général de Bourmont resta aussi privé d'emploi pendant quelque temps. De Lons-le-Saunier il était accouru à Paris auprès de Louis XVIII. L'empereur ordonna son arrestation à la requête de Ney; mais celui-ci s'étant ravisé fut le premier à solliciter Napoléon de rendre un commandement à ce général. Gérard, qui avait eu Bourmont sous ses ordres pendant les campagnes de 1812 et de 1814, le demanda comme divisionnaire dans son corps d'armée. Après avoir hésité très longtemps, l'empereur se laissa convaincre. 11 lui fallut imposer sa volonté à Davout, qui ne céda que sur un ordre formel. « — Gérard répond de Bourmont sur sa tête », dit l'empereur. \ — Gérard a tort, répliqua le prince d'Eckmùhl ; moi, je ne réponds de personne, je ne réponds que de moi2. »
Peu sévère, comme on voit, aux hommes qui avaient voulu le combattre, l'empereur ne prodigua point les récompenses à ceux qui s'étaient les pre-
1. Dossier de Bugeaud (Arch. Guerre) et lettre de Napoléon à Bugeaud, S mai (citée par d'Ideville, le Maréchal Bugeaud, I, 172).
2. Interrogatoire de Ney. (Dossier de Ney, Arch. Guerre.) Gourgaud, Camp, de 1815., 44, note. Montholon, Récits, II, 90. Souvenirs manuscrits de Davout (comm. par le général duc d'Auerstœdt.)
Soult, devenu major-général, demanda que Bourmont quittât l'armée du Nord. (Soult à Davout, 22 mai, Arch. nat. AF. IV, 1949.)
miers compromis pour lui. S'il nomma brigadiers les colonels La Bédoyèrc, déjà proposé d'ailleurs pendant la campagne de France, etMallet, commandant le bataillon de l'île d'Elbe, s'il promut divisionnaire Simmer, qui lui avait amené deux régiments à Lyon, et s'il nomma Brayer pair de France, Dessaix, Girard, Allix, Ameil, Mouton-Duvernet, Gilly, Pire, Proteau, Chartran n'eurent d'avantages d'aucune sorte; ils ne furent employés aux armées que selon les droits stricts de leur grade. Or Dessaix avait accepté le gouvernement de Lyon sept jours avant la rentrée de l'empereur aux Tuileries, Girard avait commandé depuis Avallon rayantgarde impériale, Allix avait proclamé l'empire à Nevers, Ameil avait été arrêté à Auxerre comme émissaire de Napoléon, Chartran devait payer de la vie son dévouement à la cause impériale, Mouton-Duvernet, Gilly, Pire, Proteau avaient ardemment et efficacement secondé Grouchy dans la campagne du Midi contre le duc d'Angoulême. Le général Porret de Morvan qui, pour avoir conduit à Sens les chasseurs à pied de la vieille garde, se flattait de remplacer Gurial comme colonel en premier de ce corps, vit bien Gurial disgracié, mais le commandement des chasseurs passa à Morand *. Le prince Jérôme, tout Altesse Impériale qu'il était, n'eut qu'une division d'infanterie. Merlin, qui avait contraint le gouverneur de Vincennes à capituler, reçut les trois étoiles, mais Sébastiani, qui avait précipité la défection de l'armée du duc de Berry, fut chargé d'une mission
i. Davout à Curial et Curial à Davout, 14, 16, 17 avril. (Arch. nat. AF. IV, 1940.) Général Girod de l'Ain, Souvenirs, 375, 377, 381. - L'empereur retira le commandement à Curial parce que ce général avait tente de s'opposer au départ des chasseurs. Il lui donna peu après une division d'infanterie à l'armée de Suchet.
qu'il regarda, à juste titre, comme indigne de son mérite et de ses services * : l'organisation des gardes nationales dans la 16e division militaire. Exelmans, entré le premier aux Tuileries le 20 mars, eut un corps de cavalerie, mais Kellermann, employé à l'armée de Villejuif, en eut un aussi. Lallemand aîné, l'un des principaux chefs de la conspiration du Nord, devint lieutenant-général ; mais Lefebvre-Desnoëttes et Lallemand jeune furent simplement replacés à la tête des chasseurs à cheval et de l'artillerie à pied de la vieille garde. Après réchauffourée de Compiègne, le colonel Marin était venu à franc étrier rejoindre Napoléon à Auxerre2; il espérait sans doute le commandement de l'artillerie à cheval de la garde, dont il avait été major; c'est le colonel Duchand, de l'artillerie de la ligne, qui y fut nommé.
Des vingt maréchaux de France, trois : Berthier, Marmont, Victor, avaient accompagné ou rejoint Louis XVIII en Belgique ; l'empereur ordonna leur radiation3. Pérignon, qui s'était sottement compro-
1. « ... Je demande un corps d'armée actif ou je réclame ma mise à la retraite. » Sébastiani à Davout, Amiens, 3 mai. (Arch. Guerre )
2. Colonel La Borde, Napoléon et la Garde à Vile d'Elbe^ 116.
3. Napoléon à Davout, 26 mars. (Arch. nat. AF. IV, 907.) Napoléon, Corresp., 21790.
Ces radiations, qui ne furent insérées ni au Moniteur ni au Bulletin des Lois, ne furent point, par conséquent, rendues publiques. Elles consistèrent en une simple lettre d'avis du ministre de la Guerre aux intéressés, les informant qu'ils étaient rayés de la liste des maréchaux et qu'il leur serait accordé une pension en forme de retraite. Voir à ce sujet Davout, Corresp., 1632, 1633, et Davout à Napoléon, 27 avril. (Arch. nat. AF. IV, 1939.)
Annulées par le fait même du retour de Louis XVIII, ces radiations, non plus que les destitutions prononcées pendant les Cent Jours, ne figurent pas sur les états de services des officiers.
mis avec Vitrolles à Toulouse, et Augereau, dont la récente palinodie ne pouvait racheter la conduite pitoyable à la tête de l'armée de Lyon en 1814, furent l'objet de la même mesure '. Napoléon voulut aussi destituer Gouvion Saint-Cyr pour avoir méconnu ses ordres après le 20 mars et fait reprendre la cocarde blanche aux troupes de la 22e division militaire, et le vieux Kellermann, duc de Valmy, comme ayant voté l'acte de déchéance le 1er avril 1814 2. Mme de Gouvion Saint-Cyr écrivit à Davout une lettre qui apaisa l'empereur ; le maréchal en fut quitte pour une villégiature obligatoire dans son château de Reverseaux 3. Napoléon ne donna pas suite non plus à sa première décision à l'égard du duc de Valmy4. Sérurier qui avait, lui aussi, voté comme sénateur l'acte de déchéance, fut maintenu dans ses fonctions de gouverneur des Invalides. L'empereur se contenta de ne point le nommer à la Chambre des pairs, et la leçon était tout de même bien méritée5.
Oudinot, comme Gouvion Saint-Cyr, avait refusé, après le 20 mars, d'obtempérer aux ordres de Napoléon. Il n'avait laissé proclamer l'empire à Metz qu'au moment où allaient l'y forcer la garnison et le peuple en révolte. Relevé de son commandement, il fit tous ses efforts pour rentrer en grâce. Il adressa une lettre à l'empereur, supplia Davout, Suchet, Jacqueminot d'intercéder pour lui. «Rendstoi à l'instant chez l'empereur, écrivit-il à Suchet,