Soult à Grouchy, 5 juin. (Arch. Guerre, Armée du Nord
3. Rapport du chevalier d'Artez, avril (Suppl. Dispatches of Wellington, X, 250.) La Bretonnière, Souv. du Quartier Latin, 202. Cf. le Journal de l'Empire, du 23 mars, et la lettre d'Alexandre Roger insérée dan» le même journal, le 15 avril.
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Paris à Wellington au milieu du mois de mai : « Pour donner une juste idée de l'enthousiasme de l'armée, je n'ai besoin que- de tirer un parallèle entre les époques de 92 et la présente année. Encore la balance sera en faveur de Bnonaparle, car aujourd'hui ce n'est plus de l'enthousiasme, c'est de la frénésie. La cause des soldats, qui n'ont rien à espérer après la chute de leur chef, est inséparable de la sienne. Aussi je ne dois pas dissimuler à Votre Excellence que, quoi qu'en disent les bourbonistes, la lutte sera sanglante et contestée à outrance. » « Les troupes, rapporte le général Hulot, étaient exaltées au plus haut point, leur ardeur était une espèce de fanatisme. » « Le moment d'entrer en campagne, écrit le 15 juin, dans ses notes journalières, le général Foy, est parfaitement choisi. Les troupes éprouvent non du patriotisme, non de l'enthousiasme, mais une véritable rage pour l'empereur et contre ses ennemis. » C'est en toute sincérité qu'un déserteur et un traître, l'adjudant-commandant Gordon, envoie ce renseignement à Giarke : « Le roi, à son retour, devra licencier l'armée et en créer une nouvelle. Les soldats sont forcenés; leur esprit est affreux * . » « L'esprit des soldats est affreux », c'est-à-dire tous les soldats demandent à être passés en revue par l'empereur. Ils reçoivent les nouvelles aigles avec des acclamations enthousiastes et des serments menaçants. Ils répondent aux cris de : Vive l'armée ! par les
!. Rapport du général Hulot sur les opérations de la 3e division du 4e corps (comm. par le baron Hulot). Rapport à Wellington, mai. (Suppl. Dispatches, X, 365. Notes journalières du général Foy (comm. par le comte Foy). Rapport de l'adjudant-commandant Gordon. Gand, '20 juin. (Arch. Guerre, Armée du Nord.) — Cf. Rapport à Wellington, 22 avril (Suppl. X, 163) : « L'enthousiasme dans l'armée est au-dessus de toute expression. » — Bassano à Caulaincourt, 18 juin. (Arch. Aff. étrangères, 1802) : « Notre armée est aussi bonne que dans les temps les plus prospères. »
cris de : Vive l'empereur ! Ils mettent pour les prises d'armes de petits drapeaux tricolores dans les canons de leurs fusils. Ils jurent, les sabres croisés au-dessus des flammes de punch, de vaincre ou de mourir. Ils disent en montrant le buste de l'empereur : « Il sera avec nous ! » Ils élèvent à leurs frais un monument au golfe Jouan. Ils font frapper des médailles commémoratives du retour de Napoléon. Ils abandonnent un jour, deux jours, cinq jours de solde pour les frais de la guerre. Ils quittent leurs o-arnisons et traversent villes et villages en criant: Vive l'empereur I et en chantant le Père la Violette ! Ils déchirent les drapeaux blancs en lambeaux, qu'ils emploient aux plus vils usages. Ils ] arrêtent eux-mêmes les embaucheurs et les bourrent de coups de crosse. Ils arrachent les déserteurs des mains des gendarmes et les dégradent sans autre forme de procès. Ils veulent doubler les étapes pour être aux premières batailles. Ils déclarent qu'ils n'ont point besoin de cartouches puisqu'ils aborderont l'ennemi à la baïonnette. Ils disent « qu'ils se f... de leur peau, pourvu que l'empereur rosse les Alliés1 ».
I Ney à Davout, 23 et 24 mars. Colonel du 67e à Davout, 11 mai. Lettre des' officiers et soldats du 56- à Vandamme, 11 juin. Brune à Davout, 11 iuin Major du 57e à Davout, Strasbourg, 1" juin. Rapp à Davout, 4 iuin Procès-verbaux de remise des aigles aux 6% 52" et 101% 24 juin. Général Théry à Davout, Sarrelouis, 27 mars. Colonel du 106e a Napoléon, 4 iuin. Général de Civray à Brune, Antibes, 7 mai. Maire de Rouen a Davout 24 avril. Gérard à Vandamme, Metz, 2 juin. General Hugo à Davout, Thionville, 8 avril. Rapport de Rovigo, 17 juin. (Arch. Guerre, Corresi) Générale et Armées du Nord, du Rhin et du Var.) Déposition du miior vendéen E. de Marans. (Dossier de Travot, Arch. Guerre.) La Bretonne re, Souv. du Quartier latin, 228, 251, 252. Corresp. des Préfets et rapport de police, avril-juin. (Arch. nat. F. 7, 3774. F. 7, 3740 et F. 7, 3044'). Bulletin de Real, 8 avril. Extrait d'une lettre du colonel Barailon, Lille, 4 mai Napoléon à Fouché, 13 mai. Mouton-Duvernet à Davout, Lyon, 12™!n. (Arch nat. F. 7, 3774. AF. IV*, 00, et AF. IV, 1934, 1937.) - Sur l'abandon des journées de solde, voir 1815, I, 630.
II y aurait aussi à citer les Adresses des régiments à l'empereur (Arch.
Impressionnable, raisonneuse, sans discipline, suspectant ses chefs, troublée par la crainte des trahisons et ainsi accessible peut-être à la panique, mais aguerrie et aimant la guerre, enfiévrée de vengeance, capable d'efforts héroïques et de furieux élans, et plus fougueuse, plus exaltée, plus ardente à combattre qu'aucune autre armée républicaine ou impériale, telle était l'armée de 1815. Jamais Napoléon n'avait eu dans la main un instrument de guerre si redoutable ni si fragile.
nat. AF. IV, 1950), si ces obligatoires assurances de dévouement pouvaient jamais être bien probantes. Celles-ci, cependant, ont un accent de passion qui paraît sincère quand on connaît les sentiments des soldats pour Napoléon. Mais toutes les protestations valent-elles ce simple fait? De vieux soldats — vétérans des armées du Rhin, de Sambre-et-Meuse, d'Italie et, d'Egypte — désignés sur leur demande pour la retraite ou un congé définitif, refusèrent de quitter le régiment lorsqu'ils surent le retour de l'empereur. Il y eut so'xante hommes qui agirent ainsi au 42° et trente au 64e. (Rapports de Daumesnil, Condé, 31 mars, et de Ney, Haguenau 9 avril. Arch. nat. AF. IV, 1950 et AF. IV, 1936.)