Plotho, der Krieq im Jahre
3. Mémorandum de Schwarzenberg, 6 juin. (Suppl. Dispatches, X, 441- 444.) Schwarzenberg à Wellington, Heidelberg, 10 juin. {Dispatches, XII, 440.) Cette armée, qui avait comLattu Murât (1815, I, 465-467), était réduite de 40,000 environ à 25.000 hommes, par suite des pertes qu'elle avait subies au feu et des garnisons laissées à Naples et dans les Duchés.
4. Rapports de Vienne, s. d. (postérieur au 8 avril) ; de Bresson de Valensole, de retour de Vienne, 15 avril. Rapport de l'espion Gottlieb, 3 juin. Rapport de gendarmerie de Givet, 4 juin, etc. etc. (Arch. Guerre.) Rapport? de Dresde, 1er et 3 juin (Arch. nat. AF. IV, 1936). Rapports de Vienne et de Bruxelles, s. d. (vers les 1er mai, 1er juin et 3 juin.) (Arch. Aff. étrang. 1802.) Gazette de Bade, 27 mai. Journal de Francfort, 22 mai.
5. Dans l'exposé de ces plans de campagne, je ne fais que suivre le texte même de Napoléon {Mém. pour servir à l'Histoire en 1815, 51-61), tout en modifiant, d'après les documents d'archives, certaines évaluations d'effectifs et de dates.
rentrer sous Lyon l'armée des Alpes et le corps du Jura ; et à laisser les coalisés s'engager dans le réseau des places fortes, bien approvisionnées el défendues par environ 15CT,000 gardes nationaux mobilisés, militaires retraités, canonniers de la ligne, vétérans, douaniers, gendarmes et gardes nationaux urbains1. Les armées alliées, devant passer les frontières le 1er juillet seulement, ne pourraient arriver dans le rayon de Lyon que le 15 ou le 18 et dans le rayon de Paris que le 25 2. A cette date du 25 juillet, les retranchements de Paris seraient achevés ; la garnison compterait 30,000 hommes de troupes, 18,000 tirailleurs fédérés et 36,000 gardes nationaux. L'armée con-
1. Cette évaluation, comme la plupart de celles données dans ce paragraphe, est forcément approximative, puisqu'il s'agit d'une répartition de troupes pour un plan qui n'a pas été adopté. Voici d'ailleurs les chiffres, exacts ceux-ci, sur lesquels je me fonde. On a vu (1815, II, 11, 34-35) qu'à la mi-juin 135,000 gardes nationaux mobilisés étaient arrivés aux armées, dans les places frontières et dans les dépôts, et que 15,000 avaient été mis en route pour rejoindre les points de concentration. Or j'admets qu'au 1er juillet les deux tiers de ces 150,000 gardes nationaux auraient occupé les places fortes, le troisième tiers restant dans les dépôts de l'intérieur et aux armées du Rhin, des Alpes et des Pyrénées. A ces 100,000 mobilisés, j'ajoute les deux tiers des militaires retraités, des canonniers de la ligne, des canonniers vétérans et canonniers sédentaires, des douaniers, des fusiliers vétérans, etc. (la plupart déjà en garnison dans les places au 15 juin (1815, II, 35), plus 2,000 ou 3,000 gendarmes et 8 ou 10,000 gardes nationaux urbains.
2. Napoléon dit même que les Alliés ne seraient arrivés sous Paris que le 1er août, et il n'exagère guère. Sans doute, après Waterloo, les Prussiens et les Anglais vinrent en neuf jours seulement de la frontière belge à Paris, mais, s'ils ne s'étaient avancés pour ainsi dire en pays conquis, — « la victoire leur donnait des ailes », dit Grolemann, — ils n'auraient certa:nement point marché à l'allure de 25 kilomètres par jour. En outre, ils auraient dû régler leur marche sur celle des Austro-Russes. C'est donc la marche des Austro-Russes qui peut donner des éléments d'évaluation. Or, bien que les armées russe et autrichienne eussent passé la frontière le 23 juin, à la nouvelle de Waterloo, — « qui les avait galvanisées, » dit Mûffling, jusque-là ils n'avaient pas bougé ! ». — Leurs têtes de colonnes n'avaient pas encore, le 10 juillet, dépassé Chàlons (43 lieues de Paris). Si donc les Austro-Russes n'avaient franchi la frontière que le 27 juin, comme le portaient les dispositions primitives, ils n'auraient été à Chàlons que le 14 juillet. En admettant qu'ils eussent fait alors 15 kilomètres par jour, ils n'auraient pu être concentrés sous Paris avant le 25 ou le 26 juillet.
cantrée sous Paris aurait 200,000 soldats1; et il resterait environ 80,000 hommes dans les dépôts2 et 158,000 hommes en recrutement3.
Gomme des 645,000 alliés qui entreraient en France, 75,000 manœuvreraient dans le Lyonnais et la Provence, et que, en raison de la multiplicité de ses lignes d'opérations, l'ennemi laisserait sur ses derrières 150, 000 4 hommes pour assurer ses communications et assiéger ou masquer les places fortes, les quatre grandes armées n'auraient plus, en arrivant entre l'Oise et la Seine, que 420,000 combattants. A ces 420,000 hommes, Napoléon opposerait 200,000 soldats de forces mobiles et le camp retranché de Paris. Il recommencerait la campagne de 1814, mais avec 200,000 soldats au lieu de 90,0005
1. On a vu (1815, II, 35-30) qu'à la date du 15 juin il y avait, indépendamment des armées d'opérations, 13,900 soldats en route pour rejoindre ces armées ; 65,000 soldats dans les dépôts; 8,000 aux hôpitaux ; 19,000 rappelés ayant reçu leurs feuilles de route; et 46,500 conscrits de 1815 (dont une moitié avaient fait la campagne de 1814), réunis aux chefs-lieux des départements ; en tout 152,400 hommes.
On peut donc admettre que, en six semaines, Napoléon aurait pu trouver dans cette masse de 152, 400 soldats au moins 80,000 hommes dont 30,000 auraient formé la garnison de Paris et dont 50,000 auraient renforcé l'armée concentrée sous cette ville. Comme cette armée était composée de l'armée du Nord et de l'armée du Rhin, fortes ensemble au 15 juin de 147,(00 hommes (1815, II, 34), elle eût été portée ainsi à près de 200,000 combattants.
2. 72,000 soldats sur les 152,400 sus-mentionnés et le tiers des 25,000 militaires retraités (1815, II), soit 80,000 hommes environ.
3. 74,000 soldats formant le complément du contingent de 1815 et 84,000 hommes formant le complément de la levée des gardes nationales mobiles. ( 1815, II, 38-39.)
4. Napoléon, Mèm. pour servir à l'Histoire, 55. — Le général Berthaut (Principes de stratégie, 26) évalue même ce nombre à 180,000. Les documents étrangers nous apprennent, en effet, que le projet des Alliés était d'observer presque toutes les places et d'en assiéger un assez grand nombre pour se faire « une base solide, eine solide Basis ». Cf. Mémorandums de Wellington, Bruxelles, 12 avril, et Heidelberg, 6 juin. Lettre du même à Steewart, 8 mai. (Dispatch.es, XII, 359-362 et Sujwl. X, 44n.) Grolemann à Schwarzenberg, Liège, 20 mai (cité par von Ollech, Geschichte des Felzxiges von 1815, 50).
5. Pendant la campagne de France, Napoléon n'eut jamais plus de 90,000 hommes opérant entre l'Aisne, la Marne et l'Aube sous son commandement immédiat et sous celui de ses lieutenant» Macdonald, Oudinot,
et avec Paris fortifié, défendu par 80,000 hommes et ayant pour gouverneur l'habile capitaine d'Auerstaedt et d'Eckmiïhl, le rude défenseur de Hambourg, Davout.
Le second plan, plus hardi, plus conforme au génie de Napoléon, au tempérament français et môme aux principes de la grande guerre, mais terriblement plus hasardeux, était d'attaquer l'ennemi avant que ses masses fussent réunies. Au 15 juin, l'empereur pourrait concentrer sur la frontière du Nord une armée de 125,000 hommes. Il entrerait en Belgique, y battrait tour à tour les Anglais et les Prussiens séparés, puis, après avoir reçu de nouveaux renforts des dépôts, il ferait sa jonction avec les 23,000 hommes de Rapp et se porterait contre les Austro-Russes.
Sans doute, si l'empereur n'avait eu à envisager que la question militaire, il aurait adopté le premier plan dont le succès paraissait certain1. Mais il n'avait plus sa liberté d'action de 1805, ni môme de 1812. Il devait, lui chef d'armée, compter avec l'opinion publique. Quelle impression produirait dans le pays l'abandon sans défense de près d'un tiers du territoire, et précisément des provinces les plus patriotes, les plus dévouées à la cause impériale2! N'allait-il pas provoquer partout le découragement et la désaffection, porter jusqu'à
Mortier et Marmont. A Brienne, l'Empereur avait 60,000 hommes; à Champaubert, à Montmirail et à Vauchamps, 24,000; à Montereau 40,000; à Craonne, '25,000; à Laon 38,000 ; à Arcis-sur-Aube 17,000 le premier jour et 28,000 le second. Voir 1814, passim.
1. Napoléon, Mém., 56-57. — Clausewitz (Der Feldzug von 1815, 19) et Jomini (Précis de la Camp, de 1815, 141) sont d'avis qu'au point de vue militaire le plan défensif eût été préférable. Davout, au contraire, pensait que le seul parti à prendre était l'offensive. (Souvenirs manuscrits communiqués par le général duc d'Auerstaedt.)