‹ 1815 (volume 2)Chapitre 46 sur 271 · Gourgaud, Camp, de 1815, 30. Napoléon, Mém · texte numérisé non relu

Gourgaud, Camp, de 1815, 30. Napoléon, Mém

l'hostilité le mauvais vouloir de la Chambre, étendre dans l'Ouest et rallumer dans le Midi les foyers d'insurrection ? L'empereur sentait que, pour relever les cœurs, pour imposer aux mécontents et aux factieux, il faudrait, dès l'ouverture des hostilités, une victoire éclatante. D'ailleurs, s'abandonnant à ses coutumières illusions, il s'imaginait que cette victoire pourrait être assez décisive pour dissoudre la coalition. Les Belges, pensait-il, se rangeront sous les drapeaux français, et la destruction de l'armée de Wellington entraînera la chute du cabinet tory auquel succéderont des ministres partisans de la paix. S'il en va autrement, l'armée, victorieuse en Belgique des Prussiens et des Anglais, vaincra aussi en France les Russes et les Autrichiens4. Au pis-aller, en admettant un échec à la frontière belge, on se repliera sous Paris pour opérer selon le plan défensif2. L'empereur, du reste, ne se dissimulait pas qu'après une défaite en Belgique les chances de succès de son premier plan, auquel il faudrait revenir, seraient bien diminuées. On aurait perdu du monde, affaibli le moral de l'armée et du pays, provoqué les Alliés à avancer de quinze jours leur entrée en France et, forcément, négligé un peu, faute de pouvoir tout faire à la fois, l'organisation de la défense3.

L'empereur médita longuement ces projets4. Quand il se fut déterminé pour l'offensive, il hésita encore quelques jours sur le point où il frapperait ses premiers coups5. Pour le succès de son plan,

Page 1