‹ 1815 (volume 2)Chapitre 73 sur 271 · Heymès, Relation · texte numérisé non relu

Heymès, Relation

Heymès, mais à sept heures au plus tard comme on vient de le voir, il pouvait difficilement songer à enlever cette position avec deux régiments de cavalerie et un bataillon. Mais si dès cinq heures de l'après-midi, étant à Gosselies, il avait mis en marche sur la route de Bruxelles le quart seulement des troupes que l'empereur lui avait confiées, soit deux divisions de cavalerie, deux d'infanterie et quatre batteries \ avant neuf heures il eût exterminé aux Quatre-Bras avec ces 14,000 hommes les 4,500 fantassins du prince Bernard de Saxe dont la plupart n'avaient que dix cartouches2. En arrêtant le corps de Reille autour de Gosselies, Ney, pour la première fois de sa vie, avait cédé à la prudence. Il avait renoncé à occuper les Quatre-Bras, sinon par un poste de cavalerie au cas où ce point ne serait pas défendu. Il avait jugé que ce serait compromettre son corps d'armée que de le porter en flèche, à quatre lieues de l'aile droite, dans une position où l'on pouvait se trouver aux prises avec toutes les forces de Wellington. Des stratégistes ont déclaré que Ney agit selon les vrais principes de l'art de la guerre. C'est bien possible. Mais si le prince Bernard de Saxe-Weimar avait entendu ces principes-là, il n'aurait pas obéi à l'inspiration de marcher aux Quatre-Bras avec quatre bataillons, au risque d'y être écrasé par toute l'armée française.

1. Dans ce cas, les deux autres divisions du corps de Reille se fussent portées à Mcllet et elles eussent été remplacées à Gosselies par les deux premières divisions du corps de d'Erlon. On a prétendu que d'Erlon était très en arrière. C'est une erreur. Ses troupes serraient sur le 2e corps, mais voyant que ce corps s'était arrêté à Gosselies, & ne poussa pas plus loin que Jumet (2 kil. de Gosselies) où il prit gîte dans cette nuit du 15 au 1G. (D'Erlon à Soult, Marchienne, 16 juin, 4 heures et demie du soir et 9 heures du soir. Arch. Guerre.)

2. Rapport du prince de Saxe-Weimar, Quatre-Bras, 9 heures du soir cité par van Lôben, 134).

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