‹ 1815 (volume 2)Chapitre 84 sur 271 · Damitz, I, 85. Cf. von Ollech · texte numérisé non relu

Damitz, I, 85. Cf. von Ollech

6. Bùlow à Blùcher, Liège, 15 juin. (Cité par von Ollech, 106-107.) — Le retard de Bùlow a été presque autant commenté par les Allemands que

30,000 baïonnettes qui allaient manquer à Bliieher. Il était déterminé à accepter quand môme la bataille, comptant d'ailleurs sur la coopération plus ou moins prompte, plus ou moins active, de l'armée anglo-néerlandaise <. Les deux généraux en chef n avaient-ils pas convenu le 3 mai, à Tirlemont, de se porter mutuellement appui si Napoléon prenait l'offensive 2, et Wellington ne venait-il pas de dire (le 13 juin, dans la soirée) au colonel de Pfùell, envoyé par Blùcher : « Mon armée sera concentrée à Nivelles ou aux Quatre-Bras, selon les circonstances, vingt-deux heures après le premier coup de canon3. »

Il y avait un peu de diplomatie dans les promesses de Wellington. La retraite de Bliieher sur Liège eût laissé l'armée anglaise seule devant Napoléon et l'eût mise dans l'alternative d'accepter la bataille avec une grande infériorité de forces ou de se replier sur sa base d'opérations en découvrant

ceux de Ney et de Grouchy l'ont été par les Français. Voir von Ollech, 90- 91, 99, 106-107.

1. Clausewitz, Wagner, Damitz, Delbru^k prétendent que Blûcher ne se décida à accepter la bataille que le 16 juin à 2 heures après midi, quand il eut reçu de Wellington la promesse formelle du concours des Anglais. C'est une façon de justifier la témérité de Bliieher et d'excuser sa défaite. Comme on le verra plus loin, la promesse verbale de Wellington fut non point formelle, mais purement conditionnelle. Ensuite, les documents originaux témoignent que, bien avant son entrevue avec Wellington, Bliieher était résolu à tenir dans la position de Sombreffe. Les ordres des 14 et 15 juin (cités par von Ollech, 90-92, 97-99, 104-107) sont conçus en vue d'une action sur ce point. Le 15 juin à midi, Blûcher écrit à Mûffling : « J'ai l'intention d'accepter la bataille demain. » Le soir, il écrit au roi de Prusse : « Je concentrerai mon armée domain matin... Je suis sans nouvelles du duc de Wellington. En tous cas, demain sera le jour décisif. » (Cité par von Ollech, 99-106.) Enfin, les dispositions du 16 au matin, prises avant la réception de tout avis de Wellington, confirment manifestement l'intention de Blûcher de livrer bataille.

Mais ce n'est pas à dire, pour cela, que Blûcher, malgré les défiances, très justifiées d'ailleurs, de Gneisenau contre Wellington (Mûffling, Aus meinem Leben, 184, sq.) ne comptât pas sur le concours de l'armée anglaise.

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