‹ 1815 (volume 2)Chapitre 90 sur 271 · Van Lôben · texte numérisé non relu

Van Lôben

Un peu plus tard, Constant Rebecque, chef d'étatmajor du prince d'Orange, prescrivit, en l'absence de celui-ci, au général Gollaert de rassembler La cavalerie derrière la Haine, et à Perponcher de se préparer à marcher sur les Quatre-Bras. A onze heures du soir, enfin, le même Rebecque ne pouvant éviter de transmettre aux divisionnaires l'ordre de Wellington de concentrer tout le corps néerlandais à Nivelles, c'est-à-dire de découvrir la route de Bruxelles, leur fit tenir en même temps des instructions verbales qui les laissaient libres de ne se point conformer à cet ordre. « On ne peut connaître à Bruxelles, disait-il, l'exacte situation des choses. » Perponcher n'hésita pas. Au lieu de maintenir à Nivelles la brigade Bylandt et d'y rappeler la brigade Saxe-Weimar, ainsi que le prescrivait Wellington, il marcha avec Bylandt sur les Quatre-Bras au secours du prince Bernard *.

Ah! si Napoléon avait eu comme chef d'état-major un simple Fontaine-Rebecq, et comme lieutenants seulement des Perponcher et des Bernard de Saxe- Weimar ! Et quelle belle occasion, d'autre part, pour les professeurs de stratégie comme Gharras, de dénoncer la funeste indécision, la torpeur d'esprit, l'affaiblissement moral de l'empereur si, la veille d'une bataille, Napoléon était resté dix heures sans concentrer ses troupes, avait ensuite prescrit un mouvement dans une direction opposée à celle de l'ennemi et avait enfin passé la nuit à parader au bal!

Mais à la guerre comme au jeu rien ne prévaut contre la Fortune. Lorsque Wellington, parti de

1. Ordres et lettres de Constant Rebecque, Braine-le-Comte, 15 juin. (Cités par van Lôben, 128, 129, 175-178.) Cf. la lettre précitée de Gneisenau au roi de Prusse.

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