‹ 1815 (volume 2)Chapitre 9 sur 271 · LA CONSCRIPTION DE · texte numérisé non relu

LA CONSCRIPTION DE

léV, les têtes de pont pussent être suffisamment pourvus de défenseurs. Mais malgré les engagements volontaires et la rentrée des deux tiers des hommes en congé, l'armée active était encore trop peu nombreuse. Après bien des hésitations, l'empereur se décida à lever la classe de 1815 2. La conscription avait été abolie par l'article XII de la Charte royale ; et cet article ayant été interprété comme devant avoir un effet rétroactif pour les conscrits de 1815 3, bien qu'un sénatus-consulte les eût appelés sous les drapeaux dès le 9 octobre 1813, il était à craindre que le rappel de ces conscrits ne fût regardé comme un abus de pouvoir. Davout lui-même, si résolu d'ordinaire, représenta à l'empereur qu'il serait prudent de ne point prononcer le fâcheux mot de conscription : « I] n'y aurait, dit-il, qu'à changer la chose de nom et à déclarer que tous les jeunes gens, entrés dans leur vingtième année depuis le 1er janvier dernier, feront partie de la garde nationale et seront dirigés sur les dépôts de l'armée, avec promesse d'être libérés, la guerre finie4. » Le Conseil d'Etat, auquel le projet de décret sur la conscription de 1815 fut soumis dans la séance du 23 mai, refusa d'y donner son adhésion, « les levées d'hommes étant du domaine du pouvoir législatif5 ».

1. Le 17 juin, les gardes nationales sédentaires des Vosges, à raison d'une compagnie par bataillon, partirent pour occuper les défilés. (Arrêté du préfet, Épinal, 17 juin. Arch. Guerre.)

2. Dès les derniers jours de mars, l'empereur avait pensé qu'il lui en faudrait venir là. « ... C'est une idée vide de sens, écrivit-il à Davout, que de se persuader que l'armée peut se recruder autrement que par la conscription. Je crois d'ailleurs avoir assez d'autorité sur la nation pour le lui faire comprendre. » (Lettre du 26 mars. Arch. Guerre. Carton de la Corresp. de Napoléon.)

3. Les jeunes soldats de la classe de 1815, déserteurs ou présents au corps, avaient donc été licenciés. (Ordonnance du roi, 15 mai 1814, Journal militaire.)

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