I.A DÉFECTION Dl MARÉCHAL NEY
peuple i!e Lyon et des milliers de paysans, avait déjà un vrai corps d'armée : les troupes de l'île d'Elbe, un fort bataillon d'officiers à lademi-soldc, dix régiments de ligne, trois de cavalerie, un du génie et un d'artillerie, avec trente pièces de campagne '. Rien ne semblait pouvoir désormais arrêter son triomphe, mais une tentative désespérée du maréchal Ney pouvait l'ensanglanter.
Ney était arrivé le 10 mars a Besançon, siège de son commandement, sous l'impression de ses paroles au roi qu'il ramènerait Bonaparte dans une cage de fer. Cette expression lui paraissait même si heureuse qu'il la répéta au sous-préfet de Poligny, et celui-ci ayant objecté que mieux vaudrait le ramener mort dans un tombereau, le maréchal reprit : « — Non. vous ne connaissez pas Paris. H faut que les Parisiens voient'. » Il disait encore: « — C'est bien heureux que l'homme de l'île d'Klbe ait tenté sa folle entreprise, car ce sera le dernier acte de sa tragédie, le dénouement de la Napoléonadc. » Toutes ses paroles respiraient l'exaltation et même la haine : « — Je fais mon atTairede Bonaparte, répétait-il. Nous allons attaquer la bête fauve 3. »
\jà difficulté était d'avoir une meute. La garnison
I. 5\ 7«et II* de liirn<\ 4* de lui*sard«, »• du *r<>nie. 4* d'artilN-rie pnrnlnon de (In-nuble); iov-l ii* de litfnc cl H* de dragon* k\irni*«>n <\r I.v«»ni;
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i. Imposition» du soun-pn-M de PkIu'uv. l'rore* >lt N<-*i, II. 1"0 ) 3. Dépositions du colonel de Saint Amour, du gem-ral Imr.uid. .lu mar'iuiM de Saurann, du comte de S< ey, d<- tinvel, «le liourcier, de < „i> ml. /Vorri d* .\>y, 11, 1 1>. IM, IST. ITMTt, t*«v, et do-sier le Ney, Ar> h. Guerre.)
de Besancon, dont le général île Bourmont avait fait filer tons les disponibles vers Lyon, par Lons-le- Saunier, ne comptait plus que quatre à cinq cents hommes des dépôts, la plupart d'une fidélité suspecte. « Les soldats, dit l'adjudant-commandant de Préchamp, pouvaient être maintenus si on les laissait dans les casernes, mais une fois en route et en contact avec les populations.ils étaient perdus ». » En outre, Ney se trouvait sans instructions précises. 11 avait du d'abord être le lieutenant du duc de Berri, mais le duc de Berri était resté à Paris. Maintenant, il devait prendre les ordres du comte d'Artois. Il lui écrivit que. jugeant sa présence inutile à Besançon, il le priait de l'appeler à Lyon pour l'employer à l avant-garde de son armée Otte lettre demeura naturellement sans réponse, le comte d'Artois n'étant plus à Lyon et n'ayant plus d'armée.
Au manque de nouvelles allaient succéder les mauvaises nouvelles. Le duc de Maillé, premier gentilhomme de Monsieur, arriva le soir du 10 mars à Besancon où il croyait trouver le duc de Berri. Il avait quitté Lyon la veille, et il n'apportait aucun ordre au maréchal. Il lui apprit seulement la défection de Grenoble et la retraite projetée du comte d'Artois vers Boannc. Ney pensa d'abord à partir pour Boanne afin d'y rejoindre Monsieur, mais il s'arrêta à une résolution plus militaire qui consistait à réunir ses troupes à Lons-lc-Saunier. Là. il serait au centre des opérations et pourrait déboucher par Bourg, selon les circonstances, sur le flanc ou sur les derrières de Napoléon . Après avoir conjuré le duc de Maillé, à qui il exposa son nou-