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2. V'V au rmiili» d'Arloi*. Ik-saiKon, lu mars, {f'rccrs //* .\>y, II, 2.13.531 — O m«-nt«- t 'iir Ney lit part au ministrv de la (iin'rn? de ses incertitude et des diOit-nli. * do sa situation N» > à Soull, Ifetan. c.n, I© mars, 4 |i. Aprevinirii. l»isM«-rde Ney, Arch. Guerre).
LA DÉFECTION hV MARÉCHAL NEY 303
veau plan, de lui faire envoyer néanmoins des instructions du comte d'Artois, il donna des ordres pour le départ des dépôts de Besançon, instruisit Soulî de ses dispositions et quitta la ville le M mars en compagnie de Bourmont Ce général, ancien vendéen, était le meilleur lieutenant que Ney pût avoir pour cette campagne. Il allait s'en adjoindre un second, moins bourbonien mais plus anti-bonapartiste encore, le général Lecourbe, qui malgré ses beaux services avait été rayé des cadres après le procès de Moreau. Lecourbe, réintégré dans son grade par Louis XVIII et chargé d'une inspection générale, habitait le Jura. De sa propre autorité, Ney le nomma au commandement de la subdivision*. Dès son arrivée à Lons-le-Saunier, dans la nuit du II au 12, le maréchal fit appeler le préfet, le marquis de Vaulchier, et se concerta avec lui. Dans la matinée, il vit les chefs de corps et les chefs de services, dépêcha des estafettes pour hâter la concentration de ses troupes et écrivit une nouvelle lettre à Soult, l'informant que dès qu'il aurait de l'artillerie, il se porterait à Bourg afin de manu'iivrer vers Màcon 3.
Ney savait que le comte d'Artois avait quitté Lyon, mais il ignorait encore si Napoléon y était entré. Dans la soirée, il l'apprit d'un négociant nommé Boulouze, qui avait fui, le II au matin, le tumulte de Lyon. Boulouze lui dépeignit l'enthousiasme furieux des soldats et du peuple en voyant la redingote grise. « — Quand Bonaparte a passé les troupes en revue sur la place Bellecour, ajouta-t-il, il a dit :
l. Dépositions du duc de Maille, du marquis de Saurans el du colonel de P rechamp (/Voeé», II. 16*-tti«, 170-171, 178.) Ney à Soult, Besançon 11 mars, 9 h. matin. (Dossier de Ney, Arch. Guerre.)
i. Rapport de Clarke au roi, Paris, 13 mars. (Arch. Guerre.)
3. Dépositions de Vaulchier, du major de La Genetiëre, etc. (/*rorë* de .V«y, U, lti-143. !5.Vl5i.) Ney à Soult, Lons-lc-Saunicr, li mars Dossier do Ney. Arch. Guerre).
Mes amis, nous allons à Paris les mains dans les poches. Tout est préparé pour mon passage. » En même temps, Doulouze montra au maréchal la proclamation à l'armée, datée du golfe Jouan. Le maréchal la parcourut sans avoir l'air d'y attacher d'importance et la mit dans sa poche. Sur l'observation de Boulouze que Bonaparte prétendait avoir l'appui de l'Autriche, il s'indigna : « — Allons donc ! c'est encore sa jactance ordinaire î » Enthousiasmé par l'assurance de Ney, le bon Boulouze s'écria : « — Ah ! monsieur le maréchal, vous avez été déjà le sauveur de la France en forçant Napoléon d'abdiquer; vous le serez deux fois. » Le mot plut à Ney qui le répéta en d'autres termes devant le major de La Génetière : « — Si je pouvais faire triompher le roi, je serais le libérateur de la patrie '. »
Resté seul, le maréchal a relu la proclamation de Napoléon. Cette fois, il en est si frappé qu'il ne peut s'empêcher de la montrer au préfet du Jura et au marquis de Saurans, aide de camp du comte d'Artois, qui entrent chez lui à ce moment-là. « — On n'écrit plus comme ça, dit-il... Le roi devrait écrire ainsi. C'est comme ça qu'on parle aux soldats et qu'on les émeut. » Et allant d'un bout à l'autre de son cabinet, il répète à haute voix: « La victoire marchera au pas de charge. L'aigle, avec les couleurs nationales, volera de clocher en clocher, jusqu'aux tours de Notre-Dame'. » Puis s'emportant selon son habitude, il commence à incriminer la conduite du comte d'Artois à Lyon, — du comte d'Artois « qui n'a jamais daigné faire monter un maréchal de France dans sa voiture », et qui le laisse sans troupes et sans
1. Déposition de Boulouze et de La Génetière (Dossier de Ney, Arch. Gucrn- .
i. Im position de Saurans </Vo<vt dt Ney, II, I7i. Cf. la même déposition
au dossier de Ney, Arch. Guerre).