‹ 1815 (volume 3)Chapitre 105 sur 226 · LA DÉFECTION IM MARÉCHAL NKY · texte numérisé non relu

LA DÉFECTION IM MARÉCHAL NKY

ordres. H blAme le mi d'avoir refusé l'année précédente de conserver la vieille garde auprès de lui. il accuse le parti des émigrés et rappelle les humilialions subies à la cour par la princesse de la Moskowa. D'ailleurs, il ne traite pas mieux Napoléon. « — Cet enragé-là. dit-il. ne me pardonnera jamais sou abdication. Il pourrait bien me faire couper la tète avant six mois ! »» Malgré ses plaintes contre les Bourbons. Ney demeure aussi résolu, aussi animé : «• — Le premier soldat qui bouge, s'écrie-t-il, je lui passe mon sabre au travers du corps ; la garde lui servira d'emplAtre... Mais le soldat marche toujours au canon, et Vavasseur. mon aide de camp, sait s'en servir à merveille •>

Le lendemain, l.'J mars, le maréchal fait venir cent mille cartouches de Besançon, presse l'arrivée de son artillerie, ordonne de conduire en prison un officier ijui a crié Vive IKnipereur ! envoie aux nouvelles, à MAcon, des gendarmes déguisés et «les royalistes de bonne volonté-'. Il écrit à Suchet : <« J'espère que nous verrons la tin de cette folle entreprise3 ». et en étudiant ses effectifs, si inférieurs à ceux de Napoléon Ney avait tout au plus ti. 000 hommes, échelonnés de Besancon à Bourg, sur une ligne de trente-trois lieues4, et Napoléon en avait li.000 dans la main . il dit à Bourmont : << — Nous serons en plus petit nombre, mais nous le frotterons. »> Kl

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7ii*et le J» «le hussards . t u. ni .».-(.* m mar- h-- |»»'M p-j-H'-Ih- \,.p..|r..n Voir 1815. I

sur l'observation de Bourmonl que 1rs troupes ne sont pas sûres, il réplique : « — Je prendrai un fusil, je tirerai le premier eoup. et tout le monde marchera 1 ! »

Cependant les nouvelles se succèdent de plus en plus accablantes. Non seulement Lyon, mais toutes les villes du lthônc, de l'Ain, de Saône-el-Loire sont <m pleine insurrection. Chalon, où Ney a mande au général Ileudelet de concentrer ses troupes, a pn>clamé Napoléon ; Maçon, où il compte déboucher, a arboré le drapeau tricolore. Sur les routes de Dôle.dc Polignv et de Besançon, ses propres soldats crient : Vive rkmpereur ! Dans les casernes de lx>ns-le-Saunier, la rébellion menace: à Saint-Amour, le l.V léger est prêt à la détection f. Knlin, dans la soirée, Capelle. préfet de Bourg, arrive à demi-mort de peur. Les habitants l'ont chassé, et le 7<>' de ligne, qui formait à Bourg la tète de colonne du corps de Ney. a passé à Napoléon, (lapelle est dans l'épouvante de l'effervescence populaire. « — (Test, dit-il, une rechute de la ({évolution. •> Il ne pense pas que le maréchal puisse se hasarder à attaquer Bonaparte et lui conseille soit de rejoindre Masséna pour marcher sur les derrières «le Napoléon, soit de gagner (Ihambéry. car le* Suisses sont tous disposés à venir au secours «lu roi.

A ces mots, le eo'ur vraiment français de Nev se ré-

volte.M — Si les étrangers mettaient le pied en France, s'écric-t-il. ce serait alors que tous les Français se déclareraient pour Bonaparte 3 ! »

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culoz les ordres île Bertrand et venez nie rejoindre à Chalon. Je vous recevrai comme le lendemain de la bataille delà Moskowa » Les messagers apportaient en oulre une proclamation aux troupes de la iï division militaire, proclamation dictée par l'empereur et déjà revêtue de la signature du maréchal *. Nev questionna les émissaires. C'étaient des officiers de la garde qu'il connaissait personnellement. Ils étaient entrés à Lons-le-Saunier en vêtements bourgeois, et le maréchal refusa généreusement de révéler leurs noms pendant son procès 3. Ils rapportèrent avec mille détails tout ce qu'ils avaient vu et tout ce qu'ils avaient entendu dire : la France était dans l'enthousiasme, le drapeau tricolore flottait sur toutes les villes, il n'y aurait de résistance nulle part, le roi avait déjà quitté Paris, l'Europe favorisait le rétablissement de l'empire, Marie-Louise et le prince impérial allaient revenir de Vienne, l'escadre anglaise avait eu des ordres pour livrer passage à Napoléon k.

Os lettres, ces paroles que confirmaient trop, •lu moins en ce qui regardait la France, les rapports faits à Ney par les plus sincères royalistes, le duc de Maillé, les préfets de l'Ain et du Jura, le colonel de Saint-Amour, le major de La (iénetière. perturbèrent l'esprit du maréchal. <'e fut une nuit de fièvre. Peutêtre se livra-t-il au fond de sa conscience un tumul-

t. Napoléon. Cormp., ilon». — Il a««*7 singulier qu'il n'ait pas elr question de ee hilkl devant la Chambre des pairs quand. a l'instrueti<>n. Ney avait reconnu l'a\oir reçu, (lissier de Nev. An h. f'.uerrr.)

1. CVst rlti moin* <•<■ qu'afTlniiérent fornicllement au prœè* N»«y et m>t. défenseur Berryrr. # t <•<• »|iie le procureur penernl Bellnrt ne erut pa* utile • mi possible de ni« r. — On a vu (1815, I. que cette fo«;on de disposer par av.iner de la siu'uature des ir»*ns rtail assoz dan» les habitudes \\r l'empereur. Au dire d<- Ney. il ni avait deja api ainsi en avec lui-

ii). me et avec Bavout «t Kuptne.

i. Interropabniv d«* NVy (/Vor*-». Il, IM. H*, et dossier de Ney'.

l lnterr*n?alr.ire d«- Noy frocs*. II. Cf. i :i7 . et dossier do NVy.

V i . li. «'luerre). — Sur l»-s propos relatifs a la .■onniven.-e di* l'Anirlete rrr . *-ir 1815, I, :«•:. n«d- -'.

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