‹ 1815 (volume 3)Chapitre 136 sur 226 · I. MacdonaM, Sourentrt, j · texte numérisé non relu

I. MacdonaM, Sourentrt, j

t. Duc d Orléans. Von Journal. Oï, 9Mii:». «X Mnnl.maM. Saur.. JT*.

kerque qu'à Lille; c'est pourquoi il avait contremandé sou départ, la nuit précédente. Son désir secret était de se réfugier en Angleterre pour y attendre les événements en toute sécurité. Il n'osait pas l'avouer franchement. Delà, ses tergiversations incessantes qui étaient feintes et ses continuels changements d'idée qui n'étaient qu'apparents. C'est ainsi qu'aux Tuileries, il avait semblé hésiter pendant huit jours entre tous les parlis. alors qu'il était absolument déterminé à quitter Paris si Napoléon s'en approchait.

Après que le roi eut annoncé sa résolution d'émigrer, Macdonald lui dit : <«— Sire, j'ai fait loyalement tout ce qui a dépendu de moi pour maintenir l'autorité de Votre Majesté et pour la retenir dans ses Etats. Kilo veut les abandonner. Je la conduirai en sûreté jusqu'à la frontière, mais je n'irai pas plus loin. Je ne lui serais plus qu'un être à charge. Il peut survenir tel événement à l'intérieur, en son absence, qui ne peul durer que quelques mois, et je pourrai lui être en France beaucoup plus utile* qu'ailleurs '. » Mortier exprima à Louis XVI II la même détermination de rester eu France, sans toutefois invoquer les mêmes motifs ; il ajouta qu'il priait le roi de lui indiquer quelle conduite il devrait suivre, après son départ, comme gouverneur do la lf»r division militaire, m ■-- Faites ce que les circonstances vous indiqueront, dit le roi. Si elles vous obligent à mettre une autre cocarde à votre chapeau, faites-le. Vous conserverez toujours la mienne dans votre ciour. et je sois sûr que vous la reprendrez dans l'occasion. » « — Je conserverai toujours dans mon cœur le souvenir des bontés de Votre Majesté,» se contenta

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LE DÉPART DU ROI POl'R LA RELG1QUE 381

de répondre Mortier. Le duc d'Orléans demanda à son tour les ordres du roi. « — Ma foi, vous pouvez faire tout ce que vous voudrez. >• « — Eh bien, repartit le prince, puisque Votre Majesté me laisse cette latitude, je resterai dans la place aussi longtemps que je conserverai quelque espoir de pouvoir y soutenir sa cause. Je crains que ce ne soit pas bien long. Puis je me rendrai en Angleterre pour y rejoindre ma femme et mes enfants »»

A trois heures, le roi monta en voiture. Les acclamations du peuple le saluèrent une dernière fois, mais à la sortie de la ville un incident se produisit. Les soldats de garde ne voulaient pas ouvrir la porte. Mortier dut rappeler sévèrement l'officier à l'obéissance et menacer les hommes. Le maréchal et le duc d'Orléans accompagnèrent le roi jusqu'au bas des glacis, puis ils rentrèrent dans la place. Les voitures passèrent la frontière à Menin. L'escorte de cuirassiers s'arrêta et le maréchal Macdonald prit congé du roi en lui disant: « — Au revoir, Sire, dans trois mois *. » Combien de sang français allait couler pour que ce souhait se réalisAt !

Aussitôt que Macdonald fut de retour à Lille, le duc d'Orléans l'appela a une conférence où se trouvaient réunis Mortier, les généraux et les chefs de corps. 11 fut démontré qu'il n'y avait plus rien à faire et que de plus longs eHorts ne mèneraient qu'à compromettre le prince et ceux qui les tenteraient avec lui. Le duc d'( >rléans se décida a partir dans la nuit \ Auparavant, en qualité de comman-

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