havout a ClauM'I. ii mars (Arrh. «inerte
3. Ilarispe a Souli, Bordeaux, 7 »-t * inar*. Amberl a Souli. M<»ntjH'llu»r. t«- ma ru (Areh. Guerre). Pn-r-'t de It'-r.kaux à Montosquiou. il mar» vArch. nat. F. 7, 1147),
LA DUCHESSE d'aNUOILÊME A BORDEAUX 3W
encore sincèrement dévoué au roi, le maire, le trop fameux Lynch, s'occupèrent «l'organiser «les compagnies de volontaires et d'officiers à la demi-solde. La duchesse «l'Angoulème secondait ses partisans « en s'efforcant «le se populariser par «livers moyens assez éloignés de son caractère ». écrivait Mlu «ITzèsàsa mère. Les caisses publiques étaient vides, l ue souscription fut ouverte qui monta en un seul jour a 700,000 francs — sur le papier, car l'argent comptant étant rare, on ne put recueillir qu'une infime partie «les sommes souscrites1.
On «Hait dans l'attente anxieuse d<»s événements lors«jue, le 23 mars, arriva le baron de Yitndles. Au. moment du départ «lu roi, il avait été chargé d'aller organiser la résistance dans le Midi. Il comptait établir à Toulouse le siège «lu gouvernement royal. I>e là, il correspondrait avec les préfets, appellerait les populations aux armes, lèverait des contributions «'xtraortlinaircs et fournirait argent et combattants aux armées du «lue de Bourbon, «le Couvion-Saint- Cyr et «lu «lue d'Angoulème. En attendant un renfort d'Espagnols que ce bon Français se préparait à demander au cabinet «le Madrid, il voulait employer seulement des volontaires royaux et des gardes nati«»nales. Les régiments «le ligne seraient disloqués, répartis en petits détachements et enfin licenciés. Vitrolles exposa «-es projets à la duchesse d'Angoulème, à Laine, qui venait aussi d'arriver «le Paris, à Lynch, au préfet, au général Dccaen. Chacun y donna son assentiment. Seul hecaen lit quelques objections, licencier la garnison «le Bordeaux lui paraissant imp«>ssihlc. Il
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dit qu'à l'exception d'un bataillon détaché au fort de Blaye, dont l'esprit était mauvais, les deux régiments (jui la composaient (le 8e et le G2e de ligne) resteraient probablement fidèles, mais qu'ils se mutineraient au premier ordre de licenciement. Le général consentit d'ailleurs à l'envoi à Blaye d'un bataillon de garde nationale qui contiendrait les soldats et les empêcherait de livrer la place. Le lendemain, tandis que Vitrolles partait pour Toulouse après avoir réquisitionné, au profit de la duchesse d'Angoulème, une somme de 400,000 francs en dépôt chez le consul anglais et provenant de droits de douane, un fort détachement de gardes nationaux fut dirigé sur la citadelle de Blaye. Mais le gouvernenr leur en refusa l'entrée, sous prétexte qu'il ne voulait pas introduire dans la place de pareils bandits. A lire entre les lignes d'un rapport de Lynch, il semble en effet que pendant la route les gardes nationaux avaient mérité cette qualification par leur indiscipline et leurs excès
Le 29 mars, on apprit que Glausel, arrivé l'avantveille à Angoulème où déjà flottait le drapeau tricolore, marchait sur Bordeaux. (Ses forces se montaient àdouze gendarmes !) Decaen ordonna aussitotau vicomte de Pontac, colonel de la garde nationale, <lc se porter avec .">00 gardes et volontaires et deux canons à Saint- Vincent et à Saint-Pardou pour défendre le passage «le la Dordogne. On avait encore foi dans la résistance. Les officiers de la garde nationale donnèrent un banquet aux officiers de la ligne
I. Vitrolles* Vém., I!, 16*474, Martitruac, Rordemur tn mari I8!5. I<M5 Rapport de I.yueh [ExpotA jutiifiretif de Clauiel, luo-tul). — Sur les demandes de troupes ;i l'Kspairne de Vitrollc* et du due et de la duchesse d'Anfjoulênie. voir les lettres de Deeaen a llarispc. Bordeaux. W man». et de Clausel à Davout. Bordeaux, * avril (Arch. Ciuerre). et les \eiirr> du due d'Anfruul^mc et de Vilrollee Minier h bordeaux par Llausel et publiée! dans le Journal dr l'Empire du '.» avril.
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qui répondirent par des Vive le roi ! au toast du général Donnadieu : « A la ville de Bordeaux. Puisse le grand exemple qu'elle donne faire rougir et trembler les traîtres*. » Mais l'épreuve approchait. Dans la matinée du 31, Clausel prit position à Cubzac sur la rive droite delà Dordogne. Il avait reçu des renforts: dix brigades de gendarmerie et une forte compagnie de voltigeurs détachée de la citadelle de Blaye où l'envoi d'un émissaire avait suffi pour faire déclarer la garnison. Entre Cubzac et Saint-Vincent existait un pont volant; sur l'ordre de l'on tac, l'inspecteur du port l'avait rendu innavigablc. (Quelques voltigeurs de Clausel montèrent en barque, abordèrent le pont et y placèrent le drapeau tricolore. Les royalistes répondirent à cette bravade par une grêle de balles. Les voltigeurs regagnèrent la rive droite, mais le feu des gardes nationaux ne s'arrêta point et bientôt une vingtaine de coups de canon appuyèrent leur fusillade. Les soldats avaient l'ordre formel de ne point tirer. Ils y obéirent d'abord, mais vovant tomber plusieurs de leurs camarades, ils ripostèrent, l'n royaliste fut blessé. Clausel fit cesser le feu et obtint non sans peine du commandant de la rive ennemie l'envoi d'un parlementaire. C'était tiaye de Martignac fils. Clausel lui dit qu'il était maître d'entrer à Bordeaux quand il le voudrait, mais que par respect pour la duchesse d'Angoulème, il désirait attendre qu'elle eût quitté la ville. Il ajouta que personne ne serait inquiété pour sa conduite passée ou ses opinions, sauf le comte Lynch à qui il conseillait de passera l'étranger. L'entretien terminé, le général Clausel chargea Cave de Martignac d une lettre pour les autorités civiles et militaires do Bor-
1. flapport do <:i»UH.-l h Ihivout. Snint-Anrirr-lf (Vh/.n-, !" :i\nl (Arch.
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dcaux, dans laquelle il déclarait qu'il les rendait responsables des malheurs que pourrai! entraîner la résistance
Martignac remil ee message à la duchesse d'Angotileme aliu de lui donner la faculté* de le communiquer ou de le garder secret. Madame fit appeler hecaen. le préfet, Lynch et Lainé, et après une première délibération, on réunit à l'Hôtel de Ville le conseil général et le conseil municipal. Les conseillers discutèrent sans conclure: la très grande majorité inclinait en secret à la soumission. Lue nouvelle conférence eut lieu devant la duchesse d'Angoulème. Lainé opina ardemment pour la résistance. Decaen était découragé et soucieux. « — J'ai réuni ce soir même chez moi, dit-il, les officiers supérieurs, et je leur ai demandé si la troupe combattrait avec la garde nationale pour la cause du roi. Ils ont répondu négativement. Je leur ai demandé si du moins elle resterait neutre : ils m'ont dit qu'ils n'oseraient pas répondre que les soldats vissent .tranquillement tirer sur leurs frères d'armes. >» « — Alors, s'écria Lainé. faites partir vos régiments pour Bavonne. »> « — Ils n'obéiront pas. » Le général Harispe continua les paroles de hecaen et ajouta que deux mille Bordelais étaient prêts à se joindre aux soldais contre la garde nationale. La duchesse d'Augouléme. le visage sillonné de larmes, n'intervenait dans la discussion que pour répéter sans cesse que sa personne n'était pas en cause, qu'elle était disposée à donner sa vie. si ce sacrifice
pouvait conserver Bordeaux au roi, mais qu'elle était prèle à partir si >a présence «levait inutilement faire
i Rapport de Cltunel à t)a\«»ut, Satnl»Andrc-d<»*Cabrar, lM avril 'Arrh. Uupw). Emoi* juittfir'itif f/.« ffatftW. Rapport rf# Lynch (i4»<J.
>:v M<ii':e, ivM-ioi). Martignac, B9rd*nwt ™ |*ts.
L\ DT Cil ESSE !>' A NT. 0 V LE ME A nORDEAlX 403
courir des «lancers à la ville. Il était près «I»» minuit. On pensait k ajourner la décision au lendemain, quand on apprit que les gardes nationaux et les volontaires, qui avaient si bien tiraillé dans la journée à Saint-V incent et <lont Martignac avait dit qu'ils se feraient tuer jusqu'au dernier avant île livrer le passage de la Dordogne, venaient d'abandonner leurs postes sans même avoir été attaqués. I n délai de vingt-quatre heures fut aussitôt demandé à Clausel. « pour que le départ de madame la duchesse d'Angoulèmc pût s'effectuer avec tous les honneurs dus à
son rang1 »».
Le lendemain, une lueur d'espoir revint aux partisans de la résistance. Le major de Malle! , que la fuite des gardes nationaux avait laissé en l'air à Saint- Loubès, était rentré à Bordeaux avec le détachement du S' de ligne au lieu d'obéir aux ordres de Clausel. I le celle preuve de fidélité, on conclut que les rapports de Deeaen sur l'esprit de la garnison étaient exagérés. De jeunes volontaires royaux, députés par leurs camarade*, supplièrent Madame de leur permettre de mourir pour elle. D'autres personnes l'assurèrent qu'elle n'aurait qu'a se montrer aux soldats pour les entraîner. Deeaen et llarispc ayant aftirmé derechef que tout ordre serait nul et que toute démarche serait inutile et peut-être même dangereuse à cause
de l'exaltation bonapartiste, la duchesse d'Àngouléme
les interrompit : « — .le vais aller visiter les casernes, dit-elle, je jugerai par moi-même de la disposition des troupes. »» Les généraux se turent ; ils étaient profondément émus tant il y avait dans ces paroles
1. li.ip|>orl do I.ynrh \Krpo*é )uu>ftrnlif d* ClttHtel, a|ifwn<li<-r. I0V|07\ M irtlirn //<»r</#nur en mnrt 1*1%. il-U. Itfl.it mn <!••<• i-\ .•ivin-nl* •!•» IW- • d'aux iJonrimt i'mirrrtel. d«* linml. n* !<• . H:«[i|M>rl il* QaUttl » l'awut, > iint-An<lrc-d*vCubz.-tc, I" avril (Arch. UOMTr).
sans emphase de véritable grandeur et presque d'héroïsme1.
La visite aux casernes fut douloureuse comme une montée de calvaire. Madame quitta le palais, escortée par un grand nombre d'officiers et par un détachement de volontaires royaux. Elle entra d'abord à la caserne de Saint-Raphaël. Les troupes étaient sous les armes. La princesse passa devant le front des compagnies du <>2% respectueuses mais froides et sombres, puis s'adressant aux officiers qui avaient formé le cercle : « — J'exigeque vous parliez avec franchise. Etes-vous disposés à seconder la garde nationale dans les efforts qu'elle veut faire pour défendre Bordeaux?... » Les officiers gardèrent le silence. « — Vous ne vous souvenez donc plus des serments que vous avez renouvelés il y a si peu de jours entre mes mains î S'il existe encore parmi vous quelques hommes qui s'en souviennent, qu'ils s'avancent!... Vous êtes bien peu nombreux. N'importe ! On connaît du moins ceux sur qui Ton peut compter. » Au moment où Madame allait regagner sa voiture, plusieurs soldats s'approchèrent d'elle : — « Nous ne souffrirons pas qu'on vous fasse du mal. Nous vous défendrons. >» « — Il ne s'agit pas de moi, s'écria durement la princesse. Il s'agit du roi. Voulez- vous le servir? » « — Dans tout ce que nos chefs nous commanderont pour la patrie nous obéirons, mais nous ne voulons pas de guerre civile et jamais nous ne nous battrons contre nos camarades. »> A la caserne du 8e de ligne, la troupe se montra moins soumise encore, et au Chateau-Trorapette, le chef de poste déclara que la duchesse d'Angoulème n'entrerait que sans escorte; seuls quelques
I. Martifrnat-, Bordeaux tn mari IKIl, 3<V-3!>. Rapport de Lynch, précité. IM. Relation des événements de Bordeaux {Journal Intoerttl. de Gand.
n9 io).