‹ 1815 (volume 3)Chapitre 145 sur 226 · I. A DICHESSE d'aNGOL'LÊME A HO KDE AUX · texte numérisé non relu

I. A DICHESSE d'aNGOL'LÊME A HO KDE AUX

officiers pourraient l'accompagner. Kllc n'hésita pas à s'engager sous la voûte obscure de la vieille forteresse. Les soldats étaient en bataille dans la cour, silencieux et farouches. « — Ne me reconnaissez-vous plus, s'écria Madame, moi que vous nommiez votre Princesse!... Adieu! Apres vingt ans d'exil, il est bien cruel de s'expatrier encore... .le n'ai cessé de faire des vieux pour le l>onheur de ma patrie, car je suis Française, moi !... Et vous, vous n'èles plus Français... Allez, retirezvous. » L'insulte venait d'une femme. Les soldats se continrent. I n seul dit : <■ — Je ne réponds rien parce que je sais respecter le malheur. » Frémissante de colère et dévorant ses larmes, la princesse rentra dans la ville !.

t'n tout autre spectacle l'y attendait, l'ne revue tle la garde nationale avaitété commandée pour trois heures. La milice et les volontaires, formés en ligne sur les quais de la Garonne, dont chaque maison était pavoisée à la couleur royale, criaient avec frénésie : Vive le roi ! Vive Madame ! La princesse fit arrêter ses chevaux et se tenant debout dans la calèche, elle dit : •< — Je vous remercie de votre zèle et de votre dévouement. Mais je viens vous demander un dernier sacrilice. Promettez-moi de m'ohéir. » « — Nous le jurons ! •» « — On no peut compter sur la garnison. \ai défense est impossible. Vous avez assez fait pour l'honneur. Conservez au roi îles sujets fidèles pour

I relation <l<*s fVt'HfmfiiU <lo rWi.'.iuT Journal l *u»rt»\, ,|t> lon<1. ii» 10.. Cf. Marliirnar. ilnnUti-r e* l*i;>. js-o. , ( iapr>. l.\n<-h À-r/oir ]**t<(. ilt t lnuirl. a|i|>en<iio- ion.. - l.n U'^rmir et l'ini.tciti;ili"ii <>nt aiu \A\U>- I# s «'\» M»-m«-hts <t»> < c-tt»- jnurmv «lunr foule »!*• <J.lai)«» <t-<ht 11 u'rsl fait aucun»' uunlion «lan* )••* <l<><Mimt-iït* r<,nl»Mii|r4ir.iii)H. |>i><>n<« »M>«un> qu»* l'auteur Uc la (Million «lu J»irn«l l'nn-<r*rl. trvs \«>ri<li<|ii'a sauf sur ••e jK.Int, prAt»> h la prni' «>•<♦• uni* parole a «.m-/ ine\pli.-i|,|.\ aurait •lit aux «-Mal* <tn r : . - K>t«e Liffj au refînent .J Anir.-'il. me que i parle * • Or I'* «le liirne < lui l«* reu'iment <ie C,on«!«\ «.: .« ■ t !»• v o*ri jrar nison & (ireiiol.li*. qui portait le nom de rr^'iim-nt tl'Aru-otil-nie.

un temps plus heureux... Je vous ordonne de ne pins combattre. » Des cris et des protestations s'élevèrent autour de la voiture. On voulait combattre et mourir pour cette vaillante femme. Des menaces contre les traîtres, c'est-à-dire contre Decaen, llarispe et l'inspecteur des gardes nationales Puységur, se mêlaient aux acclamations. La duchesse d'Angoulêmc regagna son palais au milieu de ce tumulte qui aboutit à une sanglante échauflourée. Les volontaires s'exaltaient pour la résistance, mais les gardes nationaux, bien que royalistes pour la plupart, s'accommodaient fort bien de la soumission. La compagnie du capitaine Troplong s'étant mise en mouvement afin de se rendre au lieu ordinaire de ses rassemblements et d'v rompre les rangs, un détachement de volontaires cria: à la trahison! et sans autre explication fit feu sur les gardes. Le capitaine tomba raide mort, le> miliciens ripostèrent; des deux cotés, il veut des tués et des blessés. Accouru au bruit de la fusillade. Decaen faillit être massacré. La mêlée menaçait de devenir générale, quand à la nouvelle que la troupe sortait des casernes, le calme se rétablit. Peu après. 4!lauselqtii s'était avancé jusqu'à la Bastide, d'où il avait vu sur la rive gauche du fleuve le combat de> gardes nationaux, donna un signal auquel on répondit du Château-Trompette en hissant le drapeau tricolore *.

La duchesse d'Angoulème partit dans la soirée ainsi que le comte Lynch. Le lendemain malin, 2 avril, elle entendit la messe à Pauillac, puis elle monta sur le sloop de guerre The Wanderer mis à sa disposition par le consul anglais. Les volontaires

I. Relation tirs rvrnenKMils de lk«nlraux Journal l nirtrtrl, il» Gand. n* 10). Martipnar. Hordeaur en mars I h | ... 41 - 4:>. Uau«<-I a l>avout. I.a Bastide, t" avril, et ikmlraux, - avril iAn.li. Gurrri" .

YITKOLLES A T01LOI SE -J07

royaux à cheval qui l avaient escortée de Bordeaux à Pau il lac l'accoin pallièrent en barques jusqu'au bâtiment, criant sans cesse: Vive Madame! Vive Ma-dame ! La princesse très émue leur distribua les rubans de sa robe. Comme il n'y en avait pas assez pour tous les volontaires, elle arracha les plumes blanches de son chapeau et les leur jeta '.

A Toulouse, cependant, Vitrolles avait mis à exécution son plan d'un gouvernement central du Midi. Il s'agita beaucoup sans faire grand'chosc. Il adressa des lettres aux préfets, aux généraux et aux trésoriers des quarante départements de la rive gauche de la Loin* et fie la rive droite du Khône, mais seuls ceux des huit ou dix départements limitrophes entrèrent en correspondance avec lui, et encore la moitié d entre eux n'attendaient que le moment de le trahir. Il écrivit journellement au duc d'Angoulème.mais il ne lui envoya ni argent ni soldats, et par contre le prince lui dépêcha, pour le seconder, le comte Ltienne de Damas, son ancien gouverneur, ce qui créa dans le « gouvernement central » une gênante dualité de pouvoirs. Il lit appeler le maréchal IVrignon, retiré dans une petit*' terre des environs, et l'institua son ministre de la guerre, mais le vieux IVrignon, qui n'avait pas fait campagne depuis 17ÎW et dont la gloire était oubliée autant que l'intelligence était affaiblie, n'eut ni iiilluence ni activité. Il prit comme ministre de* linauces un de ses amis, receveur général à Carcassonne. mais cet homme pusillanime lui déclara « qu'il ne voulait pas être pendu » et se hâta de se dérober à ces hautes et compromettantes fonctions. Il expédia «les messages à Madrid et aux capitaines-généraux de Navarre et de Catalogne pour pres-

l. ((apport du rumiiii.^iin- ir» -n» r.»l <l<- Mann.-. |tor.|.«;m\. .avril \ih. «iuerrr.. IMaiioii d*-i» .-v. n. iii. nl* d.- B«.rd.'.»u\. pre«-il«f.

i8ir,

ser le passage de la frontière par les Espagnols, mais le gouverneur de Perpignan intercepta ces dépèches. Il fonda un Moniteur, en tout semblable à celui de Paris — même par les fausses nouvelles — mais on soupçonna cette feuille d'être mal renseignée. 11 arrêta la distribution des journaux et des lettres particulières, et pour plus de sûreté emprisonna les courriers, mais les habitants de Montauban s'ameutèrent contre les gendarmes qui menaient à Toulouse la malle contenant leur correspondance, et il n'empêcha pas le général Chartran, chargé d'une mission de l'empereur, d'entrer déguisé à Caussadc, à Montauban, à Toulouse, à Montpellier, à Béziers et à Carcassonne. Il déclara qu'il ferait fusiller les receveurs généraux qui refuseraient de lui ouvrir leur caisse, mais ceux-ci s'étant abstenus de venir à Toulouse pour s'excuser, sa menace resta sans effet et le laissa sans argent. Il voulut mobiliser la garde nationale, mais les miliciens déclarèrent qu'ils ne marcheraient que s'ils étaient appuyés: or la garnison ne comptait pas mille hommes, et « elle ne voulait pas de guerre civile », avait dit le général Delaborde. 11 s'occupa d'organiser des volontaires, mais il put à peine en recruter quatre ou cinq cents. Il ordonna la formation de cours prévùtales et rédigea, selon son expression, « un code de guerre civile » où des peines sévères étaient portées contre tout village qui laisserait des soldats en nombre inférieur à celui de la population y passer une seule nuit, mais ces ordonnances et ces règlements restèrent lettre morte. Il prescrivit de diriger sur Narbonne quatre compagnies d'artillerie renvoyées comme suspectes de l'armée du »luc d'Angoulème, mais son ordre fut transmis de telle sorte que les canonniers entrèrent à Toulouse1.

1 Vitrolles. Jdém., II. 3*1-413. Lettres interceptas rte Vitrr.l!es h la du-

VITROLLES A TOlLOl SE 409

Sevrés de toute nouvelle, les fonctionnaires civils et les officiers généraux éludaient les ordres de Vitrolles ou les exécutaient sans vigueur, afin de ne point trop se compromettre ni vis-à-vis de lui ni visà-vis de l'empereur. Avant de prendre énergiquement parti pour la résistance ou pour la révolution, ils voulaient savoir comment les choses tourneraient1. Vitrolles avait trop desprit pour s'abuser sur l'effet d une dictature, qu'il ne lui déplaisait pas néanmoins d'exercer une fois dans sa vie. Il voyait l'incendie s'étendre autour de lui. « Nous sommes bien malades! »» écrivait-il le 2 avril au vicomte de Montmorency. Déjà on avait proclamé l'empire à Monde, à Alby, à Auch, à Cabors, où la population faillit assommer le duc de La Force à cause de sa cocarde blanche, à Rodez où les habitants empêchèrent un bataillon de volontaires royaux d'entrer dans la ville, à Caslillonnès où la foule s'agenouillait devant l'aigle d'une enseigne d'aubergiste en disant : « Nous avons retrouvé notre pere. » Et le lendemain et le surlendemain, Montpellier, Oircassonne, Béziers, Maussade, Foix, Pau, Tarbes, Agen, Perpignan, Toulouse mémo allaient voir le drapeau tricolore*.

rhes«o d'An&rouIrme et au baron de V., Toulouse. 31 'mars, i- et i avril ' Journal d>- ïKmpirt. V avril;. Me»*, pour U y*»n/r»i/ Delat>ord<r, U-lti. iî-il. Cin-ulaire préfectorale. A^en. 31 mar* l»elnU>rde a havmit, Toulouse. 4 et «i avril, tri'iieral l^!i.i|;nr i Davout. Toulouse, m avril. Mènerai Clapier* lia\out. l)a>onne, 4 avril. (iencral Laflllle à liavout, Koix. H avril. iArch. (Juerre.ï Happort tir Chartran à N;i|»oleon. Pan», s. d. .dossier d«« Chartreu. Aivh. Guerre.. Cf. Lettre» de» préfet* tir Toulouse et de Kodei ri du sous-prefet de Bezier*. M, il mars et 5 avril. Arrh. nat. H. T. 3774.)

1. Nous parlons d'une façon générale. Ainsi MM. de Villeneuve Harir»*nionl. préfet de Monlaul.an, Trouve, préfet de Canassnnne, de Villeneuve, pr»-f'"l de Tarl.es \rc dernier faillil rire ninssarn- par la |N>puIali<>n , lr général l'oujei. commandant le département de l'Aude, et rumine le maréchal IVritrnon grondèrent sincèrement Vitrolles.

i. Lettre» pn-eilcc* de Vitrolles Journal l'Emptn, 0 avril'. Mrnt. pour le g?H*ral Itrtaftonle, i" )tap|»ort de Delaliorde il liavout. Toulouse, k et •i avril. Happort de Uiarlran. a. I. n. d. C de Cahor* a Davout, i avril l'refet du Loi à ha von t. i avril. Ilenerr»! Amt>erl a liavout. Montpellier. » avril. butât a Lurotle. Castillounes, i avril. Schiner a liavout, Tarboa.

Le court | Un officier grenadiers et Une heure ;»

le général D<i pulation île T<> dont . 3,000 ga tandis que la g;, d'hommes, y coi manifesta aucun tranquillement 1 informé que If u 1er avril une cm.

émissaire de l'eni> Delaborde lui ava.

préfet de quitter I arrestation. Mai> prétend, ne voulût :

donné lui-niénn\ borde, qu'il attend < i0,000 francs qui \ < gent par le payeur en traites, il resta prison une ehamlu* i il entendait les can< « (Juand le fusilleronordre de Davout. il 1 1 cennes. Le comte de i l'Espagne, Delabord.

gereuses »>. Le prélrl •

> axril. C" Lu«* à I»;iw>ul. Ii" «.avril, fie. (Acvh. (iuenv.

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