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LES DÉBATS DU PARLEMENT ANGLAIS

poser un souverain dont elle ne veut pas. Laissons les Français arranger leurs affaires eux-mêmes. » Derechef, Whitbread s'éleva avec véhémence contre la Déclaration du 13 mars, « provocation à l'assassinat qui déshonorait le caractère anglais », et proposa d'ajouter à l'Adresse de confiance, que la Chambre allait voter en réponse au Message, un amendement engageant le prince régent à faire tous ses efforts pour conserver la paix. L'amendement fut repoussé par deux cent vingt voix contre trente-sept La Chambre ignorait encore l'existence du traité signé à Vienne le 25 mars, mais en volant cette Adresse, elle la ratifiait d'avance.

Avec la ténacité anglaise, les whigs luttèrent pour la non-intervention presque jusqu'au premier grondement du canon. Le 28 avril, à l'occasion des impôts demandés au Parlement par le cabinet, Whitbread, Ponsonby, Tierney combattirent de nouveau la politique ministérielle. Ponsonby rétorqua le sophisme de Castlereagh et de Liverpool, que l'on faisait la guerre à Bonaparte et non à la France: « Quelle subtilité ! Comment supposer que la France n'interviendra pas dans la guerre, quand cette guerre est déclarée à l'homme que le peuple français a voulu avoir pour chef. »» — « Il n'est pas vrai, ajouta Tierney. que Bonaparte ait été ramené seulement par les soldats. Le peuple ne lui est pas moins attaché que l'armée. » Le i*r mai, les habitants de la Cité adressèrent aux Communes une pétition on il était dit que le rejet prémédité de la paix, le refus de négocier, l'insulte au souverain actuellement sur le trône de France, la guerre et l'accroissement continu des taxes « étaient d'une politique semblable à la folie même ». Après des débals ardents et pro-

I f>; Uamenl*rt d,t>*(<., XXX, iJO, 13*, J»o-J7l. 4JV*«J

longés, Lastlerea^h fit rejeter code pétition. La discussion reprit le 23 niai, quanti les ministres communiquèrent au Parlement le texte <lu traité. A la Chambre haute, lord (iuy se prononçant avec énergie contre « une guerre entreprise pour proscrire l'homme que le peuple, autant que l'armée, avait choisi comme le maître de ses destinées, et pour le remplacer par Louis XVIII » émit la proposition d'une Adresse pacifique. Sa motion réunit quarantetrois voix sur cent cinquante-six votants. Parmi ces quarante-trois était lonl Byron1.

L'opposition des whigs eut cependant pour résultat d'éclairer le ministère. Il sentit que si les Chambres étaient déterminées à voter une guerre ayant pour objet la sécurité européenne, elles seraient hostiles à une guerre dynastique menée pour les Bourbons. Par une distinction singulièrement subtile, le Parlement admettait avec lord Liverpool que l'on poiterait atteinte aux droits d'une nation libre en imposant Louis XVIII à la France, mais quen lui interdisant de conserver Bonaparte, on laissait ce> droits saufs et entiers. Castlereagh envoya à Vienne

1. Pnrliautentary debates, XXX, «iV-OO.S, 1001-1014; XXXI. 316-371. *ot>-l',7.

(lest au cours île ces déliais que Castlereagh, pour entraîner un \u\>< favorable en prouvant la duplicité de Napoléon, produisit une prétendue d>pèche de Itas^anoâ Caulaincourt. datée du 19 mars 1814 et portant: • Ouai.même l'empereur signerait la cession des places de guerre ( Anvers. Moyeu.-. ■ et Alexandrie) son intention n'est cependant pas de les livrer. • (Parlmntêntary <UI>ate<s XXXI, •<>">;. Bassano prolesta dans le Moniteur du t3 nui contre la publication de ce document qu'il arffua de faux. Le faux, en efT-l. sautait aux veux, car cette prétendue dépêche, dont il existe une copie aux Areh. Air elr. /• ranc*. cris ;.. contient des expressions étrangères, le protocole final y manque; enlln elle est datée de Paris. IV mars, alors qui le If mars, Bassano était a\ec l'empereur à Kere-Champenoise.

I.ord (lasIlere.iK'h. qui u*ait sauts scrupule de toutes 1rs arme*, pr». duisil aus>i des lettres adressées par Na|»olcou à Murât en 1*13, mais doc t un faussaire, l'ahhe Kleuriel. employé au cahinet de Blacas. avait chanir»la date et quelques phrases Ces falsilic.it ions leur donnaient une toute autre signification que celle qu'elles avaient réellement. — Voir à ce sujet l'arhamtntary Drlatr*, XXXI. UT-I Mi, le \fonitrur, des* et 11 mai; Emotif. A/iMa«o, i.U+.M ; et la Note a Caulaincourl. io mai. (Arch. Aff. elr.. t*o;

LES DEBATS l> l PARLEMENT ANGLAIS 45»

la Induration suivante : « Le soussigné, en échangeant les ratifications du traité du 2î> mars dernier, a ordre de déclarer que l'article VIII doit être entendu connue obligeant les parties contractantes à faire des efforts communs contre le pouvoir de Napoléon Bonaparte, mais qu'il ne doit pas être entendu comme obligeant S. M. H. à poursuivre la guerre dans le but d'imposer à la France aucun gouvernement particulier. Quel que soit le désir du prince régent de voir S. M. T. G. rétablie sur le trône et quel que soit s«m empressement à contribuer, de concert avec ses alliés, à un si heureux événement, il se croit néanmoins obligé de faire cette déclaration, autant dans les intérêts «le S. M. T. <!. en France que pour se conformer aux principes sur lesquels le gouvernement britannique a réglé invariablement sa conduite1. >»

Les plénipotentiaires d'Autriche, de Prusse et de Russie adhérèrent à cette Déclaration* ambiguë et fallacieuse : ambiguë, parce que tout en proclamant qu'ils ne s'obligeaient pas à restaurer Louis XVIII. les souverains protestaient « de leur désir de le voir rétabli sur son trône et de leur empressement à contribuer à un si heureux résultat »» ; fallacieuse, parce que celte guerre, qui, selon les paroles des souverains. « n'était pas entreprise dans le but d'imposer à la France aucun gouvernement particulier >», devait, dans leur pensée, avoir pour résultat le rétablissement de, Louis XVIII. Le cabinet de Vienne ne voulant point de la régence3, le czar ayant re-

I. I». . l.«nilMii «!«• i.;i»tli'iv.itrli. L«>n<ir»s. ;i\nl < . I»'Anprt»-rt '■»"'» ''"'s iirvn;: i»:f. Osilrrra^h » \V.lluik;t..n «t a cbn.arty. Loiuli-fv « avril D%ip-ttch* of CaitUreayh, II,, «rt Uancarty u (•aftllerrairh, Ym iim . ii mai. /".•««•i. M mai.')

i. ufil. r mnform.- ito rahim-lft <!«• Viniiit. »!«• Saint-t»el«.-r»l>oiirK et «V ll< rlm, Vi<-nti» . •> iit;n It'Anc l«-rl, Il7»»-tl77.

i. i,»uit. />-/... H.lTu. M. u. ri.i. h, l/. iw .I, T;ill<-> raud ft L»m« XVIII. VuTiinr, JJ a\nl x<:»rrt*p. acre Um» A' 17//, k»7 . \j» ...n.luilr .|p IVut-

noncé à ses vues sur le duc d'Orléans 1 et aucune des puissances n'admettant l'idée d'une seconde république française, la royauté des Bourbons était nécessairement appelée à remplacer l'empire. Le droit d'exclusion que s'arrogeait l'Europe équivalait au droit de désignation qu'elle se défendait de vouloir exercer'. Interdire à la France de conserver Napoléon, c'était implicitement lui imposer Louis XVIII.

Tous les Etats de l'Europe entrèrent dans la coalition. La Suisse elle-même prit parti. Le président d«> la Diète écrivit à Caulaincourt : « La Suisse ne peut, par la reconnaissance du gouvernement actuel de la France, suivre un système opposé à celui de toute> les puissances de l'Europe... Lorsque la Franco, en paix avec elle-même, aura retrouvé le bonheur sous un gouvernement stable et reconnu par l'Europe, lo vœu le plus sincère de la Suisse sera rempli'. » Dès les premiers jours d'avril, les troupes espagnole*

percur d'Autriche envers sa fille rt son petit-fils en mars et en avril m» confirme bien ces témoignage* 'voir 1815. I, 4*7, 450-452).

I. Tallevrand. t orretp arec Lo*i$ XYtli, 407-40». Nesselrode à Po77«., Ilrldelberg, 17 juin (Pozzo, Corretp., I, l«s}.

i. C'est dans ce sens que sir Charles Stuart fut officiellement charge par le prince récent «l'expliquer à Louis XVII! la contre-déclaration i Jaucourt à Tallevrand. Cand. i> avril; Arrh. AfT. étr.. «4«. et àTnlleyrand. Corretp »i>«c Louu XY/II, 379, note) et que l'entendaient l'Autriche et la Prusv Seul, le czar prit un peu au sérieux cet arle diplomalique et admit, connu-- |*>*sibb\ une autre solution que le retour du roi légitime. Toutefois, comme il le faisait écrire par Nesselrode a po/zo. • il ne favorisait de lies v.pux et même de tous se* moyens que In restauration de Louis XVIII .. P..770 t'orrtip., m*. > — Jaueoiirt était donc fondé a écrire a ses agents iCiivulairv du t9 mai. Arch. Aff. ctr., * 7 . : • Les puissances s'interdisent de prevrire a la France le choix d'un souverain, puisque, en effet, il n'y en a point a ehoisir. •

I. Président de la Diète à Caulaincourt, Zurich. 20 avril 'Arrh. Aff

etr.. (SOI).

commencèrent à se masser sur la frontière ; le 2 mai, Ferdinand VII publia une déclaration de guerre « au nom de la justice, de l'humanité et de la religion 1 ».

Dans l'Europe ameutée. Napoléon n'avait qu'un seul allié : Murât. Et non seulement cet allié était débile, égoïste et peu sûr, mais par sa précipitation à courir aux armes il allait se perdre irrémédiablement sans être d'aucun secours à l'empereur. Le 24 ou le 25 février, Napoléon avait dépêché au roi de Naples le chevalier Colonna. Colonna avait la mission d'annoncer le prochain départ de Napoléon et de signer un traité de garantie, si le roi l'exigeait; il était muni de pleins pouvoirs à cet égard. En retour, Napoléon demandait à Murât d'assurer personnellement le ministre d'Autriche de ses dispositions pacifiques, et d'envoyer en même temps un agent de confiance pour faire au cabinet de Vienne une déclaration analogue. Ces démarches, avait ajouté l'empereur, ne devront pas empêcher Murât de se préparer à la guerre, car si l'Autriche prenait parti pour Louis XVIII, l'entrée en ligne de soixante mille Napolitains obligerait cette puissance à une diversion importante*. Colonna arriva à Naples le t" mars, et le 5 on apprit l'évasion de l'île d'Elbe \ Murât s'empressa d'appeler au palais le comte Micr, ministre d'Autriche, mais bien loin de lui faire part du message de l'empereur (il craignait sans doute de se compromettre), il lui déclara que sa politique resterait entièrement subordonnée à celle de l'Autriche

1. Manifeste du roi d'Espagne. Madrid, î mai. lArch. A AT étr.. 1801.)

S. Napoléon, L'tU d'Elbt tt Ut Cent Jours (Con-vtp., XXXI. U). Cf. Montbolon, Rieitt, II. 37.

3. Napoléon, ibid. Francechetti. Mém. tur Ut événement t tU \af,Us, U-u, noU-s. Mier à Metternich. Naples, 5 mars. (Cite par llelfpuh, Murât *nd m,* Utstn Kfimpfe. Appendice )

et que rien ne pourrait le faire dévier de ce principe. « — Je voudrais savoir, dit-il, la marche que votre gouvernement compte suivre en cette occurrence afin de m'y conformer. » Le même jour, il manda à ses ministres à Vienne et à Londres de faire la même déclaration au cabinet autrichien et au Foreign office*. La reine Caroline ne paraissait pas mieux disposée pour Napoléon. « — Comme sœur de l'empereur, dit-elle à Mier, je ne puis souhaiter sa mort, mais j'aurais bien désiré qu'il se tint tranquille à nie d'Elbe". »

Cependant, les nouvelles du débarquement au golfe Jouai», de la marche rapide de Napoléon, de son entrée à Grenoble vinrent bientôt troubler Murât. Avec son imagination galopante, il vit Napoléon non seulement restauré sur le trône de France mais faisant trembler l'Europe et lui imposant ses volontés. (Irisé par le succès de l'empereur, il songea à agir comme lui. Napoléon entreprenait de conquérir la F ranci' avec une poignée de grenadiers. Lui. qui avait une année de soixante mille hommes et qui se crovait aussi populaire dans la Péninsule que son beaulivre pouvait l'être au delà des Alpes, ne devait-il pas tenter de conquérir l'Italie! A son premier appel, cent cinquante mille patriotes se lèveraient dans les Légations, en Toscane, à Modcne. à Milan: alors, il ne craindrait personne. Mais il fallait se presser, il fallait chasser les Autrichiens en même

I. Mi. r a M«il. -rni.ii. Napl.s, <-t 9 m:«r- vil.-.» |».-ir H.ifr.-i.ii . \V<. Il melon ii i::i>tlr-r*\iuh. Vu-un.', mars. \i)is,muht. A//. JT*

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I.'lln'. «lu U> mars. Mut r;ij»|wirtf <|u<- liar.'lm»- lui «ht : • .lai «ouUmiu m •II-* l'.iili iii. f fran. aiy jusqu'à l.i <l« nner<- .-xl n-inilf». < :ir jVlai- |mtsu.'«<I< ■«• ■ pi.- n..« int.-r.-ls I <'xiL'. ;ii- ni. mais |. s .-\ .■ti. in. iiU ..ni .lu liirini-.-r n-lrp«.lili>|u<*. \<»liv salut <l''|Mri-j <[■• n"lr-- um>>u av.-.- l'Aut i i- lo- <i j \ ti«-n< .. rui-.-l r.inn-. Si l'An I ri'iic »>t -ii -(>'.».•.• a s*- ^ ] »| i- aux nij. ..-s po««:],;. ■» .t.- N;i|i..i. le n»i dvvra t . Il, . .

temps que Napoléon chasserait les Bourbons. Autrement, l'empereur réunirait de nouveau l'Italie à la France, et lui, Joachim, resterait roi deNaples comme devant. Un mois plus lût, il eût été bien heureux que la possession de ce royaume lui fût reconnue par le contres, mais à l'heure présente l'insensé voulait profiter des événements pour se faire roi d'Italie'.

Des le 8 mars. Murât prépara son entrée en campagne. Tous les disponibles de l'armée furent rappelés ; on organisa les milices; la garde royale et les troupes de ligne reçurent l'ordre de se tenir prêtes à partir pour rejoindre dans les Marches le corps d'occupation. On subvint aux premières dépenses avec les fonds des différentes administrations, on vida jusqu'à la caisse des hôpitaux. Murât ne pouvant cacher à Mier ces préparatifs de guerre s'efforça de lui persuader que loin d'avoir aucune intention hostile contre l'Autriche, il mobilisait ses troupes afin de pouvoir la seconder comme en 18 H. Mais le ministre autrichien n'était pas dupe. Le 12 mars, il écrivit à Metternich : <* Tout prouve que le roi a pris son parti... Il tâchera de soulever l'Italie et d'en prendre possession; il faudra donc qu'il se batte avec nous... Ma position ici devient très embarrassante2. » Murât quitta Xaples le 17 mars: le 19, il était à Aucune avec le gros de son armée, taudis qu'une division, destinée à opérer en Toscane, marchait de tiaète sur Home par Terracine. Le roi avait fait demander à la Curie libre passage pour celte colonne: Pie VII refusa son autorisation, et à l'approebe du corps napolitain, il partit

i Mi- r à M'MtiTiiich. N;i{»]«'«i. '■• -'l ni-ir*. « Itte |».ir 11- lfivj. |,, )fur >; u»>i t'iité irtzt'-n Kf'Hff*. A|ij'«JU<li'"". I'' |>r, \l>-m.. 1, J».TiMiir> jt 1;.

ri-iti'* 0«tl>»Thit:. s. 1., t.» juill.-l. (.!/*•/>». <<" rat Jr>-;>,t,\ VII. t.. .. N;»|»' L oti. C<.r,«)> . XXXI. IIU-U7.

:. Mi»r a Metlirnich, N;i|i|. s. 1 i tt to mai*, a l.itllo. Il mars. • . 4i Mi» r. U rn.'ir* cit. par ll.-Ui > •icti. Appomiio- t'.f. la SoU- >[<: C:uui<i:l;i .n. a M'-tt'TiiK h, Vi.-jiii.'. > a\ril I> An^. U rl, .••»*

précipitamment pour Gênes, « aecompapné,dit Lucien Bonaparte, ou plutôt emmené par le corps diplomatique 1 ».

Après être resté huit jours à Ancône, Murât continua sa marche vers Bologne. Le 29 mars, il reçut entre Fano et Pcsaro1 une lettre absolument incohérente de Joseph Bonaparte où ce prince le conjurait « de seconder par les armes et par la politique le généreux mouvement de la nation française »> et de donner des assurances pacifiques à l'Autriche tout en marchant aux Alpes. C'était lui dire de demeurer en paix avec cette puissance en envahissant des provinces occupées par elle *! Au reste, ces maladroits et imprudents conseils n'eurent point l'influence que Murât y a attribuée après sa défaite 4. puisque, le 29 mars, il avait déjà fait acte d'hostilité en dépassant la lipme de démarcation établie entre les armées autrichiennes et napolitaines6. Arrivé le 30 à Himini, il publia un appel aux armes pour l'affranchissement et l'unité de l'Italie. Dans ce manifeste emphatique, le nom do Napoléon n'était pas prononcé. Mais si Murât ne vou-

I. Oalloà Mier. Naples. 17 mars (cil»- par llelfreich, Mtrmt undtrine lei: len K>tm/>fr, Appendice . Pe|w, M>n.. I. i.Ml. Artaud. HiMt. dr ht- VII, III. Ht. Notes do Lucien Bona|»arte (Arch. AflT. étr., 18ir>).

i. pepe, \/> »i., I. î:,:. Cf. la lettre «le Jérôme à la reine Catherine ( UVm. <l* roi Jft>,mf, VII. Il où il est dit que Jérôme rencontra Murât le in mars eut n- Mmjratflia et Kano.

1. Joseph a Mural, l'ran^ms, l<j mars (Areh. AfT. étr., 1 sol ). — C. M.- MU e, incompréhensible et tout à fait opposée aux instructions que Joseph avait remues de Napoléon, ne ligure pas dans la Cormpondamce du roi J<i*tpk L'éditeur de cette Correipondancr a évite, en ne l'y insérant pas, d\.\oir a l'expliquer.

4. Lettre «le Belliard a Davout. Casleldi, ti mai (citée par Yumr. l.*c^ + Bonaparte, III. it>7\

•>. Lettre de Mettennch au prinee de Cariali. Vienne. * avril eih-e par Helfrcieh. Murât <md ieinr Utzrn Kûmpfe] : •• Le roi de Naples ayant franelu la litrne qu'il octinait dans la marrhe d'Ancone, cctt> dema r-h- ne |MMit être considère»' «pie comme une asrression. .. • Cf. Weltm irt'>n a Casllereajfh. Vienne, i» mars [btifioirh*. XII), et la lettre de J-rOtn»h la reine Catherin*' A/>-n. .lu r.» J n.ne, VIL IV: • Mural me dit le in mars Je fais la irm-rre a l'Autriche, et a l'heure qu'il esi h>« hostilités >ont commenc es >

lait pas évoquer clans l'esprit des Italiens le souvenir de l'empereur, ni surtout celui du vice-roi Eugène, ses précautions étaient prises en France, pour s'assurer l'appui de son redoutable beau-frère. Fin quittant Naples, il avait dépêché à Paris le comte de Bauffremont avec mission de déclarer à l'empereur qu'il pouvait compter sur lui1.

Murât ne doutait pas du succès, et. de fait, sa folle expédition s'annonçait heureusement. Les avantpostes autrichiens se repliaient à l'approche de sa cavalerie, les patriotes s'agitaient, Bologne, Padoue, Brescia, Venise, Milan étaient dans la fièvre, les gardes du corps de Parme se rebellaient en criant : Vive l'empereur î Le 2 avril, le roi entra a Bologne, évacuée la veille par 9,000 Autrichiens. Le 4 avril, il força le passage du Panaro et vint coucher à Modène ; à sa droite le général Ambrosio s'emparait de Ferrare et, à sa gauche, le général Pignatelli occupait Florence* . Mais les succès des Napolitains étaient comptés. Tandis que Murât dispersait son armée en plusieurs détachements, les Autrichiens se concentraient derrière le Po. Il épuisa dans de sanglantes attaques contre la tète de pont d'Ochiobello les 20.000 hommes restés sous son commandement immédiat. Bientôt les Autrichiens, passant de la défensive à l'offensive, contraignirent le roi à se replier sur Bologne, puis sur Bimini, puis sur Ancone. Murât espérait ramener son armée dans les Abruz/es pour y mener une guerre de chicanes. 11 ne le pouvait plus. Après leurs victoires des 0 et 10 avril, les Autrichiens s'étaient divisés. Pendant que Neipperg

I. i.azutedt V i4»«>t4, 13 avril ''citi'v par lo Journal r«i>friW, d«» (Jand, n» 4,'. Cf. Napoléon à Dccrés. 30 avril [Arcli. nat. AF. IV. ou7:.

i. Orloff, Mtm. *ur royaume d* Sapin. II, Prpo. M' '»- I. 2 •'.»-

. Iklfreich, .Vur*t unU iein>- Utztrn KAmpft, «, h». Mrneval, *ouv., II,

il'r-JIO.

avec 10.000 hommes suivait Murai sur la route du littoral, Bianchi. s'avaneant par la Toscane et le- Etals «le l'Eglise à la tète de 12.000 soldats, vint lui couper la retraite à Tolentino. La bataille dura «leux jours, les 2 mai et .*i mai, et se termina par la déroute «les Napolitains. Entraînés par Murât, ils avaient montré «le l'élan dans la première journée : ils ne résistèrent pas à l'attaque décisive. Ils laissèrent sur le champ «le bataille leur artillerie, leurs bagages et i.000 tués, blessés «m prisonniers. Murât chercha vainement la mort sous les halles et jusque sur l«*s baïonnettes autrichiennes. Pendant la retraite, son armée entra en «li>solution : il v eut en huit jours vingt mille déserteurs. Le 11 mai. Mura! rallia derrière le Volturno une dizaine de mille Innnmes. C'était ce qui restait «les quarante mille siddats qu'il avait au début «le la campagne'.

ACastcl di Sagro. Murât fut rejoint par le général Belliard. L'empereur l avait envoyé le 22 avril pour exprimer au roi «le Naples son mécontentement qu'il «•ut engagé les hostilités. <« car lui voulait la paix ». mais pour l'assurer néanmoins de son intention de h» sec«»nder8. Belliard conseilla à Murât «le fortifier (iapotie où il pourrait soutenir un long siège. Le roi hésita, pensa à traiter, perdit du temps. D'aillcur*. <e» derniers siddats étaient abattus. démoralisés, incapables «h* la m«>iudre résistance: plusieurs g«»m',raux parlaient d'ahilication «»t semblaient prêts à trahir:

I. l.'-ttr-- <lr It.-1 ! ' -> r.l a lMvr.ijt. ila-i-'! h >:i.-p-». 1 i nui .-it"0 par Yuru\ / -i . •• • r. III. . . llu'|> 'f'- VirfKK- Je,»-**! r*,,,r*r,

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partout lu révolte menaçait ; enfin, pour éviter un bombardement, la reine venait délivrer à l'escadre anglaise les vaisseaux et l'arsenal de Xaples. Apres avoir souffert les mêmes angoisses que Napoléon à Fontainebleau, Murât apprit le 18 mai que les Autrichiens n'étaient plus qu'à une marche. Il rentra éperdu à Xaples : « — Madame, dit-il à la reine, ne vous étonnez point de me voir vivant : je n'ai pas pu mourir1. »> Kn vertu d'une convention conclue avec le capitaine Robert Campbell, commandant l'escadre britannique, Caroline et ses enfants devaient se rendre à bord du Trrmeudous pour être ramenés en France. Le 10 mai. Murât quitta Xaples, déguisé en matelot, gagna Ischia et réussit à s'y embarquer sur un bâtiment danois qui le conduisit à Cannes. Il loua une maison aux environs de Toulon. Ironie des choses! la villa où ce roi détrôné, ce général sans armée, ce Français sans patrie, passa trois mortelles semaines à attendre sa femme et srs enfants, qu'il adorait et qu'il ne devait plus revoir, s appelait Plaisance*.

L armée autrichienne entra à Xaples le 23 ruai tandis que la reine Caroline était emmenée prisonnière àTrieste; l'amiral Kxmouth avait refusé de ratifier la convention conclue par son subordonné3. Ainsi, un mois avant que le premier coup de canon fût tiré sur les frontières du Nord, les 00,000 Autrichiens concentrés en Italie étaient devenus disponibles pour se porter vers les Alpes françaises.

Murât espérait avoir un commandement dans l'ar-

l.l/^i. ,li n.-lUn,-xl. II. .'il, M» Il. lfr.M- l,. Murât u»,l t. -»«,• htzttn

K'inijtfe. . Non wliVs <>fiii i< H^s d<- Vi'-inir. Journal l nirrru !. n" u».)

i. liapporl <l«» Val» ]. vaM d.- rki-nl.iv de Mur.it. rit»- dans le suppl. m<-nt t\f KnmoM'ht-tti. »l-i.S. de l:.h,ard. II. ïii. <;f. |;ri),|M.ri de I<miik- ft

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S. |i.i|>|K»rl du (MpiUiilD- Thutn Journ-il ( mr.-rt.'t, de (..nid. n* U» . Cf. Bulletin du .juarlier gênerai, Ikid».lt>t. i ^, Jl mai \\rch. guerre...

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