‹ 1815 (volume 3)Chapitre 162 sur 226 · SC · texte numérisé non relu

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niée impériale, mais au lieu d une lettre do service, i! reçut un envoyé do l'empereur, M. de Baudus, qui l'invita h rester en Provence jusqu'à nouvel ordre. « L'empereur, lui dit Baudus. ne peut appeler auprès de lui ni employer dans son armée un homme qui. il y a un an, a combattu les Français. Il vous blâme aussi d'avoir entrepris votre récente campagne contre sa volonté. L'an dernier, selon ses paroles, vous avez perdu la France en paralysant les G0.000 soldats du prince Eugène. Cette année, vous l ave/ compromise en attaquant prématurément les Autrichiens 1 . » Murât adressa une nouvelle lettre à l'empereur : « Vous m avez fait écrire par le duc de

Vicence et vous avez ajouté de votre propre main : Je vous soutiendrai de toutes mes forces... Aprè> avoir perdu ma couronne pour vous, je veux verser la dernière goutte île mon sang à votre service V » Les récriminations de Murât étaient injustes. On a vu qu'il était entré en campagne pour réaliser son rêve de la couronne d'Italie et nullement pour seconder Napoléon, dont les instructions lui prescrivaient au contraire de ne point engager la guerre. L'empereur, qui proclamait son désir de rester en paix avec l'Europe et de maintenir le traité de Pari>. ne pouvait vouloir que Murât violât ce traité en envahissant l'Italie. Happroohés des paroles qu'il lui avait fait transmettre par Colonna. ces mots : « Je vous soutiendrai de toutes nies forces » signifiaient qu'il lui donnerait son appui mais au cas seulement

I. .lourn.tl <r<ni <.ifii- n»r cti-M-il >\* lVtnt-ninj<<r de Mural cil»- dnn« \?- V<-it >ii '.'«i.':'. •■ m/,-,/. 11, i,-; y>> . N.i|.o!''..n. i»rr>-ij>.. Uti* <»>tte nul»? U V»|..-l<- .11. p..stont'tjro .ni M tii.u. . >t .i.t.e juir rrrvur: 1' a\nl . Caulam- .mui l ;i .!»•••.). M et I-' juin \r>\\. A (T. <lr.. I^'l 1

i .1.. uni. il .1 un ..r:i. i.t »•••!.. t:iI -I" I '« I;iI-iii:ij.t <!<• Murnt, prroitp. < t l.i ..Itn- ,U- \.(|'"]'"ti n Mur.il, > '1 liiimn^.. < nrm;,.. «IT4V i I»;m* *a Min- «'.• i i.fv \| ii r:i t :illi il 'i< ■ «*l :*uli«' iik.I .i N.q»- Ilii : • M»Mt«v \mn pr. jini|»..i.r.p . ; ni;u>. <» nt.>l ru- ln>u\i |>.is d:m> lu l'-Urf dp 1 einprrrur

LA COCR DE G A X D

où Murât entreprendrait la guerre de concert avvc la France '. Dans son irritation très légitime, l'empereur s'exagérait d'ailleurs les conséquences du coup de tête de Murât. Sans doute, la campagne du roi de Naples, fort inutile en avril, aurait occupé en juin l'armée autrichienne des duchés et contraint peut-être celle de la Haute-Italie à ajourner ses opérations dans les Alpes. Mais Napoléon s'illusionnait en croyant que l'Autriche avait repoussé ses ouvertures parce que l'agression des Napolitains lui en avait fait suspecter la sincérité V Qu'importait à l'Europe que les paroles de paix de Napoléon fussent sincères ou trompeuses, puisque l'Europe était irrévocablement déterminée à'y répondre par des coups de canon î

En quittant Lille. Louis XYUI était d'abord allé à Ostende avec le secret désir de s'y embarquer pour l'Angleterre. On lui rappela le conseil du duc d'Orléans de se retirer à Dunkerque, et il alTecta un instant d'en avoir la velléité. Il laissa Blacas risquer bien inutilement la vie d'un garde de la Porte, le baron de Lascours, que l'on envoya à Dunkerque pour s'aboucher avec le maire et les royalistes. Lascours fut arrêté et traduit devant un conseil de guerre, qui d'ailleurs l'acquitta. Louis XVIII apprit

i. Colonna avait ete autorisé, le iS février, à conclure av»»c Murnt un raitc d'alliance offensive et défensive, mais sous la condition formelle . que ce traité ne serait mis à exécution qu'autant que la poix ne nourrit être maintenue avec les puissances •. Napoléon. L'IU ti'l'lhe et Ui C'*t Jour, (Corrrtp., XXXI, 'H. cf. 11 ,-lU)\. Cf. Monlholon, lifats. II, 37- .ta.v Las-Cases, Il, s:*. \l.m.d« /M/,W. II, il», ct la note de Pcrvin-

quiére. avril 1*15. (ArcJi. Guerre, carton de la corresp. de Napoléon.)

t. Montbolon, ftéati, II, i*. Las-Cases, Mèmoirt, II, i75.

sans regret l'insuccès de cette entreprise à laquelle il n'avait jamais songé sérieusement V Pour reconquérir son trône il ne comptait, selon le joli mot (lu duc d'Orléans, que sur « le moyen anodin d'un million de baïonnettes étrangères * > . Le 27 mars, il écrivit à l'empereur d'Autriche : « ... Je n'ai trouvé dans mes troupes que l'impatience d'aller servir un chef don! le nom leur rappelle et semble leur promettre encore la conquête et la dévastation de LEurope... Les intentions généreuses manifestées dan* la Déclaration du \:\ mars ne me permettent pas de douter que les puissances, intéressées à maintenir l'Europe dans le repos, ne se hâtent d'étouffer dans sa naissance le germe des plus affreuses calamités... ( Test avec la plus entière conliance que je sollicite votre appui pour moi et mon peuple opprimé \ »

Dans l'entourage du roi. on se montrait très <q>posé à son projet d'aller on Angleterre. Louis XVIII céda à contre co*ur, et le l\\ mars, il partit pour Oand où le prince d'Orange lui avait offert d'établir sa résidence. Le comte d'Artois, les ducs de Duras, de Poix, d'Havre, do Luxembourg, de Levis. Itcrthier. Marmont. Victor, les généraux Maison, de Beurnonville. Bordessoullo. Donnadieu. Louis de La Boehejaquelein. Thibaut de Montmorency, le chancelier Dambray. Blaeas. .laucourt. Louis. Heugnot. Bonrrienne. Clarko, Chateaubriand. Oaëtan de La Boehefoucaubl, le comte de Bruges, Boux-Laborie. Berlin l'ainé. Lally-Tollendal, de Sèzo, les préfets Capclle et Vaublanc, Angles, Mounier. tiui/ot accompagnèrent

1. lil.ici* à I^is» t>iir>. OnicnMe. i'J m.irs. <'.' <!<• I»unk« nju<* a IirouM- M m:ir> Arch. Guerre;. Heury de Ch;il>ou|..n. M I. JT'-Mâo. ei 1815,

i. hue dOrl-.ms a sir Char!. » Stuart, Ili.-lieniund, 30 mai l^ls i Von Jnui-nn!. 13 j .

J Louis XVIMà l emp. d Autrich-.Osl. nd.-. fT mars Arch. Aff. <tr..«i*

l a cor h ni: «;ani> 471

h' roi ou le rejoignirent bientôt. Pozzo di Borgo. <îolt/, Vincent et les autres représentants «les puissances, jadis accrédités à Paris, vinrent reprendre leur poste diplomatique auprès de Louis XVIII. Il v eut à (iand une véritable cour1.

Il y avait aussi un véritable gouvernement auquel ne manquait qu'un pays à gouverner. « Ma correspondance avec les départements ne me donnait pas grande besogne. » dit Cbateaubriand. qui en l'absence de l'abbé de Monlesquion, émigré en Angleterre, avait par intérim le portefeuille de l'intérieur. Iteugnot, ministre de la marine, et buiis, ministre des finances, n'étaient point non plus fort occupés. Llarke pouvait du moins donner des ordres, faire des règlements et combiner des plans de campagne, car il y avait une armée royale : Hi)2 gardes du corps, mousquetaires, Suisses, volontaires de l'Kcole de droit et soldats déserteurs, cantonnés à Alost et aux environs sous le commandement du duc de IlerryV Pour augmenter cette petite troupe. Clarke et ses agents multipliaient les appels à la désertion parmi les corps français stationnés sur la frontière. Iles émissaires de (iand, des douaniers belges, «les royalistes de Lille et de Cambrai distribuaient «tes proclamations où l'on pnunettait. outre une bonne

». < hal.-aul.riaml. .»/.«.. VI. i«'.> 40u. |>urnot. V-m . 11. iJT-a.i:. Marni'fdt. M,m., VII. l'tHiii.. I lt - » 1 i. Hourrimm*. M-m., X. i*t». «iuunt, Mt m. I.

J:ni, ..urt a Tall»vrnn<l. * i . » n • I . la. ii. i-> avril. h.\trait> «1»' rapports, :» mai. (An h AIT. . tr . »a«, , t

l'In-irup* d«* • ••s |w,r>orittae»,H n»* liront <|u«' pas^-r a «iaml Marmonl ol Wt«»r %r fixèrent a Au la « haprlk, Hourrirum- alla a Haml.<mrt:. HfTthi«T à Hainl-cr*. La Ho.'lic.'a<pol.-iii a I.<iu.|r<-<i, puis vu Wn.W.

.'. Ofllncr* fi s..|.lals:Mai>oii Au p.i : toi'.» ; - Volontaires r«.> aux : I i» ; - Cavaliris-li'niont.'s ri infant» ri»? «le lnjn»' : .!».

Situation de l anii'*'' r«t\a|r an ii a\ril. rnvojrr par Jaix <>urt a Ka^vl. Ir t-i avril. Ar»h. AIT. «Ir.fcko .)

On a vu 1815. I, <|u»- le comte «l'Artois n'avait emirn-m- aviv Inique '«"o < avoht-rs environ. Ia* autrr* passèrent la front irr»? iti.liv i«lu. Il- in-nt • •n par petits groui»-* «juantl un li.cm la a Ht thune la Maison militaire

solde et tic bons cantonnements, 80 francs à chaque cavalier monte et 20 francs à chaque fantassin qui rejoindrait l'armée royale. « Voilà le prix que mettent ces misérables à un vainqueur d'Austerlitz et de la Moskowa ! » disait Lobau dans un ordre du jour1. Au reste, ces appels n'étaient guère entendus : «lu 1" avril au 10 mai, il y eut en tout vingt-huit déserteurs à l'étranger*.

Seul de ses collègues du cabinet, le comte de Jaucourt avait autant de besogne que si l'on était encore à Paris. Il recevait et visitait les diplomates accrédités à Gand, correspondait avec les ministres français à l'étranger, tous restés à leur poste, écrivait à Tallevrand, lui donnant des nouvelles de la cour, lui demandant des conseils et lui soumettant des projets. Il négociait, sollicitait, intriguait partout : aux quartiers généraux des Alliés pour obtenir l'admission de commissaires royaux dans les états-majors ; à Madrid pour presser l'entrée en campagne de l'armée espagnole ; à Berne pour le recrutement de quatre régiments suisses à lever pour le roi au compte de l'Angleterre ; à Bruxelles pour la formation d'un corps de volontaires hollando-belges ; à Londres pour l'envoi en Vendée d'armes et de munitions de guerre 3.

On sentit le besoin d'un Moniteur. 'Berlin l'aîné fonda le Journal Universel et publia dans le premier

l l*I:i.v»r«is « t pn«-bmations imprimas, s. d. mai\ Vandamm.- à Davmii, : juin, <»rdn> du jourd* l.nl.au. I'» mai. Ar.h. Curnv. Arnirt' du V«rd. r>rou<»t 6 Davnut. 1*'mai. Arrli. nat.. AF IV, tyJî» ï

î. i rhrfs d<> bataillon, i capitaine*, i lieutenants et leurs ordonn.w* : M laurier* du *" régiment, embauches par nu de ces officiers. . t * soldat* d«- différents corps Ktat des désertions a IVtrnnjr^r, du i" avril au lu mai. etDn.uet aD.iv.. ut, I" mai Anh. nat.. AF. IV. A F. IV,

Postérieurement au lo mai. d y »'ut encore «piel.jues déserteurs, outre au'n s le llls du chancelier Hamhray, capitaine au I" lancier. iFteille a havont. 17 mai. Arch. nat. F. J"ù

». O.rp spondance. de Jaucourt, du 8 avril au 4 juin. (Arvh. AfT. êtr.

lé A COUR DE (i AND

numéro les deux ordonnances du roi, antidatées de Lille, 2A mars. L'une portait défense à tout Français de payer « au gouvernement dit impérial » aucune espèce d'impôt ; l'autre licenciait l'armée française'. C'est dans cette feuille, augmentée ce jour-là d'un supplément de quatre pages, que parut l'interminable rapport de Chateaubriand sur l'état de la France. L'auteur de liuonaparte et les Bourbons y dressait à nouveau l'acte d'accusation de Napoléon et opposait aux crimes du second (ienséric les bienfaits du souverain que ses sujets avaient appelé leur père. Lally- Tollendal donnait au Moniteur de l'émigration des articles de doctrine, et le reste du journal, qui, d'ailleurs, ne paraissait que deux fois par semaine, était rempli de renseignements vrais ou faux sur Paris, d'attaques contre Bonaparte et de renseignements sur l'étranger où l'on dénombrait complaisamment les armements des Alliés*. De son côté, Bourrienne qui avait été nommé ministre à Hambourg employait les loisirs que lui laissaient ses fonctions diplomatiques à écrire de petits articles pour le Correspondant de Hambourg. 11 y démontrait les dangers que Bonaparte faisait courir à l'Europe et la nécessité d'une prompte intervention : il combattait en même temps les idées de vengeances et de démembrement prêchées par la presse rhénane. « Est ce bien servir la cause de l'Europe, disait-il. que d'exaspérer les Français, de leur mettre les armes à la main alors qu'ils n'aspirent qu'au moment de célébrer la chute du tyran 3 ? >» Tallevrand prisait plus les articles de Boiirrienne que

I. ('.oiiiiiif l'.i f.til rvin ippii-r I»' <\n-- li'OrN-rm* l/<>n Jam-mit, W) » t IM il rst l.i.-n f-vi lcrit <jne m I..»uis XV11I .iv;.it m, «lu à Lil!-- *»n nri1i-rii>.w«' <!• Iji '-iKn-nii'iit. il «mi ;uir.iit mf-iiin»- <*•• priuc»- vl lo man •» M«.i tu r «pu nv.innl I»* <-niniiinii<lf(iii'i)l »i«-H tn»«i|n s.

ï. Journal l „t>*rxtl < . 1» nunivr»*. du 14 avril au il juin.

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