I. Talleyrand a Louis XV11I, 17 mai (Correi,,., 4i
i. Cf. la Note de (iagern. 13 avril (D'Angebert, H»73-107t), les journaux allemands, notamment le .\fercurr du Jthm. de mars à juin, et les Mémorandums de Ilumboldt, de Metternich et de llardenberg, août '.Arch. AIT. .Mr.. 67i>.
i. Sur la proposition de Talleyrand, on avait in»1*1 dans le traite du iS mars l'article suivant : « Le rot de France sera invite a donner son adhésion au traite et à faire connaître quels secours les circonstances lui permettront d'apporter à l'objet du présent trait»-. . Le mars, on croyait encore à Vienne que Louis XVIII n'avait pas quitte Paris, ou du lupins qu'il s'était retire dans quelque place forte avec un noyau de troupes fidèles. On le considérait encore comme roi d* farto. Mais le in mars, quand les plénipotentiaires reçurent une note de Talleyrand portant .qu'il >e trouvait suffisamment autorise par la teneur de ses instructions à adhérer au nom de S. M. T. C. à chacune des stipulations du traite ., la situation de Louis XVIII avait clianire et les idées des Allies s'étaient modifiées en conséquence. Louis XVIII n'étant plus roi que de jvrr. il ne |N>u\ait remplir les conditions du traité, c'est-à-dire coopérer avec son armée aux opérations militaires. En outre, les puissances comprenaient qu'elles allaient avoir a faire de grands efforts, et elles pensaient dej.i à s'en dédommager, les unes par des contributions de guerre, les autres par quelque accroissement territorial. La note de Talleyrand fut donc simplement annexée au protocole de la séance du i* mars, et ce fut tout.
Il y eut en quelque sorte accession officieuse mais non accession nffi- • b-lle. Il n'y eut rien d'analogue aux traites d'alliance avec |e Portugal i.s avril) qui s'engageait a fournir 4J,i>oo hommes ; avec la Sardaiirne [<.> avril)
aussi les plénipotentiaires avaient glissé dans la Péelaralion du 12 mai cette phrase grosse de menace* : « Il ne s'agit plus aujourd'hui de maintenir le traité de Paris, il s'agirait de le refaire. Les puissances se trouvent rétablies envers la France dans la position où elles étaient le 31 mars 1811. >» Cette Déclaration par laquelle le congrès, tout en protestant de son respect pour le traité de Paris, marquait son droit de le reviser, Talleyrand eut Tétourderie ou la faiblesse d'y apposer sa signature1.
Malgré les lettres optimistes de Talleyrand. les bonnes paroles de Wellington, les assurances oflicielles de Pozzo, de Vincent et de sir Charles Stuart. Louis XVIII avait des heures d'inquiétude. L'exclusion de ses commissaires, les déclarations de l'Angleterre et des autres puissances qu'elles ne poursuivraient
qui s'engageait à fournir l.'..ooa hommes ; avec ln Bavière , t.» avril, «jui *Vnir.i^-ait a fournir i.m.u'M) hommes ; aver les Pays-Bas : . avnl) «pu s m i créaient a fournir ;>".<»(m« liomtm*s, "te. ete.
Voir surretU; question la Note sur l'ariessioii au traitedu 2> mars, s. ''. . la Note de d'Ilauterive. Il mars I s| ti /Aivh. AIT etr.. *.T2 et <-4» et 1» ili- • ours de l«.ril Liverpool à la rharuhre des Lords, i" février tMo. l'ai l ,<i- ,in>nt<ict/ Jebatei. WX1I. o.U ''>t,.i.i
I. Protocole de la v,an..> du 1.' mai [»'An;.'ehert, IIM-ll^v — (>tl<- 1». etaration ou plutôt <<• ra [•[>■< ni, redn-- par «k iiI? et approuv.- par 1«s plénipotentiaires dans un»- séance dont le pn» es-\. rhal fui rendu puLli.' i la it destin-- a r. p. -mire au rapport <(u i avril des présidents de s.-. ti..n <'.u Conseil d'Ktat imp« nal. puhhe dans 1rs i.-uruaux français des l.l et U avril
Le rapport -.munies le du Conseil d'Llal r-dice par Be-nand s* -us la di. t. ■ dr \ap. l'-m. exposait en i : I* l<> fond ri la forme de la !»<■. lai ati- n «m I i mai - prouvent «pie . . llr pieee a ete fal.i i.pn-r par 1rs iuim*tr's ill.ouis Wlll : r le iraitr .I.- Koiitaii,rM«'au avant rte \iol<- |>ar les lt r Irons ri par 1rs puis*an<-r* allirrs. N ip..l.-on riait endn.it dr !•• ron»id"!"«'i «•ommr n.mpu : -J* 1'rmprrrur a «putte 1 il,- d hlt.r pour délivrer la Kdu.v d'un v'..iivrni.'iii.'iil .pu . (ail rru lii odii iiv : f I . mp- rrur <•! la rran-. xrul. iit la pux rt l'rxrrution du traite dr Pari* ; :>■ il n'y a don,- n-n ■(>• rhancr dans ]> s rapports internationaux. .1 |. s piu>*an< <-s n'ont aucun dr-it d'assigner a la France un autre iroiivcrncincnl ipn relui <|u'ellr a hl-rrincut choisi .
La r-pori*.- de Cm 1 7 rom -1 liait ainsi : P la d. .la rat ion du I i mars n ete di« te.- aux p.n*-.aie rx j,.,r - mollis <), ju*ti- •• , f <-,•* motifs sul.Msl. nl dan* tout»* leur for. -e , ,i ■ l'oM're de \ai>"k >n de ralili- r le traite Paris u-saurait don.-, sous am an rapport. changer •n-p..-il mus ,hs piuss.ino -
L A COUR DE fi AND
pas lu guerre pour imposer une dynastie à la France, les projets de démembrement exposes dans les proclamations haineuses de Justus Grimer et dans les philippiques de Slein et de Goerres \ l'appréhension de manquer quelque jour d'argent (il avait pu emporter de Paris tout au plus cinq millions s;, les velléités du czar de mettre le duc d'Orléans sur le troue*, la conduite de ce prince qui, nonobstant les sollicitalions et même les ordres de son souverain, s'obstinait à rester en Angleterre, loin du commerce compromettant des émigrés de Gand*, tout cela ne laissait pas de troubler Louis XVIII. « Le roi, écrivait le 23 mai Pozzo à Nesselrode, est dans ce moment très alarmé sur son sort. •> « Ils sont si tourmentés à la cour de Gand, écrivait-il encore le i juin, que j'ai besoin de les soutenir contre mille alarmes 5. »
I. Jaucourtdans des lettres a Talleyrand (ls avril) et à finllr. * mai) se plaint du langage furieux des Prussiens (Arch. AIT. étr.,<U«>. '"'47'.
i. Les quatorze millions de trait»:», que sur le conseil de Vitrolb-s on avait fait pass»-r à Londres dés le li mars, furent protester* eu Angleterre par le gouvernement imj»enal. Louis XVIII n'avait donc à (iand que cinq millions ou quatre millions et demi en or et en argent qui avaient et«' chari;< s sur «les fourgons au «léparl des Tuileries. 11 est vrai que le mi possédait. «-ouirne suprême ressource, les diamants de la couronne, évalues a douze millions. N'oie, (iand, .» mai. (Areh. AIT. elr., Po/.sro. a Nesselrode. Bruxelles.
IT avril. iCorregp., 9i. Vitrolles, II, 3:.i-:uo.
Avec ces quatre millions et demi, il fallait suffire à l entretiende la M; i son du roi et de la peli te armée d'Alost.au traitement des agents diploma.r qin-seteonsulaires. Jaueourt. «Tailleurs, ecrivitaux pivmiers qu'on ne |r>uv:hI accorder que li.nuo fr. par ambassadeur, et aux seconds : • Je ne puis envoyer d'argent. Oue ceux qui n'ont pas de ressources quittent leur posie; que ceux <pii en ont y restent. Ils seront payes et récompenses plus lard. • Jaueourt au M" deRonay, i mai.; Cir- ulair.- aux consuls, il mai Areli. Ail. etr.. 6U>, 64t..
3. Voirl8i5, I, 44*. — Tall»-yran«l informe par < Mane.irty et parMette rni'di des projets du czar en avait instruit Louis XV1I1 (Corrfip., 3'.'7-tU . n« n point qu il fut véritablement inquiet «les dispositions de la Itussie, mais a lin de démontrer au roi qu'il y avait ii.-«-«>sitr p«»ur lui d'aflinio-r des principes, constitutionnels.
i. Correspondance du duc d'Orléans avec Louis XVIII, lilacas, Lally Totleii'lal, Wellington et Stuart. (l»uc d'Orléans, t/o» Journal, 11'», sq. ) Wellington à il.isllereagh, Bruxelles. 1 1 avril ùispatch*. Supplément, X, 6O-0I . Jaueourt ù Talleyran I. et iu mai. (Arch. AIT. etr.. i.4*...-
>. PoZZ«j, Carres/».. I. IIS. 170.
Louis XVIII n'en garde pas moins son attitude majestueuse, sa superbe à la Louis XIV. Il mendie l'appui îles souverains du ton dont il donnerait des ordres à ses grands vassaux. « Louis était roi partout, dit Chateaubriand ; son nom était son diadème. >• A (iand, il maintient les coutumes et l'étiquette des Tuileries. Chaque matin, ce roi in partibm donne audience à l'un ou à l'autre de ses ministres, même au ministre de la marine. Chaque après-midi, il fait sa promenade habituelle, en calèche à six chevaux lancés ventre à terre, avec une escorte de gardes du corps. Deux ou trois fois par semaine, il y adiner et réception à la cour. Le comte d'Artois désigne quelques personnages pour son whist, et le roi. qui ne joue plus, juge les coups. Le dimanche, Louis XVIII va en grand cortège entendre la messe à la cathédrale de Saint-Baven, frappant d'admiration les bons (lantois par son frac à grosses épaulettes d'or, son cordon du Saint-Ksprit et ses guêtres de velours rouge. Il semble que rien ne soit changé à sa vie ni à sa position. Il parait être, non en exil, mais en résidence. Il reçoit les ambassadeurs avec la même aiïabilité hautaine, le même orgueil bourbonien ; et quand sur la route de Bruxelles ou dans les rues désertes de (iand, il rencontre lord Wellington, ce généralissime en qui reposent toutes les espérances de l'Kurope et les siennes propres, il lui fait d'un imperceptible mouvement de tête un petit signe protecteur '.
Louis XVIII avait dans son droit une foi inébranlable. A Vérone, à Mittautà llarhvell, jamais il n'avait
1. < li.Tt.-.uihn.mil. .Vtm , VI, Hii-HT. BeuiriiMt. M- >n , II. i.s-i'O M.irnx»nt M- i VII. :»l . fini rot. Me»t., I. k.;. « <ht« >[M.fi<1;tn. .• ,J«- (i.uxl Jo»rnal Jr t £•«,'<"•. t.» avril,. Haj>|«.rU sur «.;m-l, > iu.h * t ijum An h. <k-s Art'. • tr..
L A COtll D K il A Ml *8i
désespéré. A plus forto raison ne le pouvait-il pas à (laiul. Là, il n'est plus un fugitif comme en Italie, un proscrit gênant comme en Russie, un prétendant éventuel comme en Angleterre. Aux yeux de l'Kurope. il est le roi de France. Il a des ambassadeurs dans toutes les capitales, des représentants de toutes les cours sont accrédités auprès de sa personne, son plénipotentiaire, le prince de ïalleyrand, signe l'acte linal du congrès «le Vienne, et si les puissances ont pris les armes bien plutôt pour assurer leur propre sécurité que pour lui rouvrir les Tuileries, ce n'en est pas moins à son profit qu'un million de soldats marchent vers les frontières de la France.