LE MOUVEMENT RÉVOLUTIONNAIRE
être moins le souverain de la France que le premier de ses citoyens. » A Lyon, il annonce qu'il reparait pour défendre les intérêts de la Révolution; il proteste que le tronc est fait pour la nation et non la nation pour le trône ; il rend des décrets révolutionnaires, abolit les titres de noblesse, dissout la Chambre des pairs, bannit les émigrés, séquestre les biens des Bourbons. A A vallon, à Autun, à Auxerre. partout, ce sont les mêmes déclarations : « — Je viens pour délivrer la France des émigrés. » « — Je suis issu de la Révolution. » « — Je suis venu pour tirer les Français de l'esclavage où les prêtres et les nobles voulaient les plonger... Ou'ils prennent garde. Je les lanternerai1. » Du golfe Jouan à Paris, Napoléon se donne comme le chef tle la Révolution, et c'est comme le chef de la Révolution qu'il est acclamé sur ce parcours de deux-eent-vingl lieues. Aux Vive l'empereur! se mêlent les cris : Vive la liberté î Vive la nation ! A bas les nobles! A bas les prêtres! Mort aux rovalistes « !
A la rentrée de Napoléon aux Tuileries, à la réapparition des trois couleurs sur tous les clochers, l'effervescence révolutionnaire s'étend et s'accroit. La Marseillaise retentit des Alpes Cottiennes au cap Finistère. Des fédérations et des clubs s'organisent pour « défendre la liberté », « combattre l'inquisition des moines et la tyrannie des nobles », « maintenir
I. I>t?cn»t!» «le Lyon, la iniirs (Jour mil <lu Rhône, U mars, Moniteur, il mars ). Napoléon, Correxp., il.iiHS. Hrlution du Moniteur, 2< mars. Lieulfn.inicoloncl Lalfonle, Itrlmion, 'M, lu'.». Borrint-Siiint-Prix, Nnpnl, -nu n Grr noble, *M>. Klrury tlo Cholxnilon, Mem., I. ïlt, îi\, ti\. Fal.ry, Itinéraire de fiiiowijfirlr. y S.
1. /Irlftm» An Momt>in\ 1A I.:ilnin|e, Iti.'i. HlO F. <!♦' I lt.|t.<ttt)i.!i, [.
ivi, ili-OJ, ii» F;il.ry. o», ><• sj. <>\-\*i. It. y. Adirée a l l: ,ifnr, ,-, «.iucrre.«. Campagne de Lyon vn «MHM.., rj»-ll> ». 1>«|h^iI|"H «lu pr- l't'l Ca(x:ll«' (/•r»w de .\>y, II, 149).
les droits de l'homme menaces par la noblesse héréditaire, honte do la civilisation », « épouvanter les trahisons, déjouer les complots et terrasser la contre-révolution 1 ». (l'est la rhétorique de î Kl . Parmi ces fédérés, il y a beaucoup de vrais patriotes ; il v a aussi des néo-septembriseurs. Les fédérés de Toulouse promènent, un buste de l'empereur en criant: « Les aristocrates à la broche ! » I n fudéré lyonnais harangue ainsi ses camarades : « — Nous savons où sont les royalistes. Nous avons des baïonnettes, sachons nous en servir*. » Mole dit à l'empereur : « — J'ai périr de la révolution menaçante, prête à vomir encore une fois sur la France la terreur et la proscription. J •>
A Bourg, à Nantes, à Houen, à Lunéville, à Brest, à Bourges, à Bennes, à Dijon, on insulte, on menace, on maltraite les nobles et les prêtres. A Paris, même, on chante la Marseillaise et le Ça ira : il y a îles bonnets rouges, t'n jour, l'empereur traversant à cheval le faubourg Saint-tiermain se voit entouré par une foule furieuse qui lui montre de ses poings levés les hôtels aristocratiques. « l ue seule parole imprudente, dit-il plus tard à Las (lases, on même une expression seulement équivoque de mon visage, et tout était saccagé. » Le 11 avril, des bandes de
1. Kxptv^-1'Uis <l'-s At1r» s>. s pour la formation <k-s fédérations *»t d<*s pn;tintiuk-> •!< * p u t,-* foL-ratiT* fie la J{o«:rK"K'i>»'t «W- la UnMagnc, du Lyonnais, «lu l.ancucdoi', du lVnj:ord, etc.
(> fuiviit l»-s l,i'ni.'i'Ur<lin> et mm. ('oinith' tout lo mond»> l'omit. !<•> lin-- Ions «pu pro|. !••> pn-iimT* <!<• ><> forim-r <n nd.ratum. l'n fi-t
la l>or«l' '-'H'' a l ».i \ « <u t . lu mars, An li. <iin,rr*vi M us la n-d^rnlion t»n*tonne fut f'-nm'c «|r li a\nl rt la '.'onfolerali'Mi jhtî •ur«.lin«- r»«*uU'inent lo :i mai.
1 |.\traits >\f la rorrrspnndanrr <\r i. l'i-u. ta|r\ I " mai. .'> juin An h liai. Y. '■ . •<*"»,. I.t* rt >l't l--t< /Vf. V Jn. >s. flr < if. /*<»<» '»•<!« •/»•« »•>•»• m* - ./,■ I tj«u. i : . || y rut < moli..:i< f< ro< ••■«.. Il n'a pa» tnm a •|m-l <ju.- ..r.iU-urs d<^ «lul-s. d<- Sami iM'-nv <[ii«- nous n<* n-vi^ion* U-> j"urs .illroux <l<- y t. '
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LE MOTVKMENT H K VO LU Tl 0 N X A l H E \M
populaire parcourent Saint-Brieuc aux cris »lc» : Vive l'empereur î les aristocrates à la lanterne ! « Des femmes ont éprouve" des accidents, » rapporte le commissaire de police sans préciser davantage. Le 25 avril, le bruit de l'assassinat de l'empereur s'étant répandu à Tarhes. cinq cents tanneurs et dinandiers s'assemblent pour attendre le courrier de Paris avec l'intention de « faire justice des royalistes »» si la nouvelle se continue. Après l'arrivée du courrier, le rassemblement se dissipe en criant : « Nobles, vous l'avez échappé belle, mais gare à vous I » A Bordeaux, en Bourgogne et dans le Dauphiné, les nobles redoutent d'être égorgés quand le premier coup de canon tonnera aux frontières. lue nuit, à Strasbourg, on pend à des lanternes trois mannequins avec cocarde blanche au chapeau et décoration du Lys sur la poitrine. Dans l'Isère, le château de Lissv est incendié, dans Seine-el-Oise, le château de Bosny. « On brûle un peu partout, » écrit Montlosier. Dans une commune de la Corrè/A'. les paysans démolissent le banc seigneurial de l'église, rétabli six mois auparavant. \ et en brûlent les débris sur la place publique. Le colonel Luc écrit de Bodez : « On ne saurait comparer la journée du o avril qu'à celles qui ont signalé l'aurore de la Révolution. » « Il faut que le peuple fasse sentir sa force. » dit-on à (irenoble. A Dole, les clubistes réclament la création de papier-monnaie et l'extermination des nobles et des prêtres'.
t. Extraits de h correspondance .1.** pnf.ls et de la eonvsp.>:idain-ede Kl police pcnernl«\ ;i v ri I :i juin. Convsp. «lu ministre de l'intérieur. 2 avril. Bulletin île Real, h avril. Bapjiort de L»tnar<>is. Rouen. l« m.ii Anh. n it. F. :. 3"$«i, F. T. :»::;, AF. IV. tvr>. AF. IV. nu. A F. IV. m:, F". I. jti.j Lettres .le généraux et «•oiiimaml.ints de pla-e, r;ipp. de -endannene. ele., du 21 mars nu 6 juin, (Ouresp. >r.'n<T.ile, An li. liuerre. Monl|..>n r à Barante. Il et 14 avril iBarante, .»/"».. Il, 133-Ul). Las <:ases, .\f>„>ar., VI. Fragment des Mémoires de M..|e. précité.
i.f. Benjamin Constant. »/o>i.. 11. 2. ^, 13. In». 115: . Les m..ls de servage et de i;IM..- a\ai. :tt e.-|iauflv le* esprits.. La haine universel!.-
On exprime les mêmes vnmx et on requiert les mêmes actes dans «les brochures rédigées en style de sans-eulolle : « Abandonnez votre modéranlisme désorganisatcur. (Comment prétendre à la tranquillité si vous conservez les ennemis de l'intérieur! Il faut les extirper de votre sein comme un chancre rondeur. » — « Puisque c'est la guerre de la noblesse contre le peuple, il faut que le peuple se lève comme en 02 et écrase ses ennemis de sa masse. Mais il ne faut pas que le peuple fasse cette guerre à ses dépens. C'est à ceux qui ont intenté le procès de faire les avances de la procédure. » — « Les nobles insolents appellent à grands cris les armées étrangères pour nous enchaîner, pour nous égorger. Prononçons leur bannissement perpétuel. Km parons-nous de leurs biens. Qu'ils soient le domaine inaliénable de la nation »•
I ,e Journal de C Empire ayant inséré, le M avril, un avis invitant « les bons citoyens à faire un noble lisait* de leurs loisirs en faisant parvenir la vérité à ceux qui environnent le monarque », voici quels conseils arrivent aux Tuileries et aux cabinets des ministres: » Il faut exclure les nobles de toute charge et de 1 1 Mit emploi publics et les mettre sous une surveillance sérieuse. >• — « Kn !)3, la situation était pire, mais la Prov idence amena le 31 mai, et quatorze armées sor-
«■ontre la imMesse prêtait a Bonaparte un appui redoutable ... Il en aurait pu tirer un a vanta m* prodigieux. » — Muntln*ier à llarante, H avril (Itarante. Sl'-m., II. i U) : • Avec un homme aussi entreprenant et un mouvement de eanaille .sous le nom «le souveraineté «lu peuple, tous lt>s rli.il.aux frémiront. • — Notes manuscrites <le Itousselm (àdh't-lmn Jti-t'is! : • Il est (•••rLiin qu';iu îihiiuciil «lu retour de l'Ile d'Kll.e. il y n\ail un mouvement national d;ms tonte la Fran.-e pour faire ju»ti- e de tous le-n nul les et tous les prêtres. . — S;ilvandv. .\f,mn,r, a (rmt..T.ur, \ \ , . \ou^ pouvons • ii un instant voir se renouveler tout '.*.{. »
\ Ihi rn'ïilrr(t>.l urnr ;u-i/ mtêrfrfté . Pi In fidUi'k» rt <lu ptufAr (r<Ukrai%. <\>nij.,r,itn>n de in nuhltW ftvdalr rouir f /.i hhertt <i*i A'.<MJ»'-r|i t. -
l» .i ili . s t.p- linivs d.int on trouvera les Uin •> a la lin de • e chapitre te nai' iil le ni' nie lan-;t«'e.