‹ 1815 (volume 3)Chapitre 169 sur 226 · I.K MOI VEMENT HÉVOLt TIONN AIltK · texte numérisé non relu

I.K MOI VEMENT HÉVOLt TIONN AIltK

liront du soin do In Franco. » — « Pas do faiblesse', ollo nous a perdus l'an dernier. Qu'on agisse comme lo comité do Salut public. » — « II no faut pas so bornor à comprimer los nobles, il faut les opprimer. Il faut confisquer leurs bions et los partager entre les paysans et les ouvriers qui seront, de cotte façon, intéressés au maintien dos confiscations. *» — « Il n'y a qu'un moyen do sauver la Franco, c'est de sacrifier la classe des nobles et de s'emparer do leurs propriétés. La moitié sera déclarée biens communaux, l'autre donnée à l'armée. Ainsi la masse du peuple sera intéressée à soutenir la cause nationale. » — « No craignez pas los jacobins. Votre Majesté a besoin de la massue populaire pour écraser les conspirateurs1. »

Parmi ceux qui réclament une nouvelle Terreur, il y a dos conseillers de préfecture, dos officiers, dos maires, dos employés dos douanes, dos agents dos droits réunis. Il y a lo général Marantbon qui écrit d'Aucb : « .le proposerai la confiscation dos biens dos réfractai res royalistes, dont moitié serait donnée au lise et moitié aux gardes nationaux partant pour la frontière. » Il y a l'officier d'ordonnance do l'empereur Lannoy qui écrit de Lyon : « Le peuple éclaterait avec enthousiasme s'il avait une forte impulsion. » Il y a lo général Arneil qui écrit de Mézières : <« Puisque la

I. Kl encore : « Il faut non-seulement empêcher le» nobles de porter leurs titres, mais leur faire reprendre leurs noms patronymiques (Capet pour Hourbon. Bourhart pour Montmorency, etc i, conformément au décret de la Convention. • — • Tout» les nobles conspirent. Il faut les destituer Ions. • — t II faut s'inspirer de 'M. • — • Il faut eontis<|uer les biens rendus aux émigrés. » — • Il faul des mesures révolutionnaires. • — « Pas de pitié pour les conspirateurs. • — • Il faut décréter la Terreur pour sauver la patrie. • — • La patrie est en danger, il faut savoir la défendre par des moyens révolutionnaires •. etc., etc.. etc.

Lettres à l'empereur et aux ministres, avril à juin (Ar« |>. nat. F"\ I. a,, F. T.MW.et ÀF. IV,l'»lt). - In tfrand nombre de ces lettres s..nt signées.

488 18 ir»

patrie est en danger et que notre situation est à peu près lu même qu'eu 179*1. pourquoi ne pus employer les moyens qui nous sauvèrent alors? Tous les. citoyens invoquent les grandes mesures île salut public et s'étonnent qu'on n'en prenne aucune. L'empereur ne prend que «les demi-mesures... S'il ménage les royalistes tout est perdu1. »

Chez les autorités civiles et militaires, ces sentiments étaient cependant l'exception. Les préfets et les généraux se montraient fort effrayés, et loin de désirer, comme Ameil. que l'on prolitAI du mouvement révolutionnaire, ils conseillaient de le modérer. « C'est de la frénésie, écrit le sous-préfet de Lunéville. On menace les prêtres et les nobles. En 179H, les esprits n'étaient pas aussi montés qu'aujourd'hui.» — « Les partisans de l'empereur, écrit le préfet de Vaucluse, tiennent des propos qui nous épouvantent. » — « Si l'on n'y prend garde, écrit le préfet des Cùtes-du-Xord, on rev erra les scènes sanglantes de 92. » — « Si l'administration ne protégeait pas les nobles et les prêtres, écrit le préfet de la Meurthe, la tranquillité serait troublée. » — « Les fonctionnaires, écrit d'Angoiilème l'officier d'ordonnance Hésitniv, ont besoin d'employer leur autorité pour protéger les ex-nobles. Sans quoi, ils ne seraient pas en sûreté. » — « L'exaltation pour l'empire est si forte, écrit le sous-préfet de Barbé/ieux, qu'il est prudent de la calmer'. »

I. Maranlhon à havont. Aurh, m mai. Ameil à Grundlor, Mezitirv il avril. !»♦• I.annoy à Napoléon. Lyon. !•• juin. Ar«-h. (iuenv.

f Kxlr:iiln .!»• la corresp. d»** profits, mars avril. H rnp'tort* d'ornVii'rs .l onionnaur»» en mis>i.m. (Arch. tint. F. 7, .1740, F. 7. ITT*. AK. IV. i!»34,

F. IV. eu:».) <)f. Coiimi.indant de c«*iid.irni«*ne à l>a\oiit, NVvers, 1*> mar> Oneral Vaux u Davxit, Dijon, a avril. An h. (luerr»" »

j acoiunismi: or linkii alismk

Napoléon connaissait l'esprit riu peuple. « — Je retrouve» la haine îles prêtres et de lu noblesse aussi universelle et aussi violente qu'au commencement rie la Révolution. » riit-il le 20 mars à Mole \ C'était sous l'inlluence ries sentiments révolutionnaires, qui se manifestaient autour rie lui, qu'il avait rendu les décrets rie Lyon. Mais tout en voyant très bien le terrible parti qu'il pourrait tirer de l'exaltation populaire, il avait a la fois le scrupule et la crainte rie s'en servir*. Napoléon n'aimait pas « la canaille »>, comme

l. Frnjnuent des Mémoires de Mole < Ht rue >le la ftérotution, XI, s'»).

i. Cf. Benjamin Constant (Mém., mr Ift Crut Jours, 3, 21, lo>j • Ils me regardent comme le ur soutien. Iriir sauveui contre les nobles... Je n'ai qu'à faire un si^ne, ou plutôt à détourner les yeux, les nobles seront massacres dans toutes les provinces... Mais je ne veux pas être le roi d'une jacquerie. • — • Napoléon aurait pu tirer un parti terrible de cette fernien tation. Il «s'en effraya pour sa propre auti>rile. et c'est a .sa terreur que la Franc** et l'Europe doivent peut-être d'avoir échappe à une jacquerie. •

— Fleury de Chaboulon {.M -'-m., I. J».s- iTi»i : . heurs imprécations tirent craindre a l'empereur d'avoir ressuscite, l'anarchie... Il lit la faute d'arrêter les mouvements populaire*. . I»ans l'état de crise où il se trouvait et dans lequel il avait entraîne la France, il ne devait dedaiiruer aucun moyen de salut. et le plus eftlcace était de lier le peuple à son sort... Le |>eunle aurait mieux senti alors que ce ne n'était plus seulement la eau se personnelle de Napoléon qu'il avait h ilefendre, et la crainte du châtiment lui aurait rendu celte ancienne exaltation si fatale à la première coalition. . — Moutholon (H'Ctt*, II, i'.V : • Il fallait faire la terreur comme en l'est la mort de Louis XVI qui a sauve |.i «évolution parce que les ju»:es étaient trop compromis pour ne pas dire: Vaincre ou mourir. • Mémoires de Mole, précités : « Soyez tranquille, me dit l'empereur, je suis la |>our arrêter les Jacobins Ils ne nie feront pas aller plus l<-m que je ne voudrai. •

— Villemain. >'o»oeno*. IT't-ITt. • L'effervescence de la rue d. plaidait iii"t tcllement à honaparte. 11 avait debout et crainte de tout ce qui dait eiiftiou tumulluaire. — M— de Slael < <m»t,lér<U. >nr lu /le o/../.,in, III. 1*1-1»; : . Le Jacobinisme militaire était la seule ressource de Bonaparte. • II. I.ti nise </Wfr«M. II. i'1) : • Les actes de s. >n dernier re^ne prouvent qu'il avait horreur de repamlre le san*. mais d n'y avait «pie e moyen |".ur v> n*sir. IJuand il fut trop lard, il avoua son erreur, tuais je ik croi«pa.s pi il nt re tfrrtlede ne l'avoir pas fait. • — Bousselin Notes mamis. rite*. • oll.vti..ti Bevi*, : • Napoléon fil donner b-s ordres les plus m'v ères | .m - t — rv.-r l:i ino.b rntion. Il y reu«-it. mais |.i nation en emoi. en ardeur cl doqtosee a

tous le* Sii< l lll' « s lot refroidie et placée. •

il disait. «'1 déjà à Lyon et à Lhalon, il avait été effrayé et déport té par les vociférations de la populace. « — ("est (te la rage! »» s'écriait-il1.

« Le cheval de bois de î)2 n'est pas brûlé, écrivait le général Hugo. Nous saurons le retrouver pour le service de l'empereur*. » Mais ce formidable « cheval de bois », l'empereur répugnait à remployer. Après avoir ameuté l'Europe entière contre la France, il recula devant les moyens révolutionnaires, les seuls, dit Jomini, qu'il eut peut-être de sauver la patrie3. A Sainte-Hélène, l'empereur en eut parfois le regret, jamais le remords. De ses nombreux entretiens sur ce sujet, il ressort que faire la Terreur comme en \Y.\ était le salut, mais qu'il n'eut pas le courage de se jeter dans une dictature de sang. « L'empire, dit-il. était devenu légitime. Y\\ gouvernement régulier ne peut se charger ni des mêmes fureurs ni du même odieux que la multitude. Je ne voulais pas être un Roi de la Jacquerie, l ue révolution est le plus grand des lléaux. Tous les avantages qu'elle procure ne sauraient égaler le trouble dont elle remplit la vie de ceux qui en sont les auteurs*. »

L'ancien personnel impérial que Napoléon retrouva aux Tuileries avait encore plus de répulsion que luimême pour les moyens il la Danton. Si grande était chez, quelques-uns la haine de la Révolution que

l Kabry, /tiMsrairr di Bonaparit, !»l-0î.

i. Oencral Hugo & Davout, Thionville. Il avril Arvh. Guerr*»\ — L<» gênerai Ilngo était, comme on *ait, le pv*re «1»* Victor Hugo, cl le graml |KW"te n'eut pas «inavoué cette image : • le cheval «le bois u> Qi *.

:t. .... Mon s\«stèm« «le (b'fonse ne valait plus rien pare»- «jue les moyens de n-sisL-incc étaient trop nu-dessous du «lancer. Il fallait recommemer une révolution pour me donner toutes les res^mn-cs qu>I|«* eree : il fallait remuer toutes l«-s passions pour pmliter «le leur aveuglement ; «ans cela. te ne pouvais plus sauver la Krance . Jomini. Vie p»ht. rt mittt. »i« Xupo •>■> n . U. O l 'ilit. (le HrutelIcH *■ .

4. Las rases. Vf«f.. VI. '»J-'»ï. Monthnlon. tient*. II. V»0, tsit. m

JACOIUNISME OU LIHKHALISMK 491

Molé, d'Hauterive et Ghauvclin refusèrent do signer la déclaration du 2i\ mars de» leurs collègues du conseil d'Ktal sous prétexte qu'elle portait : « La souveraineté réside dans le peuple; il est la seule source légitime du pouvoir'. » Les serviteurs les plus fidèles et les plus zélés de Napoléon, les Bassano, les Gaulaincourt, les Mollicn, les Daru, les Rcgnaud, les Boulay, n'eussent point voulu s'associer à une dictature jacobine, et les jacobins eux-mêmes, comme Garnot et Foucbé, étaient devenus des libéraux.

Au reste, il ne fallait pas beaucoup d'efforts pour détourner l'empereur de recourir à des mesures renouvelées du comité de Salut public. Les décrets de Lyon pouvaient faire croire qu'il en avait eu la velléité, mais à Paris Napoléon n'est déjà plus le soldat de la Révolution qu'ont acclamé le Dauphiné, le Lyonnais et la Bourgogne. Il se croit redevenu le tout puissant empereur de 1811, « Je souverain légitimé par les victoires et les traités ». Il a des préfets du palais et des maîtres des cérémonies, des chambellans, des pages, des hérauts d'armes, des contrôleurs de la bouche, des quartiers-maîtres des écuries. L'étiquette monarchique régne de nouveau aux Tuileries où il y a messe en musique chaque dimanche et où chaque semaine la Gomédie-Francaise. l'Opéra-Gomique, le Théâtre de l'Impératrice viennent jouer pour la cour. Non-seuiement il re pousse le décret portant suppression des dénominations de sujet et de monseigneur \ que lui présente Garnot, mais il impose un titre de comte à l'ancien conventionnel. Il réunit autour de son trône sa nombreuse famille, donne comme résidence l'Elysée à Joseph et le Palais-Royal à Lucien, veut que l'un et l'autre se forment une maison avec une écurie de

1. Fragment des Mémoires de Mol.\ de la HéroUtion, XI, 9.",.)

îHir,

quarante chevaux et imagine d'affuhI«M* ses frères, pour les grandes cérémonies. île coslunies blancs de candidats à IKnipire1. Maintenant que Napoléon a ressaisi le sceptre, il se résignerait aisément à oublier dans l'appareil tle la souveraineté et dans l'exercice du pouvoir absolu ses proclamations démagogiques et ses paroles île liberté.

Mais des milliers de voix s'élèvent pour les lui rappeler. Si les colères révolutionnaires grondent chez le peuple qui, peu soucieux de la responsabilité ministérielle et de la liberté de la presse, veut surtout, la suppression des droits réunis et l'écrasement de la noblesse, dont il a souffert la morgue et appréhendé les revendications, dans les classes dirigeantes, les idées libérales, déjà très prononcées sous le gouvernement de Louis XV III. ont acquis une nouvel le force. On avait craint que le roi ne reprit peu à peu et une à une les libertés publiques: désormais on redoute que l'empereur, qui pendant dix ans a personnifié l'absolutisme, ne les supprime toutes et d'un seul trait de plume. « Je trouvais, dit La Fayette, de meilleures chances pour la liberté dans la maladroite et pusillanime malveillance des Bourbons que dans lu vigoureuse et profonde perversité de leur antagoniste*. » Patriotes, jacobins, bonapartistes étaient devenus aussi libéraux que les constitution-

1. N.-»i>ol<-.>n Joseph, ir> mars (Aroli. nal. AF. IV. •>»'). La F.iy»-lt«* a M1*" tl'Hcnni. I « mai > .Vrtn., V. V> ' . Munitr»r ri J;mini{ dr f Kut/nrr, 27. i*. ï> mars,»". II. Iinvnl. •» «I il mai. cl. \..t<^ ,|(. l.u.i.n BonapnrU* ,Ar> lt. AIT. .lr.. m»-, l/. .i.r r,u,...t, \\. U"-uo. Mioi «I.- MHilo. ../ »... III, ai. Aii li. nal. <»* -i»>. Aji li. «!•• la t .i»inc<lu' rran- ai*«v

J.i^i ph, arrivo !•• Jt .>u 1p li in.irs. liat.M.i .|'al..»r-l fUv*..-»\ puis \r palais-|t..val ri rntiu I » i * ► » » - 1 «lu Crin, r tir <;..n<lt> ••u le l.uxrmlx.urir. — J«-r tin- arriva a l'an* \r :7 mai. Ma.lam»* ni» -v ri U- ■ animal K< h ai m \, n ul le 1" juin. - I.u- i.-n vint nnf pi'iiu-P' f.i> ]»< le avril, rrpartil l.< lt avre un»' iriHsu.n pour lr pape qu'il ne put remplir. !«■ if'UwriiemrHl u i lui a>ant rrfusu !»• pas-air»', ri r:ipp«'J<* p.ir un.- Ii-lltv «U- J<»>«ph, il n vint a Paris \r 7 mai .

i. l. t Faytlv. .1/ r», . V 'tu:,.

Page 1