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nels. Les chefs de l'armée eux-mêmes raisonnuient sur l'équilibre des pouvoirs, les garanties nécessaires et le vote de l'impôt comme («ointe et Benjamin Constant. Dans un banquet donné à Metz pour célébrer le retour de l'empereur , le général Maurin porta ce toast : « A la nation française î Puisse-t-elle, par la constitution libérale qu'elle va se donner, être constamment libre, heureuse et respectée au dehors. » Le capitaine de frégate Baudin écrivit à Carnot : « Tout gouvernement qui ne sera pas assis sur des constitutions libérales sera promptement renversé'. » Dès (irenoble, La Bédoycre avait dit à l'empereur qu'il faudrait renoncer au gouvernement absolu. A Auxerre, Nev lui avait donné de pareils avis*. A Paris, les ministres, les hauts fonctionnaires, les généraux, les magistrats, les conseillers d'Etat lui font entendre les mêmes paroles dans «les conversations particulières et dans des Adresses officielles : « ... Point d'actes arbitraires, disent les ministres : sûreté des personnes, libre circulation de la pensée, tels sont les principes que vous avez consacrés. » — « L'empereur ne veut régner, dit la Cour de cassation, que par une constitution faite et acceptée dans l'intérêt et parla volonté delà nation. »» — «< Sire, dit le conseil municipal de Paris, vos premières paroles sur le sol français renferment la promesse d une constitution digne de vous et «le vos peuples. » .< L'empereur, dit le conseil d'Klat, a pris rengagement de garantir les principes libéraux, la liberté individuelle, la liberté de la presse et l'abolition de la censure, le vote des contributions et des lois par les représentants de la nation, la responsabilité
l.Lanu>seà Davoul. M»>tz. 9 avril. Arrli. Gucnv L*Ur<» .io Bau.lin. iT m;«rs (cite»* d;ms les M>'in. sur Carnot. Il, Il Mil). i. Fkury de Cliubouluii. &■>«.. I, m, iH. M"" (V-hi-L-t, 1M«.. III. II.
des ministres et de tous les agents du pouvoir». »
L'empereur n'avait point précisé tant de choses, mais il s'était livré, et on lui faisait dire tout ce qu'on voulait. Les circonstances, le sentiment public et surtout l'opposition des gens dont il avait formé son gouvernement empêchaient Napoléon de reprendre le pouvoir absolu. S'il avait voulu déchaîner la révolution, il aurait pu éviter de donner la liberté*. Mais il lui répugnait de se faire « roi d'une Jacquerie 3 »<. Ne pouvant plus être empereur et ne voulant point être dictateur populaire, il fut réduit à prendre le rôle effacé de monarque constitutionnel. Dés les premiers jours d'avril, il s'occupa de donner au pays des institutions libérales. « C'était une niaiserie, a dit madame de Staël. Du moment qu'on reprenait Bonaparte, il fallait lui déférer la dictature. Autrement, la terreur qu'il inspirait, la puissance qui résultait de cette terreur n'existaient plus, ("était un ours muselé qu'on entendait murmurer encore, mais que ses conducteurs faisaient danser à leur façon*. »
Naturellement, l'empereur en se désarmant ne désarma point ceux qui l'y avaient contraint. I) avait beau se résigner plus ou moins sincèrement au libé-