‹ 1815 (volume 3)Chapitre 17 sur 226 · LE ROI · texte numérisé non relu

LE ROI

pour son frère et se» neveux, ce grand égoïste, qui aimait avant tout son repos, eût sans doute plus d'un mouvement d'humeur contre ces princes et leurs compromettants protégés, les émigrés et les chouans.

Louis XVIII aurait volontiers pris les avantages de la souveraineté sans en assumer les charges. Homme d'esprit, et, dans une certaine mesure, homme de hon sens, mais vieux avant l'âge, perclus par la goulte, craignant tout travail, fuyant toute contention et esquivant toute discussion, il regardait le trône de France autant comme un hon fauteuil que comme un poste d'honneur. Les séances du Conseil et les délibérations avec les ministres à département lui étaient insupportables. Ce roi d'Yvetot humaniste préférait lire du latin ou se faire conter par Hlacas ou par Beugnot les petites intrigues, les scandales et les commérages de la cour et de la ville. Toujours hésitant entre les partis à prendre, il aimait qu'on lui présentât «les solutions toutes faites : « Voyez donc à arranger cela »> était son mot habituel. Incapable, bien plutôt par paresse d'esprit que faute de ressource, d aller jusqu'au troisième raisonnement pour défendre son opinion, il n'avait que des velléités de gouverner. Sauf sur les questions où il estimait qu'était en cause sa dignité de Bourbon, il cédait facilement. Ktmème pour les choses qui lui tenaient à cirur comme roi de France, issu de la plus ancienne maison «le l'Kurope, il se payait d'arguments de easuiste atin de concilier sa lierté avec les exigences des temps. Ainsi. Louis XVIII avait admis les principes libéraux de la Charte parce que. jouet volontaire d une illusion, il s'imaginait qu'il n'avait pas accepté cette Charte, et qu'au contraire c'était lui qui l'avait octroyée. Il soutirait que ses armées obéissent à des va-nu-pieils couturés île blessures et devenus

maréchaux de France par cent combats, pourvu que ses gentilshommes de la chambre eussent trente-six quartiers. Plus soucieux des formes et des étiquettes que des choses, et plus jaloux de l'apparence du pouvoir que du pouvoir même, il se montrait fort accommodant envers ceux à qui il en déléguait temporairement l'exercice. Le régime constitutionnel de l'Angleterre, dont les avantages l'avaient frappé durant son exil, moins peut-être au point de vue de l'intérêt des peuples qu'à celui de la tranquillité des rois, lui avait appris que les ministres peuvent se perdre sans compromettre la personne du souverain. Moitié de gré, moitié de force, il venait de donner cette constitution aux Français, et il s'en remettait de bonne grâce a son ministère du soin de les gouverner1.

Le malheur, c'est que ce ministère, composé en majorité d'hommes de mérite, n'avait ni communauté d'opinion, ni unité de pensée, ni solidarité de personnes. « Il y a des ministres et pas de ministère », écrivait Wellington à Castlereagh. Le conseil ne s'assemblait pas régulièrement ; c'était en audience privée que le roi donnait sa signature. Chaque ministre, même pour les affaires de son département qui pouvaient engager la politique générale «lu cabinet, décidait sans consulter ses collègues. L'ordonnance de Beugnot sur le repos du dimanche surprit Montesquiou et Louis autant qu'elle mécontenta la population parisienne. Chacun tirait tout a soi : l'un pour servir plus librement les intérêts de l'Ftat, à rencontre du parti de la cour; l'autre afin de se concilier les princes et leurs créatures. Tallevrand et Louis tenaient pour la Charte. Dupont et Heugnot

t. Cf. Mémoire m;inu«*< rit cV Binons. Wnlt<T«li<fT au roj de l'ari'-mark.

l"<1ec Ar« h. AfT. clr.. 61 s t>t 675. i ||<>hhoM*«\ Lrtim, I. y>,oi\75. La Kavette,

Mon . V, 348, 35i. Mamionl. M, m.. VII. 4 7-M, «V (iui/.ut, I, 41. \ |trullr*. Mrm., II, Ît%it9. Vlllèlc, U< m., !. ÎM i5i.

LBS MINISTRES 41

en étaient aussi partisans, mais « ils cherchaient à plaire comme dit Vitrollcs. et s'ingéniaient à prévenir les désirs et à flatter les idées des familiers du château. Dambray, qui se vantait « d'avoir eu le bonheur de ne rien voir ni de ne rien connaître de la Révolution, resiée ainsi pour lui comme non avenue •> : Ferrand, qui avait écrit : « Si la clémence est un plaisir, la justice est un devoir, » et que Ton appelait un « Marat blanc »>; Malouet, lui-même, un des plus ardents défenseurs à la Constituante «les droits de la couronne, représentaient l'ancien régime. Ils croyaient la contre-révolution accomplie et regardaient le gouvernement parlementaire, comme une transition entre l'empire et la monarchie absolue, qu'ils désignaient cependant, pour ne pas trop se compromettre, par l'euphémisme de « pouvoir concentré ». Royaliste de tradition, de tempérament et de sentiment, l'abbé de Montcsquiou n'en voyait pas moins les choses comme elles étaient : les prétentions s'exaspérant chez les émigrés, l'opposition naissant dans la Chambre, la défiance persistant dans le pays. Il agissait donc avec une certaine modération, cherchant, « par une politique d'assoupissement », a calmer les impatiences et à rassurer les inquiétudes. M. de IMacas. que tous 1rs partis ont accusé à l'envi, et qui était en effet le vrai conseil de Louis XVIII après avoir été le plus cher ami du comte de Lille, fut aussi un modéré par raison. Il voulait avant tout le repos du roi, car le repos du roi c'était la conservation de la faveur rovale. S'il avait pu, il l'aurait tenu en chartre privée, de façon à lui éviter toute contention et tout ennui. Au moins s'efforçait-il de dissiper les inquiétudes que les discussions du conseil faisaient naître quelquefois — bien rarement ! — dans l'esprit de ce monarque d une si

imperturbable eonfiance.il lui persuadait sans peine <|iie toutes les difficultés s'arrangeraient, que tous les périls étaient chimères, et que « Bonaparte n'était plus qu'un cadavre enseveli dans une île ». S'il endormit ainsi son maître en une fausse sécurité. Hlacas eut cependant le bon sens de voir que les royalistes ultra n'étaient pas les moins dangereux ennemis de la royauté et de mettre Louis XVII I en garde contre leurs projets insensés. Il engageait le roi à prodiguer traces et faveurs aux émigrés, mais il le dissuadait »le céder aux remontrances irritées du comte d'Artois et aux larmes de la duchesse d'Aiigonlème. Hlacas estimait que pour contenter tout à fait le parti de Coblent/, il ne fallait pas cependant risquer de perdre la couronne'.

Les favoris sont jalousés par les courtisans et les ministres, ils sont haïs d'instinct par les peuples. On a donc fait de Hlacas le bouc émissaire de la première restauration. Lu Mémoire signé de lui et dont plusieurs copies ont circulé en Belgique à la fin de ISI."» est consacré à sa justification. A lire ces pages. Hlacas, sans faire beaucoup de bien. aurai! empêché de grands maux en supposant à des desseins monstrueux1. Oqui

I. Cf. liions à Talleyraml. I «b<i>nibre. Jauroiirt ;iu ttt'-itir, S»» sept., 1" cl 4 octobre, 1" décembre. b'Hautrrive ;ui même. Il nr>\ embre. (f 'nrretpon- ,innre de TnlUymud et Ht Loui.% XVIII, IM-16t>. Mémoire de Hl.ir.is. Al^xaii'ir»' a ••"Lut»- de (Irimoard. Paris. »'.» nov f,\r<-li. AfT. etr., <»IV »;*:.. j Wellington a t'.astlerca^h, » et 4 orl..4 n<»\ . < f/upatt A», Supplément. IX. > Villéle. .!/.••« . 1, iei.-iT». I.a Fayette, V. lit», :u»-.U:i. Yitroll«-s. M> w. II.

4">. I'»T I'"'. iM Mann< nt. Mn.i. VII. i».4T. Hui/ot. M.-,». I, 3x l<>. Mémoires inamis. n(s de Barra*.

i. < > curieux Mémoire «>>t-il ou non apocryphe * Kn tout ras. que l'auteur en fût lUaras lui-imum* on quelqu'un <le se* nuiîs. il était bien renseigne. Dans se* >.>FMVF» / « Il 41 1. I<« L'«'n« ral Lamanjue «ite ce Mémoire «omme au- IhftiliqtH-, et la ropi«- •|iit <"i exi*l«' aux Archives «les a flaire* étrangère* (/■ >;i>:r,-, «,| :, est n«-eompa£mee «!<■ .•«••te lettre «le Minj.nid au «lu» de Hit he-

lieu 1«> «1er. IM » : « l.e Mémoire de M «le Hla. ;i> .|i,i . Il ' llle ni Rel^hpie 3 fait

très K'ratul tort au roi et a la fainille royal'1 >laris l'esprit .i«-s souverains... Ce maudit Mémoire fait tant de bruit à Hnr.elle* qu'il faudrait, «c me semble, faite insérer dans les journaux b«-l-" s un article qui fit ronnalln* au public la fausseté de relui qui l a «•« rit. • — Remarquons la nuance :

L ARMÉE ET I. E PEl l'LE

est certain, c'est qu'il ne siégeait plus dans le conseil au second retour de Louis XVIII, quand des ministres, restés pourtant moins impopulaires que lui, inaugurèrent la politique de reaction. En vérité, peut-on condamner Blacas lorsque Ton compare la terreur de 1815 à l'anarchie paternelle de 181 i?

Cette anarchie paternelle, pour employer une seconde fois ce joli mol du temps, n'augmentait pas le nombre des royalistes. Après six mois de régne, Louis XVIII n'avait ramené à lui ni l'armée ni le peuple.

Pour l'armée, Louis XVIII est toujours le roi imposé par la Coalition, le protégé des Anglais et des Prussiens, l'émigré rentré en croupe derrière un Cosaque. Il rappelle la défaite et personnifie* le démembrement. Les soldats le regardent comme étranger à leurs sentiments, à leurs traditions, à leur gloire. Il a renversé leur idole, proscrit leur drapeau et, par ses ordonnanc es datées de la dix-neuvième année de son règne, il insulte à leurs victoires'. Il les laisse sans solde régulière, en haillons, pieds nus*. Il déconsidère

Miijj.hkI roiis»»ill«» iW <lir»\ n<.n pris que <•♦» Metnuin* aporryph'\ mai> qu'il #-*t tm'iittonfrrr.

I. ttapport »r'an<Tal sur ltu-N <lo l'artiif»* pendant la première restauration. Arch. nal. r'rl. t 'J la cnrro<<p. préfets cl N»h rapp. de polir»1 dr mai MU a f.»vrirr M ". > K. 7. ar.vi .1 JTM rt la «orrespoiulan..-

nrr.-ilf (Arrh. (îu»*rr»' p«*i>.lan( relie tnriiiff p«'rio<l»v

i. • On n<» p.typ p;»;* In lmup»v • l'amlrs <l<» I>«,**..|«'* .111 <on«î«»il <!»•«* minier*»*. lr * juin IM» Vnw, v.-rhaux. An-li. nat AF * V« . - I — «h is s*nr> <\f Kmin'»' s<* pl.iiL'iwiil <!»• Irur so|<l»- arn.-r»*»- »«( ii<- <*<ntt-h»*r *ur la paille. • (iruiKlIcr a Maison. I.'.janv. An-li. <»uerr*\ • Hram-oiip <lr «-h:»*-

Hf>\ir* rr.>;nu «<.nt nu pu -N »«t «.ans ■ fn>miv»,<* Il > a <!•• quoi m< mN-M.t

lr sol.lal. . Sou*<pn-'rt nV S.nriJ <Ju<Milin a (',larkt>. I* ni:ir> l*i'> An h. liu^rfi: — « La »«>M«> cnl en n-lanl «lo I jours • Pr.-fH .l<> M»'t7. 1». in:»r«

'ils AMi. nal. F T. .i~~s i — . militaire sont iln > .1.- t. .ut -lrpuU

juillet IIU. . Bri< h.< a l>a\.<ut. Met/, if. n.ar>. «X hav-ula Hr». ht-, :* mar*.

la Légion (rhonnour en rétablissant les ordres dn Saint- Ksprit et de Saint-Louis, en la prodiguant par tournées presque quotidiennes1, et en enlevant aux légionnaires le droit de vote dans les collèges électoraux*; il l'avilit en payant avec ce ruban, teint de leur sang, les plus infimes et les plus honteux services. Pour avoir livré Bordeaux a l'ennemi, Lvnch reçoit le grand cordon que vingt Français seulement portaient sous l'empire ; le grade de chevalier est conféré à un maître de poste de Bordeaux jadis accusé de faux, à un habitant du Calvados forçat libéré3. Xon content d'atteindre les légionnaires dans leur juste fierté, le roi les frappe dans leurs intérêts en réduisant de moitié leur traitement annuel. Soit mépris, soit défiance, il ne veut pas de soldats français pour veiller k sa sûreté : ce sont des Suisses, des chouans, des émigrés, naguère à la solde de l'étranger, qui gardent les Tuileries.

< Arch. Guerre.) — «Le U" léger est bien discipline, mais les hommes sont affreusement tristes. Après le dellle, quelques soldats m ont présente leurs livrets et d'une voix basse m'ont demande leur décompte. Depuis un temps infini, il n'a pas ele fait de décompte à ces malheureux pour la masse de linge et chaussures. Cette masse s'élève |K>ur chacun entre 05 et 150 fr. Une grande partie n'a pas reçu de pantalons depuis deux ans, et les mauvais pantalons de toile qu'ils ont ont ele pris sur leur masse. Il y a un arrière de solde depuis plus d'un an. Os braves soldats disent : Ôu'on nous laisse notre solde arriérée, mais qu'on nous donne notre masse et îles pantalons. » Brune à Davout, Marseille. I<J mai 1m ». Arch. Guerre.)

1. En feuilletant le Moniteur de l»U, on trouve tous les .l.ux ou trois numéros une liste de in. de 100, de J00 nouveaux légionnaires. Parfois le Moniteur se borne à • elle mention : • Le roi, par ordonnance de tel jour, a continue les i>0 ou les H o ou les 3ii> décorations données dans tel département par le comte d Artois ou le duc d'Augouleme ou le duc de Berry. • — On a nieiiic prétendu que certains minisires trafiquaient des décorations. l*a croix de chevalier etoit tarifée :tiHi francs. {Lu /si n terne magique de la rettauratton, 4o-H. Cf. Thlbaudeau, Lo>i$ulat et h'wpire. X. 140.)

2. l>'apres les senatns-consulles des is floréal an XII et li février 1Hl>6, 3o légionnaires étaient adjoints à chaque collège électoral d'arrondissement. L'article XXXVU1 de la Charte, en vertu duquel il fallait payer lit) fr. de contributions pour faire partie des rs/llé^es électoraux, avait par cela même enlevé aux légionnaires leurs droits d'ele. torat.

3. Decaen à Dupont. Bordeaux, 5 sept (Arch. Guerre } Happ. de police, 13 août. (Arch. nat. F. 7, 3773.)

L'ARMÉE ET LE PEl PLE W

La formation de la Maison militaire n'était pas le moindre des griefs de l'armée. Non seulement ces six mille soldats d'antichambre, comme on les appelait'«ayant tous au moins le grade de sous-lieutenant, irritaient les vrais officiers par leurs épaulettes si facilement obtenues; mais, de plus, ils les menaçaient par leur intrusion prochaine dans les cadres des régiments5. L'ordonnance du 12 mai réservait les deux tiers des emplois vacants aux officiers à la demisolde et le dernier tiers au choix du roi \ c'est-à-dire aux vieux émigrés et aux jeunes royalistes de la Maison militaire. Pour les officiers en activité, l'avancement devenait donc à peu près nul, car ils pouvaient espérer tout au plus une promotion sur neuf vacances. La plupart risquaient de rester avec le même grade jusqu'à leur retraite. Quant aux sous-officiers, et partant aux soldats, ils se retrouvaient, non par le fait des lois, mais par la force des choses, dans l'état de servage perpétuel dont les avait affranchis la Révolution. Désormais, il leur était interdit d'aspirer à l'épaulette. Les élèves des écoles militaires et les gardes du corps, chevau-légers, mousquetaires noirs ou gris — ces pseudo-officiers auxquels la garnison de Paris, qui les détestait, refusait de porter les armes* — allaient suffire à toutes les sous-lieutenances.

Les désertions en masse s'étaient arrêtées ; les mutineries et les séditions des premiers jours de la royauté s'apaisaient peu à peu. Quelques gouverneurs de divisions militaires, jaloux d'affirmer et leur zèle rovaliste et leur influence sur leurs subordonnés, vantaient même l'excellent esprit «les trou-

I. Kapp. «1<? poli. ç, Il juilM. Ar. h. uat. F T, 3TJv> t. Marmonl, Wm. VII. KH, 44-**.

J. Journal militaire, 1*14.

4 Rapport do p.. Ii. .-. il juilM. Arch. n;it F. T. JT-iv) H. ur> «if Unboulon, Mrm. I, i* -y).

... t.. îi* prenaient le retour à la discipline

v. et la soumission pour de la sym-

. » m v s'était résignée à accepter les drav v décorés ou non de cravates brodées .... u i'iJv^M» d'Angoulème. Mais ces étendards

^ ^uon lui remettait solennellement dans

v m «mos où tonnait le canon et où prêchaient < n .muures*, ne lui faisaient pas oublier les ai- , i x v uxiours régiments éludèrent l'ordre de verv . i ■ .ithllerie les drapeaux de l'empire. De vieux i x eu brûlèrent la hampe et la soie, et burent les ^ . • dans du vin. L'aigle fut conservée à la ca- ^. no comme un palladium *.

\ o soldat porte la cocarde blanche au shako, mais o tend du havre-sac il garde, ainsi qu'une relique, sa

> ville cocarde tricolore. Il ne craint même pas de . ou sortir <|uand se présente une belle occasion. Le ù; juillet, a Riom, des soldats du 72e de ligne qui font U haie sur le passage de la duchesse d'Angoulème, ont la cocarde proscrite. Le ;5 octobre, à la revue pavée à Landau par le duc de Berrv, presque toute une compagnie du 38e porte aussi cette cocarde, ce qui attire au capitaine une punition de trente jours de prison *. Les troupes sont au service de Louis XVIII, mais elles ont le culte de Napoléon et ne doutent pas de revoir « le Tondu » avec son petit chapeau et sa redingote grise 5. Le refrain

t. Oudinot a Dupont. FontameMeau. juillet. Autrereau au même. Lyon,

> am'it. Srnilt au même. Hennés, «6 août. .ïourd.m au même, Kouen, if> aotit. (Arch. Guerre .)

i. Corre*|rf»ndaiie<» p uerak, août-deoetnhre. • Arrh. Guerre.)

3. Interrogation «le La U«- !<»y« r<' (l>o>sin -de La Hedoyèrr. Arrh. Guerre ., l» ||auteri\e a Talleyrand. Pans. H nov. lAivh. AfT. elr.. 6>o.)

L'ordre de fondre 1rs aide* est du H o. I. (l'roeé»-\.Tl.aux de conseils de* ministres. Ai- h. nal. AK. • V1.)

4. Dupont à ceneml Sinnner, io août. General de Verrières a Dupont. Landau. « «h t. ;Areh. Guerre).

s. Kapporls de poli- e et lettres des préfets, juillet -décembre. (Arch. nat. F. 7,

l'akmki: et le peuple

des étapes et des chambrées, c'est : « Il reviendra... » On annonce sans cesse dans les casernes que l'empereur a quitté l'île «l'Llbe. Tantôt il est débarqué en France, tantôt il révolutionne l'Italie, tantôt il lève des troupes chez les Turcs. On dit encore qu'il arrive comme généralissime de l'armée autrichienne pour faire reconnaître les droits du roi de Rome \

Chaque jour dans quelque garnison, on entend : Vive l'empereur î « Il faudrait sévir, écrit le 20 juin le comte de Champagne, commissaire du roi dans la 6e division militaire, contre les soldats qui profèrent des cris séditieux et insultent aux emblèmes royaux. Les exemples se multiplient au lieu de disparaître*. >» Vax juillet, l'appel de onze heures du t°* chasseurs à cheval (régiment du roi) se termine régulièrement par «les Vive l'empereur! C'est aux mêmes cris que le 22 juillet des dragons défilent rue du Bac, que le 30 août s'assemblent les sapeurspompiers de la ville de Paris, que durant des mois, dans les provinces, des régiments prennent les armes, se rendent aux champs de mameuvres ou traversent les villes'. Le 8 juillet, les habitants de Hesdin répondent aux vivais des cuirassiers «lu 7' en criant : Vive le roi ! Les cavaliers furieux les dispersent à coups «le plat de sabre. Le '22 juillet, un «létaehement d'infanterie, «le passage à Orgon, apprend h's insultes que l'empereur y a subies «mi allant à l'île d'Klhe. Les soltlats commencent à saccager le

iTJ*. 3TJ*» > J. P. Hn'< à smi oncle, Paris. 4 juillet. I»uche>se d'Or), ans au nu «le* l*ux -Sicile*, 17 w\. (Arvh. AIT. clr.uiir.. 67>. ,

I. *.<>rre*p. des prefels el HappotU de pnll'i\ J, 4.1t. |ii jtnllrt. 16 et e> a«.iU. i~> <«"t. «Arrh. nat. F. 7. .«71*. F. 7. J77J.) Kellertmtm ;i l»u|«»tit, Sir;*i»tMfur*;. il «» t. Kappori au même. Pons, u nov. (Ar<h. diitirvi

î. H.ipjx.rl a lmjx.nt. juin Ar< h. «iuert-e.i

J latin s •!<• prefcHfl nipp trlM d«- poli» .» i. s,\o. II, 16, il, tft millrt, in. 14, Ij. i\. J<»«.,ut. 4 *.pt« -inl.re. 4. II. il ,-.i,,|.,-.-. Ar,h. uat. F. T. 173* et 2771 ) beuunot a l>up<>nt, iJ juillet. ttapp4>rt<« a l»ii|M.nt. juin. >(• et 1< juillet, 14 et il août, sept., 8 o.|.. g nov. Arc h. «iuerre.j

s Los habitants s'arment, la poudre parle, le >o ^ v\nile. Le t> septembre, à Bordeaux, pendant :v\tie de départ, un bataillon se forme pour dé- Au commandement : En avant ! marche ! les ' -::;:nes font front, posent leurs armes à terre, et ; .me seule voix crient: Vive l'empereur î 1 l a vieille garde, fidèle comme elle l'avait toujours au devoir militaire, ne se laissait pas entraîner À >v> actes d iudiscipline s. Mais sa tristesse profonde et continue décelait ses sentiments \ Les regrets et ios rancunes que ces vieux soldats renfermaient stoïquement en eux-mêmes leur rongeaient lecu'ur. Dans ics revues des différentes garnisons, le duc de Berry avait entendu, mêlés à de rares acclamations, plus d'un vivat séditieux 4. A Metz et à Nancy, les grenadiers et les chasseurs gardèrent un silence farouche. Quelques-uns de ces vétérans réclamaient leur congé. Le prince interpella un chasseur décoré qui comptait vingt-huitans de services : — «< Tu n'as plus que deux ans à faire pour avoir ta retraite. Pourquoi veux-tu quitter l'armée? » — « Monseigneur, répondit le vieux soldat, c'est parce que notre père n'est plus là5. »

Le l.'îaoùt, on fête bruyamment la saint Napoléon

1. lettre? a U.Miirnol du Préfet du Nord, h juillet ; <lu s<>us-prefel d'Arles, Ï4 juillet; du Préfet de la Gironde, 7 sept. ;.\rrh. nat. F. 7. 3773 ; F. 7, 373tO

2. General Humonreau h I»«ipont. Met/, *<> août. (Areh. Guerre.) - En avril, en mai, et en juin, la vieille «arde avait bien rrie.onune les autres r/.rps : Vive l'empereur ? A l>as l.<nn>t XVIII '. (Amenda du général Pe|et.> Mui^n à Dupont, ix juin, f Ar. h. Guerre S.,i»s-pr. fet de rnntaineldeau a lieu^not. M juin. (Anh nat. F. 7, .1773;. Mais »-ll»- était rentrée vile dan» le devoir.

3. Pro- ureurdu rt-i h lleu»rn<d, Font.uneMe.ui. ; juillet. (An h. nat. F. 7. 1773.) Itapp. gênerai nui l'—prit de- tr..u|.. s île la l<>" •liviMou militaire. ^Arrli. Guerre, à la date du i* mar* i*t> )

4. lia|>|M>rt gênerai preede, <m-r.il «le Vern-rev a hupont. 6 octobre. Arrli. Guerre.) Mappori» de p<<||... , \ |i<itre» iG s préfets, io. il, ii oi t,,

4 ncveuilir»'. An li. nat. !■ 7, i; c» ,

s. HapjH.rt K^ncrnl de p«.ll. e, t m. m ml. te (Ar- 1» nat F. 7, 373'.» )

l'ahmée et le peuple

dans les casernes de Cherbourg, de Brest, de Besancon, de Sarlat, de Montpellier, d'Arras, «le Boulogne, de Landau, de Luxembourg. A Metz, les eanonniers veulent tirer une salve: à Paris, les officiers boivent «« au Tondu » chez Véry et autres restaurateurs: à Houen, le quartier de cavalerie est illuminé1. Dix jours plus tard, pour la saint Louis, le ministre de la guerre et les municipalités s'efforcent d'exciter l'enthousiasme des troupes en ajoutant à l'ordinaire. A Paris, chaque soldat reçoit 80 centilitres de vin; a Bel fort, une livre de pain, une livre de viande et un litre de vin : à Strasbourg, on donne de Tcau-devie*. La troupe mange bien et boit bien, mais ses sentiments n'en sont guère modifiés. Après avoir vidé nombre de futailles et assisté à un feu de joie en l'honneur du roi. la garnison de Périgueux brûle toutes les barriques vides en disant : « — Voilà un feu «le joie pour l'empereur qui est b.... plus beau que l'autre '. » A Dole, un royaliste» orne sa demeure d'un grand transparent représentant une aigle abattue sous une fleur de lys. avec cette légende : Açuiia rapax sub humile flore cadit. Bien que peu latinistes, les hussards comprennent. Ils brisent à coups de pierres le transparent et toutes les vitres de la maison. Le plus curieux, c'est que le préfet du Jura donne tort au royaliste « qui a offensé l'armée dans un symbole qui lui est cher* »>. A Paris. 1rs soldais choisissent tout justement le jour de la saint Louis pour effacer la nouvelle inscription placée

1. Jounl.iti à r>ujv»nt. 15 août. Rapport <W,«* hurrntiY nu ni^in»-, ts a<>ut t \r-"h. liu^rn» ) Oirp"»[>. >U's l,r< f<>1>, »:>. 17 aodl. Itnpp o-ru-ral «i»- (*•iK'-.Mnoot. <\nh. nat. F. 7, J' t». F. 7. JTTi. F 7. j;o.».>

ï. Klal somiunir»' d<-* i)i«trihult<itiH mv<.r«l»'»"« jmr la villi* Pans i.l.tlc «lu J1 8<>ul . ftapfwtrt <!»• k<*tl'Tfiiann. I" si«|»t Jonnlan .'i l>n\> •ni, tu 3'n'il. Ar<li. <iii»»rrr : li.ipjM.rl |k.]h i; a«.i"it. An h ti.it. F. 7. i*7.i. •

i Fn-f'-l <l.' hi l>«M<«kMir a H.-u*ri<.t. 16 mm. An h. nat F 7. ;

4. Pn f.-t <]» Jura h H-mj^hoI, iu autil. Arvh. nat. F. 7, r~s i

à l'entrée de lu caserne de la Pépinière : « Los lys manquaient à nos lauriers1 ».

Louis XVIII. ce ^ros homme rivé à son fauteuil, ce chef nominal «les armées qui ne peut monter à cheval, est la risée «1rs troupes. On le chansonne outrageusement, on insulte ses emblèmes, on souffleté son buste dans des repas de corps. Son nom devient synonyme des termes les plus grossiers A l'exercice à feu, les canoniiiers du t»r d'artillerie comptent les coups ainsi : « Seize!., dix-sept!., dix-huit! comme un cochon. » Lu jouant aux cartes, les soldats disent : cochon «le trèfle, cochon de pique: à l'écarté, ils marquent le cochon : au piquet, ils annoncent : quinte au cochon *.

Les prisonniers de jfiierre, qui étaient versés dans les corps à leur rapatriement et qui formèrent bienlot la majorité* dos présents sous les armes — d'Angleterre seulement, il revint tiîï.'i'ii hommes 4 - - se montraient les plus animés contre les Bourbons. « Loin d'être reconnaissants envers le souverain qui les rond à la liberté, écrivait le comte de Perrière, commissaire extraordinaire dans les départements de l'Ouest, les prisonniers se déchirent ouvertement pour celui qui les a jetés dans les fers. •> Le général comte de Laideron, émigré resté au service de la Russie, écrivait de son oôlé : .< .Nous vous renvoyons des prisonniers abominables. < l'est i vraie pesle'V Dan*

I. Hnfip«<rt t't-m'ral <1<- |«>li.«>, fh ^plfinl-r»- \r h n.it F 7, ri*.)

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l'akmée KT LE PEI'PI.E 51

toutes les villes, les préfets, les maires, les commandants de place redoutaient leur passage. Ils arrivaient en guenilles, pieds nus, à demi-morts de fatigue el de misère, mais soutenus par le désir de la vengeance et n'ayant rien perdu de leur culte pour Napoléon. Quelques-uns s'imaginaient même que tout ce qu'on leur avait conté de l'abdication était mensonger; ils croyaient retrouver leur empereur sur le troue 1 . Aux premières cocardes blanches qu'ils apercevaient, ils devenaient furieux. A Morlaix, le 20 mai, ils assaillirent des volontaires royaux et en tuèrent trente. I^e i" juin, deux mille cinq cents d'entre eux, passantà Montauban, arrachèrent les cocardes des rovalistes. A Strasbourg, le 10 juillet, ils se mutinèrent au nombre de seize cents. A Blaye, le 1G août, ils contraignirent les habitants à crier avec eux: Vive l'empereur. A Saint-Malo, le 'M) octobre, une rixe sanglante s'engagea entre des grenadiers du 74' et des marins débarqués îles pontons anglais. Les matelots avaient provoqué les fantassins en leur disant : « — Vous avez vendu votre drapeau pour un verre d'eau-de-vie V »

Dans la population, on entend les mêmes murmures et les mêmes clameurs. Sans doute, les soldats rentrés dans leurs foyers et les régiments en garnison ou au gile d'étape entretiennent et avivent l'opposition antibourbonienne. Les soldats mettent dans l'Ame de leurs frères du peuple leurs regrets et leurs souvenirs, m tTne des principales causes de l'état de l'esprit

I. I .Ht r«- h <lf> prHVl.n d^ SHne-Infcnrnr*'. P;is-d,. Cihi*. I..»t H-r.iir'.nn. . B-t*-l<)iin M«Mirth** Manrh**. clr , juin jmllH 'Arvh.rwit. F. T. J77.I ) K-II-t m .inn h iMijxmt. Slrx*t>ourt:. juill» t. l>'K|.rem»nil à Itunont. s nnvt PrHVt df rorno à *»-nH-:il Me rlin. * d»v. Anh. (Iiuthm LHVhvrr au p'-ncr..! d*» Laulw»rdif*r»\ 4 frvrifr. (Arrh AfT. Hrnnc-. o: > )

ï. Frrrit'iv à IhijMtnt. îfl mai Maire di* MHni.-iufctu lll.-H-Yil:iin<M tt OlT.v rclli. I" juin KHI-miami Dupont. MnisUun:. lu juillet hti|M>nt ;i l»on*H., 14 août. lArvh. Guvrrr > Happ. de police. 3i» «* t Ar« h. nal. F. JT7J.J

public, écrit le préfet deSaone-et-Loire, est le passage continuel dans le pays des troupes et des soldats isolés, tous bonapartistes et injuriant le roi. Les cris de Vive l'empereur ! sont répétés à chaque instant sur les routes et dans les cabarets, ce qui a la plus mauvaise influence sur les habitants. » Dans la Somme et le Pas-de-Calais, «les soldats déchirent des caricatures contre l'empereur exposées par les marchands forains et la foule donne raison aux soldats. Le 2e d'artillerie à cheval traverse Tournus: les trompettes sonnent le refrain : // reviendra. Les habitants sortent des maisons, et accompagnent la colonne, une lieue hors de la ville, en criant: Vive l'empereur1! Mais souvent aussi, "ce sont des ouvriers, des paysans, de petits bourgeois qui excitent les soldats à l'indiscipline. Lu rapport adressé à Dupont signale « des bonapartistes de la basse classe de Bordeaux, qui cherchent à embaucher les militaires ». Dans cette m%me ville, la foule ameutée à la sortie des théAIres crie : Vive l'armée! A bas les traîtres! Le colonel du lit)', en garnison à Rouen, se plaint que les hommes soient logés chez, l'habitant, « où ils reçoivent en général de mauvais conseils, l'esprit de la ville n'étant pas très bon ». A Nancy, en plein bal, un bourgeois arrache la croix d'un officier sous prétexte qu'elle ne porte pas l'effigie de Napoléon. A Mé/ières, le colonel du 22e de ligne reçoit ce billet anonvine : .< tiare aux mille et mille traîtres français! A Paris, le lo août, des ouvriers invitent des soldats à boire avec eux à la santé de l'empereur*.

1 Pr* f- t <V Sn.uw'-w-l.oin» a H'-iiirnot, J7 juillet. Prefrl do la Somme au m» tn<*. i > juin. H.-ippori do p<»li. c o. tobre. (Arch. nat. F. 7. 3:73.)

i H'»i>i»irt a IH)|Miut. IW'l'Mux. '» M'pU'iubre. Colonel du <><>* au «eneral < "rnin.iri'l.'ini la pki> t- <!<• Iioiiru. t janvier 1815. Colonel du iir à Smlt, ; r.-\. Ar-li (.nom- ., Hull.'Un d«- p.ilicc gvncrale, 8 judlot, 15 acùl, M janvi< r. ; An I: nat K. 7, JT.îv h. 7, 37JI».)

L'ARMÉE' ET LE PEl PLE 53

Il ne faut «lonc pas s'exagérer l'influence de l'esprit de l'armée sur celui <le la population. Le peuple serait indifférent aux plaintes des soldats et hostile à leurs cris, si ces plaintes et ces cris ne répondaient à son propre mécontentement. L'armée française n'était pas une armée de mercenaires. Elle était sortie des entrailles de la nation, et il y avait communion de sentiments entre elle et la nation. Le peuple et l'armée avaient fait ensemble la Révolution. Leurs cu'urs battaient aux mêmes souvenirs, tressaillaient des mêmes craintes, vibraient des mêmes colères.

L'état de l'opinion en province, la circulaire confidentielle du ministre de l'intérieur aux préfets suffirait à en donner l'idée. « Je vois par les renseignements qui me parviennent chaque jour, écrit Montesquiou, que les grands événements relatifs à la régénération politique de la France occasionnent encore sur plusieurs points des doutes et des incertitudes \ » Kn eflet, dans les deux tiers des départements, les préfets et les commandants des divisions militaires signalent le mécontentement, l'esprit d'opposition, les cris et les actes séditieux *, sauf chez la bourgeoisie, « qui est au roi, corps et Ame3». Dans le

1 Circulsir»' confidentielle, septembre tiH*. (Arch. nat. F«* I, 14-23.)

î Nommément dans ces départements : Ain. Aisne, Allier, Ardcnnes, Aut**, Calvados. Cantal, Charente, Charente-Inférieure. Cher, Corrcze. Coted'Or. C-'>te*-du-\ord. Creuse, hordo^ne. Doubs. Dn'.nie, Eure-et-Loir, Gin-ride. Ille*«»t-Yilatne, Indre. Isère. Jura. Landes. Haute-Loire. Loire- Inf- ri»*ure. Loiret. Lot-et-Garonne. Maine-et-Loire. Marne. Haute-Marne, Meurthe. M«»use. Morbihan. Moselle. Nièvre. Oise, l'uy-de-Dùme, Bas-Rhin. Haut-Rhin. Haute-Saône. S.V>ne -et -Loire, Seine. Seine-et-Marne, Seine-et- O îv. Tarn et -Garonne, Vienne. Haute-Vienne, Vosges. Yonne. — Extraits d.« lacrresp de» préfets, i3 juin au t" décembre. (Arch. nat. F. 7, 373*. F. 7, j77j.' Correspondance frcnerale, juin-novembre. (Arch. Guerre.)

I n rapport général du i"> juillet sur l'esprit public (Arch. nat. F. 7, 37 j* réunie ainsi l'état de l'opinion : . Bon esprit dans le Midi, mauvais dans le Nord. •

J Préfet de l'Ain S Beuenot. ti juillet. (Arch. nat. F. 7, 377.1}. — Nombre d- pref -t- -ik'nab-ut le même fait en d'autres termes mais il faut re ninniu'T que la lettre précitée est du li juillet. Deux mois après, la bourfreui%ie était «levenue plus frondeuse.

St 1815

Jura el dans les Ardennes, on juin et en juillet, les royalistes n'osent pas porter la cocarde blanche de peur îles mauvais traitements des paysans qui ont gardé leurs cocardes tricolores \ Le tribunal de Ruffec acquitte des individus arrêtas pour avoir crié : Vive l'empereur! Des maires refusent de prêter serment au roi*. Kn Alsace et en Lorraine, les paysans forcent les blessés russes et allemands qui regagnent les frontières à baragouiner : Vive Napoléon! à bas les Bourbons3 ! A Houen le i juillet, à Bcims le 23, à Caen pendant quinze jours de suite, à Bourg le Haoût, à Lançon le 20, à Hethel le 10 septembre, à Saint- Saviol le :<0, à Haguenau le lîî octobre, à Bar-sur-Ornain le .'Jl. «les bandes de populaires parcourent les rues, le soir, en criant : Vive l'empereur! A Passavent (Haute-SaoïuM. le 17 novembre, des paysans enlèvent le drapeau blanc du clocher el le mettent en lambeaux*. Le préfet de l'Ain rend, le l.'i décembre, un arrêté commençant en ces termes : « Considérant que des hommes du peuple nous ont entouré en criant : V ive l'empereur! à bas Louis XVIII 3 !... •» Le l'iamït. à Chàloiis. des maisons sont illuminées. On siflîe. au théâtre de Brimes, In Jtetour des Lt/s, une pièce de circonstance que le parterre ne juge pas de circonstance ce jour-là. Dans plusieurs villages des Vosges, les paysans célèbrent la saint Napoléon comme à

I. Préfet .lu Jura à B«-upnot, J juin. PivM des Ardennes au même, 7 juil. (Arvh. n:il . F. 7. i'" i. i

i. l'n-IVt «le la Charente a lleuirnot. w ..rtot-re. Itull.tm ceneral depolirr, o- t.il.r.-. m> Ii. nat. F. 7, !" t. II;)!»!»4""1 ■'"> '"i s'ir la situation p«dUi«|ue et militaire <lu royaume, il de.emhre. iAitIi. dueire.,

S Sire- k-i-.-r» a Golt*. Haie, t, aoïil. (Arih. AIT. etr . 6TV) — Str.'-krisen ajoute : • F.n Frati' p. tous homme* .1»» •pûnze à quarante ans snnl «les misera t>|. s, t,u us a être «mviijes a «laveum- «m ;i Itolany-llay. •

4. i..Ur.uU .J.-, |. tin s s préfets et rapi»orts .!«• jM.li.-e. aux dates. (Ar.h. n.it F. 7. F 7. j7:i<j. F. 7, 377,1.) tien. r..l Meunier à Dupont,

Caen. * ,-mùt. i Ar> h. 'iuerre.

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